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Tensions au sein de la majorité flamande : le ministre-président Diependaele appelle au calme

Le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) rappelle sa propre majorité à l’ordre. Ces derniers jours, plusieurs parlementaires de la majorité ont vivement attaqué certains ministres flamands. Depuis plusieurs jours, les accusations de favoritisme dans l'utilisation de deniers publics volent de part et d'autre, centrées sur deux dossiers, l'un lié à l'agriculture et au ministre CD&V Jo Brouns, l'autre à l'enseignement et à sa ministre N-VA Zuhal Demir. "Nous pouvons parfaitement avoir des divergences d’opinion, mais on ne peut pas se permettre de formuler des insinuations infondées sans pouvoir les étayer solidement", a déclaré Mathhias Diependaele.

Eric Steffens Belga
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Aux yeux du ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA), il n’y a pas de crise au sein du gouvernement flamand. Il dit toutefois être agacé par la manière dont plusieurs parlementaires de la majorité s’en prennent aux ministres.

"Je n’ai aucun problème avec le débat au Parlement, ni même avec des discussions parfois vives entre le Parlement et le gouvernement. Mais lorsque ces critiques viennent de la majorité, ces personnes doivent se rendre compte qu’elles mettent également leurs ministres et collègues en difficulté. Car ces décisions ont été approuvées collectivement, y compris par Vooruit", explique-t-il.

Il fait notamment référence à l’altercation entre la ministre flamande de l’Enseignement (et sa collègue de parti) Zuhal Demir et la députée flamande Hannelore Goeman (Vooruit). Cette dernière avait suggéré dans une vidéo sur TikTok que Demir et la N-VA défendaient un enseignement réservé aux "happy few".

Accusations de favoritisme

Zuhal Demir a réagi hier de manière très émotive au Parlement flamand. "Cette accusation, je ne vous la pardonnerai jamais", a-t-elle lancé. Elle s’est dite personnellement visée : "Dire que la ministre N-VA Demir se bat pour les happy few est un manque total de décence. Vous savez très bien que ce n’est pas qui je suis."

Ce jeudi, Demir est revenue sur la polémique sur X. "En ce qui me concerne, il n’y a pas de crise au sein du gouvernement flamand. Certains se sentent simplement autorisés à attaquer des décisions approuvées de manière collégiale", écrit-elle. Elle affirme ne pas vouloir être présentée comme quelqu’un qui souhaite créer des écoles d’élite. "Cela va à l’encontre de ce que je suis et de ce que je fais."

8,25 millions d'euros à un centre d'expertise en matière d'enseignement

La décision qui a allumé la mèche remonte avant les vacances de Noël. La ministre Zuhal Demir a alors confié, via une procédure concurrentielle confidentielle, un marché de 8,25 millions d'euros à un centre d'expertise en matière d'enseignement, dépendant de la haute école Thomas More. La mission: préparer le lancement dans l'enseignement flamand des nouveaux "objectifs minimum", qui déterminent ce que les élèves doivent avoir appris et acquis au fil de leur scolarité. Et cela en accompagnant de près un échantillon d'écoles qui devront servir d'inspiration aux autres, les "inspiratiescholen".

La décision fait l'objet de critiques, car une procédure publique avait d'abord été lancée pour attribuer les fonds, procédure qui a finalement été interrompue par la ministre. Elle a reconnu elle-même jeudi, au parlement flamand, que l'appel d'offres initial ne correspondait pas exactement à sa demande. Mais l'attribution des subsides à Thomas More a bien été validée au sein du gouvernement, rappelle-t-elle.

La ministre a donc vécu comme une déclaration de guerre le fait que les démocrates-chrétiens et les socialistes, qui sont dans ce même gouvernement, se joignent au concert de critiques.

Le ministre-président Matthias Diependaele a appelé à la raison, et à discuter d'une manière correcte et honnête.

La N-VA sort un nouveau dossier

Sans attendre, la N-VA, via son élu Andy Pieters, a fait savoir qu'elle avait de son côté des interrogations sur un subside octroyé cette fois... par le ministre CD&V Jo Brouns, en charge de l'agriculture. Ce dernier a choisi en décembre de désigner un groupe mené par une ASBL liée au Boerenbond, pour créer un point de contact pour les éleveurs qui doivent réduire leurs émissions.

Cinq millions d'euros ont été octroyés. Là aussi, l'opposition se pose des questions sur la transparence du processus et les détails de la mission. La N-VA, dans la majorité, y ajoute un élément sur lequel elle promet d'interroger le ministre: selon elle, un cabinettard CD&V est devenu administrateur de l'ASBL juste avant que le processus soit mis en route.

La dispute s'est donc invitée au menu du conseil des ministres prévu vendredi.

Le CD&V a indiqué ne pas être très heureux de la sortie de l'élu N-VA, rappelant que le subside a eu un avis positif du ministre des Finances, le N-VA Ben Weyts. Et il n'y a rien d'anormal à ce qu'un ex-cabinettard change de travail dans le même secteur, ajoute-t-on.

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