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Zuhal Demir sous le feu des critiques : son cabinet a-t-il pratiqué du favoritisme lors de l’attribution d’un marché public ?

La ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir (N-VA) fait l’objet de nombreuses critiques tant de la par de ses partenaires de coalition que de l’opposition, après avoir annulé un appel d’offres pour la création d’un nouveau centre d’expertise. Ce centre devait aider les écoles à mettre en œuvre les nouveaux objectifs minimums dans l’enseignement primaire. La ministre a toutefois décidé d’accorder une subvention ciblée de 8,2 millions d’euros au centre de recherche de l’expert en éducation Tim Surma (Thomas More), ce qui soulève des interrogations. "Ce n'est pas un signe de bonne gouvernance", conclut l’inspection des finances.

Eric Steffens Belga
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L’été dernier, les nouveaux objectifs minimum (près de 20 ans après les anciens « "objectifs finaux") pour l’enseignement primaire en Flandre ont été officiellement approuvés. Pour faciliter cette transition, la ministre de l’Enseignement, Zuhal Demir, a proposé de désigner des "écoles d’inspiration".

L’objectif était que ces écoles d’inspiration jouent un rôle pilote pour travailler efficacement avec ces objectifs minimum, et qu’elles inspirent ensuite les autres écoles en partageant leurs connaissances et expériences. Toutes les écoles pouvaient poser leur candidature.

Un accompagnement devait être assuré par un centre d’expertise encore à créer, comme les partenaires de la coalition s’étaient mis d’accord avant l’été. C’est justement autour de ce centre d’expertise que le bât blesse.

Appel d’offres

Pour ce centre d’expertise, Leerpunt, le centre de recherche indépendant financé par les pouvoirs publics, avait lancé un appel d’offres.

Mais il s’est avéré dès fin novembre que ce nouveau centre ne verrait finalement pas le jour. Un mois plus tard, la ministre a néanmoins attribué 8,2 millions d’euros au centre de recherche de l’expert en éducation Tim Surma, de la haute école Thomas More.

Or, il n’avait pas participé à l’appel d’offres. C’est précisément ce qui a suscité des questions chez de nombreux acteurs concernés : Surma est considéré en Flandre comme un expert en matière de pédagogie sur lequel se basent les objectifs minimum, et il est depuis longtemps partenaire des pouvoirs publics. Alors pourquoi n’avait-il pas participé à cet appel d’offres, se demandaient les intéressés.

Un audit classé sans suite

La polémique a commencé fin novembre, lorsque les journaux De Standaard et De Morgen ont révélé qu’Audit Vlaanderen avait ouvert une enquête préliminaire sur de possibles irrégularités dans la préparation de cet appel d’offres. Cette enquête a depuis été clôturée sans conséquence.

Selon le site d’actualité Apache, cette plainte auprès d’Audit Vlaanderen aurait été déposée par un ancien chef adjoint de cabinet de la ministre. La VRT NWS a également pu consulter sa lettre de démission. Le juriste de formation ne pouvait se résoudre à la manière dont le dossier avait été géré.

Selon lui, il y aurait eu des pressions émanant du cabinet pour adapter l’appel d’offres aux besoins de Tim Surma (haute école Thomas More).

Le fait que Surma n’ait pas participé à l’appel d’offres serait, selon lui, la raison pour laquelle la ministre a décidé d’annuler l’appel. "Thomas More n’a pas participé sciemment parce que nous jugions l’approche irréalisable", a réagi le directeur de Thomas More, Stijn Coenen.

"Le favoritisme n'a absolument pas sa place"

Le fait que les fonds parviennent finalement à l'école Thomas More est très préjudiciable à de nombreux acteurs de l'enseignement supérieur, fustige l'opposition au Parlement flamand. Dans la majorité, les partenaires Vooruit et CD&V disent aussi suivre ce dossier avec inquiétude.

"Le favoritisme n'a absolument pas sa place", a déclaré Loes Vandromme (CD&V). Selon Hannelore Goeman (Vooruit), "Thomas More reçoit beaucoup d'argent pour accompagner intensivement une cinquantaine d'écoles volontaires. Je suis très préoccupée par la situation des 2.650 autres écoles primaires. Elles ont également droit à un soutien justifié."

Selon le cabinet Demir, ce subside s'inscrit dans une démarche globale, laissant aux écoles la liberté de collaborer avec différents partenaires. Thomas More précise également qu'il ne sont qu'un des partenaires "aux côtés notamment des services d'orientation et de formation des enseignants, de Leerpunt, de Taalunie, etc."

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