Le ministre de la Défense, Theo Francken, a préparé un plan de 50 millions d'euros pour un système de défense contre les drones à court terme, mais il plaide en faveur d’un investissement d’un demi-milliard d’euros à plus long terme, annonçait-il ce jeudi matin au micro de Radio 1 (VRT), dans l'émission De Ochtend. "Nous devons les abattre, mais ce n'est pas facile", déclarait Théo Francken, alors que des drones ont à nouveau été repérés au-dessus d'un domaine militaire belge.
Le ministre Francken veut investir massivement dans un système de défense anti-drones : 500 millions d'euros à long terme
"Le dossier est prêt : 50 millions d'euros pour la détection et l'abattage de drones", déclarait le ministre de la Défense. Il s'agirait d'une série de mesures urgentes. "En temps de crise, cela devrait être possible. Nous ne sommes ni en paix, ni en guerre, mais dans une sorte de phase intermédiaire", a encore déclaré Theo Francken.
D'après ce dernier, le dossier est à présent entre les mains du ministre fédéral du Budget, Vincent Van Peteghem, pour un avis sur le budget. Le plan devrait être approuvé en conseil des ministres la semaine prochaine.
Le chef de la Défense est également favorable à l'abattage des drones. L'objectif est d'accélérer l'achat d'équipements de détection supplémentaires, de brouilleurs et d'armes anti-drones ("droneguns"), afin de protéger davantage de quartiers militaires, a indiqué Frederik Vansina ce jeudi dans plusieurs médias.
La Belgique, petit pays, est visée de façon disproportionnée par la Russie
Théo Francken, ministre fédéral de la Défense
L'origine des drones qui ont survolé la Belgique n'est pas encore connue, mais le ministre de la Défense et Frederik Vansina soupçonnent la Russie. Selon Theo Francken, la Belgique serait dans son viseur notamment en raison des avoirs russes chez Euroclear et du quartier général de l'Otan, situé à Bruxelles.
Le ministre estime que les drones ne sont pas envoyés pour espionner, mais pour déstabiliser. "La Belgique est visée par la Russie de façon disproportionnée en tant que petit pays. Nous sommes aussi au sommet dans le domaine des cyberattaques, il n’est donc pas étonnant que l’activité des drones ait aussi lieu dans notre pays".
Francken s'en prend à l'ancien président russe Medvedev sur les réseaux sociaux
Théo Francken a également réagi ce jeudi à une déclaration de l'ancien président russe Dmitri Medvedev. Ce dernier l’avait qualifié d'"imbécile" mercredi sur X, après que Francken ait affirmé dans une interview au magazine Humo que l'Otan "raserait Moscou" si le président Poutine tirait un missile sur Bruxelles.
La Russie a testé cette semaine sa nouvelle "super torpille" nucléaire Poseidon. Si cet essai avait eu lieu en Belgique, "la Belgique aurait disparu", a rétorqué Medvedev.
Francken a répondu via Instagram : "Le principal tyran de la Russie ne cesse de menacer et d'insulter. (...) Le principe de riposte de notre alliance Otan est incontesté depuis 76 ans. C'est le fondement même de notre alliance. C'est ce que je voulais dire dans l'interview à Humo, et je maintiens mes propos."

