De nouveaux survols de drones ont été observés dimanche en début de soirée au-dessus de la base militaire de Kleine-Brogel, près de Peer (Limbourg). Vers 19h00, la police et la Défense ont détecté quatre appareils, a indiqué le bourgmestre Steven Matheï (CD&V). Ces observations s’ajoutent à celles déjà signalées ce week-end près de Kleine-Brogel, ainsi que dans les zones militaires de Leopoldsburg d’Ostende et de Marche-en-Famenne.
Des drones à nouveau repérés au-dessus de la base aérienne de Kleine-Brogel : un hélicoptère de la police mobilisé, mais sans résultat
La police locale a procédé aux constatations nécessaires, tandis que l'hélicoptère de la police fédérale a de nouveau été mobilisé pour poursuivre les drones. Mais les appareils ont disparu en direction du nord, vers les Pays-Bas. Il s'agit d'un incident supplémentaire alors que les signalements de drones au-dessus de la base aérienne de Kleine-Brogel se sont multipliés ces derniers jours. Des drones ont ainsi été aperçus samedi soir ainsi que dans la nuit de vendredi à samedi.
Le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) a indiqué que les drones ayant survolé Kleine-Brogel samedi soir n'étaient pas de type commercial, mais qu'il était plutôt question de modèles plus grands. Le ministre a par ailleurs affirmé qu'il ne s'agissait pas de drones qui auraient circulé au-dessus du domaine par accident. "Il ne s'agissait pas d'un simple survol, mais d'une mission claire visant Kleine-Brogel", a-t-il estimé.
"Nous renforçons encore notre vigilance dans le but d'appréhender les pilotes", a-t-il écrit sur le réseau social X. Un brouilleur de drones, c'est-à-dire un appareil qui perturbe le signal radio, a été activé la nuit dernière, mais il s'est révélé inefficace.
Francken : "l'incident de samedi soir relève de l'espionnage"
C'est un secret de polichinelle que des armes nucléaires américaines sont stockées à la base aérienne de Kleine-Brogel qui abrite également les F-16 belges. Et à partir de 2027, des F-35 seront stationnés sur cette base. Dans les deux cas, il s'agit de technologie de pointe. Theo Francken estime que l'incident de samedi soir relève de l'espionnage. "La façon dont ils opèrent, les lieux qu'ils survolent, ce qu'ils examinent et la durée de ces types de vol, ce ne sont pas des accidents", explique le ministre.
Plusieurs pays européens font face à ce phénomène de drones mystérieux. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déjà pointé du doigt la Russie. "Je ne saurais pas dire aujourd'hui qui se cache derrière cela. Ce sont pour l'instant des hypothèses. J'ai mes idées sur la question. Nous ne pouvons pas prouver que la Russie est derrière tout cela", explique Theo Francken.
Le ministre de la Défense avait annoncé jeudi un plan de défense anti-drones à hauteur de 50 millions d'euros qu'il présentera la semaine prochaine au conseil des ministres. "Il s'agit d'une méthode standardisée pour signaler un drone, mais aussi, bien sûr, de l'achat de systèmes anti-drones et de toute une série de systèmes de détection. Des systèmes de triangulation permettent par ailleurs de localiser les pilotes. On peut certes abattre les drones, mais la question est de savoir où se trouvent les pilotes." Les drones aperçus pourraient être pilotés à une distance de 20 à 30 kilomètres.
Les premiers effets du plan drone devraient déjà se faire sentir ce mois-ci. "D'autres mesures prendront plus de temps : toute l'Europe est en train d'acheter des systèmes de défense", conclut-il.
Theo Francken a également affirmé dimanche sur le plateau de VTM que le plan de 50 millions était une première étape. L'an prochain, un plan à long terme anti-drones bien plus large, d'un montant de 500 millions d'euros, verra le jour.
Des drones également observés à proximité des aéroports d'Ostende et de Deurne
Un drone présumé a été aperçu au-dessus du site aéroportuaire d'Ostende vers 19h30 vendredi, indique Skeyes dimanche après-midi. Au même moment, le pilote d'un avion en phase d'atterrissage a signalé que l'appareil avait été visé par un faisceau laser. L'avion a toutefois pu atterrir en toute sécurité.
Afin de garantir la sécurité et dans l'attente de clarifications, les contrôleurs aériens ont décidé de ne pas autoriser de décollages ni d'atterrissages pendant une courte période. Après environ 20 minutes, les opérations ont pu reprendre en toute sécurité.
Samedi, peu avant 20h00, une possible observation de drone a également été signalée dans les environs immédiats de l'aéroport de Deurne, ajoute Skeyes. Cette notification n'a eu aucune conséquence sur les opérations aériennes, qui ont pu se dérouler normalement souligne Skeyes.
Ce dernier ajoute que la sécurité aérienne n'a jamais été compromise. Les deux aéroports sont restés ouverts en permanence et le trafic prévu n'a pas été impacté. Une déclaration a été faite à la police concernant les deux incidents, précise le contrôleur aérien.


