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L'infirmière à domicile soupçonnée de fraude sociale à grande échelle reste en détention

L'infirmière à domicile soupçonnée de fraude sociale à grande échelle reste en détention

La chambre du conseil de Bruges (Flandre occidentale) a prolongé d'un mois la détention de Stefanie Sander, l’infirmière de 42 ans résidant à Houthulst qui est soupçonnée de fraude sociale pour près de 2 millions d’euros, a indiqué son avocat ce vendredi. Mardi, il est apparu que l’infirmière aurait transmis à l’INAMI de fausses prestations et aurait ainsi été indûment payée par les mutuelles.

Anne François Belga
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Stefanie Sander est soupçonnée d'avoir déclaré de nombreuses visites fictives aux mutuelles -jusqu'à 90 par jour, là où un soignant à domicile très actif atteint une vingtaine de visites sur la journée. L'infirmière a été placée sous mandat d'arrêt lundi, son compagnon a été libéré sous conditions.

La section west-flandrienne de l'auditorat du travail de Gand a ouvert plusieurs enquêtes sur la fraude sociale chez des infirmières à domicile indépendantes. Dans ce cadre, une action judiciaire sous la direction d'un juge d'instruction brugeois s'est déroulée lundi. Au cours de l'opération, la police judiciaire fédérale (PJF) de Flandre occidentale, en collaboration avec les services d'inspection de l'Inami, a effectué plusieurs perquisitions dans la région de Houthulst.

Les enquêteurs ont interpellé l'infirmière indépendante Stefanie Sander, ainsi que sa mère, son compagnon et une collaboratrice. Lors des perquisitions, 17 véhicules de luxe, des biens de luxe, des biens immobiliers et de l'argent liquide ont également été saisis. Après interrogatoire, celle qui est aussi conseillère communale Vlaams Belang et son compagnon ont été présentés au juge d'instruction. Ce dernier a décidé mardi de placer Stefanie Sander en détention préventive pour fraude sociale présumée. Son conjoint a été libéré sous conditions.

Selon l'auditorat du travail, la quadragénaire aurait fraudé à grande échelle lorsqu'elle déclarait ses prestations. Les infirmières à domicile indépendantes doivent en effet déclarer elles-mêmes leurs prestations à l'Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami), après quoi elles sont remboursées par la mutualité du patient concerné. Certains patients bénéficient du système du tiers payant, ce qui signifie qu'ils ne paient pas ou seulement un petit supplément pour l'intervention de l'infirmière à domicile. L'autre partie est prise en charge par la mutualité et versée directement à l'infirmière indépendante.

"Lorsqu'une infirmière à domicile déclare des prestations qui n'ont pas été réellement effectuées ou surestime des prestations puis se fait rembourser par les mutualités, il s'agit de fraude sociale au détriment de la société", souligne l'auditorat du travail.

Des millions d’euros indument perçus

En déclarant des prestations fictives, la prévenue aurait indûment perçu des millions d'euros. Au total, elle prétendait traiter jusqu'à nonante patients par jour. Dans ce cadre, elle doit déjà rembourser 1,7 million d'euros à l'Inami pour des faits des années précédentes. "De telles pratiques sapent le système social belge et la protection sociale offerte en Belgique. L'État-providence est ainsi mis encore plus sous pression. Il est donc important de s'attaquer à ces pratiques abusives", indique l'auditeur du travail Filiep De Ketelaere.

Ce vendredi matin, la chambre du conseil de Bruges a décidé que la prévenue devait rester en prison un mois supplémentaire, pour suspicion de fraude, faux en écriture et organisation criminelle. Son avocat Kris Vincke a demandé en vain à ce que l'infirmière soit placée sous surveillance électronique, afin qu'elle puisse purger sa détention préventive à domicile avec un bracelet électronique.

La défense n'a pas précisé si les faits seraient contestés. Stefanie Sander aurait cependant déclaré qu'elle prestait parfois des journées de travail allant de 4h30 du matin à 23h. Elle aurait également affirmé n'avoir reçu aucune remarque lors de contrôles récents effectués par les mutuelles. Son avocat a également pointé l'impact mental de l'affaire sur sa cliente, mère de quatre enfants mineurs. "En un jour, elle est devenue une personnalité connue au nord du pays, avec toutes les conséquences que cela implique", a-t-il fait valoir.

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