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Le ministre belge du Climat, Jean-Luc Crucke, fait partie de ce groupe (en chemise bleu clair)

COP30 : une trentaine de pays, dont la Belgique, réclament une feuille de route de sortie des énergies fossiles

Emmenés par la Colombie, une trentaine de pays, dont la Belgique, faisaient le forcing ce vendredi dans la dernière ligne droite de la 30ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à Belém au Brésil, pour que le texte final adopté comporte une "feuille de route" visant à mettre en œuvre une sortie des énergies fossiles.

Anne François Belga
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"Cette COP ne peut pas se terminer sans une feuille de route claire, juste et équitable de sortie des combustibles fossiles au niveau mondial", a déclaré la ministre colombienne de l'Environnement, Irene Vélez, dont le pays est à la tête d'un groupe d'Etats, comprenant la Belgique, qui ont écrit jeudi soir à la présidence brésilienne de la COP30 pour lui demander de revoir sa copie.

"Nous nous sommes mis d'accord sur une transition hors des énergies fossiles" - c’était fin 2023, à la COP28 à Dubaï - "et tout le monde sait, c'est le bon sens, que cela demande un plan car ce n'est pas en train d'arriver", a affirmé la ministre chilienne de l'Environnement, Maisa Rojas, au cours d'une conférence de presse à laquelle la Belgique était représentée par le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke.

Le dernier texte, le troisième, proposé durant la nuit de jeudi à vendredi par la présidence brésilienne de la COP30, ne mentionnait pas une seule fois les mots "combustibles fossiles" et n'évoque pas cette feuille de route demandée par certains pays pour accélérer la sortie des énergies fossiles, largement responsables du réchauffement climatique. Au total, plus de 80 pays sont favorables à cette "roadmap". Mais la Chine, l'Inde, l'Arabie saoudite et la Russie, notamment, y seraient opposés.

Une COP en Amazonie "sans engagement en matière de déforestation est tout simplement inimaginable. Si l'on ne se met pas d'accord pour mettre fin à la déforestation, ici, en Amazonie, alors où le fera-t-on?", a souligné l'envoyé spécial panaméen pour le Climat, Juan Carlos Monterrey Gomez. De son côté, le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra, n'a pas exclu que la COP30 se termine "sans accord", vu les textes sur la table ce vendredi alors que la conférence climatique était censée se terminer dans quelques heures à Belém.

"Nous sommes fiers que la Belgique fasse partie d'une coalition de pays ambitieux engagés pour la sortie des énergies fossiles", a pour sa part réagi Nadia Cornejo, vice-présidente de la Coalition Climat. "Mais le travail est loin d'être terminé: ici à la COP, il faut encore inscrire clairement cette sortie dans le texte, et en Belgique, nous devons accélérer la transition alors que 72% de notre consommation énergétique dépend toujours du gaz et du pétrole."

Les pays qui veulent aller plus vite dans l'abandon des énergies fossiles. Le ministre belge Jean-Luc Crucke est au centre de la photo.

Un sommet en avril sur la sortie des fossiles

La ministre colombienne de l'Environnement, Irene Vélez, annonçait finalement ce vendredi à Belém que son pays et les Pays-Bas organiseront en avril 2026 un sommet international sur la sortie des combustibles fossiles. "Ce sera une large plateforme intergouvernementale et multisectorielle, complémentaire à l'UNFCCC (Onu climat), dédiée à l'identification des voies légales, économiques et sociales nécessaires pour réaliser la sortie des énergies fossiles", a précisé la ministre colombienne au cours d'une conférence de presse à laquelle a participé le ministre belge du Climat, Jean-Luc Crucke.

L'évènement, présenté comme la "première conférence internationale sur la sortie des combustibles fossiles", se tiendra les 28 et 29 avril dans la ville de Santa Marta, ville côtière située au nord de la Colombie, au bord de la mer des Caraïbes. "La sortie des énergies fossiles n'est pas seulement nécessaire, elle est inévitable. Ce que le monde doit décider maintenant c'est comment et à quelle vitesse", a encore estimé Irene Vélez.

L'initiative colombienne peut compter sur l'adhésion et le soutien du Benelux et de la Belgique. Notre pays fait partie des quelque 80 pays signataires de la "Déclaration de Belém" qui poussent, à la COP30, pour l'adoption d'une "feuille de route" visant à accélérer la sortie des fossiles. "Cette déclaration n'est pas idéologique: elle est réaliste, économique et stratégique. Le monde change, nos politiques doivent suivre. L'avenir sera neutre en carbone ou ne sera pas. Mais nous veillerons dans le même temps à ce que cette transition soit juste, notamment pour nos ménages et nos entreprises les plus exposées", soulignait le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke (photo).

Le ministre belge du Climat, Jean-Luc Crucke, à Belém

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