Le secteur spatial belge craint que l'impasse budgétaire au niveau fédéral et les plans d'économies du gouvernement De Wever entraînent une réduction de moitié de son budget. La ministre en charge de la Politique scientifique, Vanessa Matz, doit présenter un budget quinquennal lors d'une conférence de l'Agence spatiale européenne (ESA) mercredi. Celui-ci ne s'élèverait plus qu'à la moitié du précédent, soit environ 400 millions d'euros.
Les ministres des Etats membres de l'ESA qui comptent l'espace dans leur portefeuille se réunissent tous les trois ans pour fixer le budget total de l'agence et la contribution de chaque membre. Ils seront à Brême en Allemagne à partir de mercredi pour gérer la période 2026-2030. A l’approche de cette réunion, le secteur spatial belge craint une coupe franche, faute d'accord budgétaire fédéral. Un accord informel aurait été conclu pour un budget de 400 millions d'euros, mais celui-ci doit encore être validé par le conseil ministériel restreint ce week-end.
Le patron de Flanders Space, Koen Puimège, espère encore pouvoir faire grossir cette enveloppe: "Notre pays est à l'origine de la coopération spatiale européenne. Malgré notre petite taille, la Belgique a toujours été le quatrième ou cinquième contributeur de l'ESA". Une division par deux du budget signifierait la disparition de la moitié des quelque 2.500 emplois belges du secteur. Les dépenses accrues en matière de défense pourraient combler en partie le déficit, mais la contribution de la Défense serait déjà incluse dans les 400 millions d'euros évoqués.
Interrogée, la ministre Matz a refusé de commenter ces chiffres: "Dans un contexte budgétaire particulièrement difficile, je mets tout en œuvre pour me rendre à la conférence avec la meilleure contribution possible, afin que la contribution belge à l'ESA ne soit pas réduite et reste surtout en phase avec les ambitions de la Belgique et du secteur".

