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La princesse Astrid sortant de la voiture autonome qu'elle a testée à San Francisco

La princesse Astrid teste une voiture autonome à San Francisco : "Une expérience fantastique, c'est l'avenir"

À la tête de la mission économique belge multisectorielle du 4 au 12 octobre en Californie - à laquelle participent des représentants de 218 entreprises, des officiels et des universitaires -, la princesse Astrid (sœur du roi Philippe) a pu tester une voiture autonome de Waymo, la marque d'Alphabet, la maison mère de Google. Lundi, la princesse s'est ainsi rendue à l'Université de San Francisco à bord d'une de ces étranges voitures blanches construites par Jaguar, sans conducteur, mais bardées de radars embarqués.

Anne François Belga
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"C'était une expérience fantastique. On se sent en grande sécurité", a commenté Astrid de Belgique à sa sortie du véhicule autonome. "C'est le moyen de locomotion du futur. J'espère que ça va être déployé en Belgique", s’est encore exclamé la princesse en soulignant toutefois la nécessaire "complémentarité entre régulation et innovation". Un sujet dont il a d'ailleurs été question lundi au cours de différents séminaires organisés dans le cadre du passage de la mission économique à San Francisco.

C'est que la ville, berceau de l'intelligence artificielle, est considérée comme un banc d'essai de première importance pour le déploiement à l'échelle mondiale de ces voitures autonomes entièrement électriques. Elles y sont testées depuis 2009, y ont été officiellement lancées il y a cinq ans et font désormais partie du paysage, malgré le mécontentement initial des chauffeurs de taxi, d'une partie de la population et quelques incidents mineurs. Avec ses rues escarpées plongeant vers le Pacifique et ses multiples carrefours, San Francisco constitue pourtant un défi pour cette technologie. Mais si les voitures autonomes parviennent à y circuler sans provoquer de catastrophe, elles pourront être lancées n'importe où.

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Concrètement, pour monter dans un véhicule de Waymo il suffit de commander une course via une application mobile, à l'instar d'un trajet en Uber ou en taxi. La voiture autonome arrive dans les minutes suivantes, avec son drôle de champignon sur le toit dont l'utilisateur peut choisir la couleur et y faire apparaître ses initiales pour reconnaître le véhicule commandé, son siège conducteur vide et son volant qui tourne tout seul.

Une fois à bord, un écran fournit les instructions nécessaires, dont celle d'attacher sa ceinture, et la course, payée par carte bancaire, peut démarrer. Pour voyager avec Waymo, il faut néanmoins utiliser l'application américaine, non disponible sur la plupart des téléphones européens. Sans connaissances américaines disposées à réserver la course, pas de Waymo pour les Belges, contrairement aux Britanniques, Japonais et Canadiens.

D’après la porte-parole de l'entreprise, Sandy Karp, plus de 800 véhicules Waymo circulent actuellement à San Francisco. Ils sont également présents dans d’autres villes. Des tests sont par ailleurs menés à Tokyo, la première expansion du groupe à l'international. L'Europe, elle, n'est pas au programme, en raison notamment des contraintes 'régulatoires'. Début 2025, Waymo enregistrait 200.000 courses payantes par semaine dans les villes où ses véhicules sont présents. En toute sécurité, d'après la porte-parole de la société. "Nos voitures autonomes ont 90% moins d'accidents que les véhicules conduits par des humains".

La Belgique à la conquête de l'Ouest

Au cours de la mission économique belge en Californie, les entreprises technologiques, de l'aérospatial, de la défense mais aussi les secteurs du design, de l'architecture et du divertissement seront particulièrement mis en avant, ce qui leur permettra de renforcer leur visibilité et de nouer des contacts dans l'Etat américain le plus riche.

Le programme chargé a débuté à San Francisco et sa Silicon Valley, choix stratégique pour les entreprises technologiques qui ciblent les champions du secteur que sont Apple, Google, Microsoft ou Salesforce. Il se poursuivait à Los Angeles, centre névralgique du divertissement, où les entreprises du secteur audiovisuel avaient accès aux géants de l'industrie.

La mission bénéficie également de la présence du ministre de la Défense Theo Francken (photo, à dr. de la princesse), en charge par ailleurs du commerce extérieur, de la ministre des Classes moyennes et des PME, Eléonore Simonet, du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort - qui remplace la secrétaire d'Etat Ans Persoons retenue par les discussions sur le budget -, du ministre-président flamand Matthias Diependaele et du ministre wallon de l'Economie en charge du Commerce extérieur, Pierre-Yves Jeholet.

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Les universités absentes

Traditionnel acteur des missions économiques belges, les universités francophones sont peu représentées, sauf par des chercheurs présents à titre individuel. En cause: la politique menée par l'administration Trump vis-à-vis du monde académique. "Les rectrices et le recteur ont souhaité ne pas participer à cette mission dans le contexte actuel, considérant les risques de censure idéologique des sujets ou domaines de recherche proscrits par l'administration Trump", a ainsi tranché le Conseil des rectrices et recteurs francophones.

Le recteur de l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB) Jan Danckaert et la rectrice de l'UGent, Petra De Sutter, ne font pas non plus partie du voyage, le premier estimant qu'il ne pourra plus obtenir de visa pour les États-Unis en raison de ses déclarations sur la liberté académique; la seconde ne souhaitant pas courir le risque d'incidents.

Avec un PIB nominal de plus de 29.000 milliards de dollars en 2024, les Etats-Unis restent néanmoins la première économie mondiale et un partenaire commercial majeur pour la Belgique. En 2023, ils constituaient en effet la première destination hors Union européenne pour les exportations belges, avec 28 milliards d'euros échangés, soit 7,6 % des exportations totales. Un chiffre qui a presque triplé en dix ans.

La Californie, considérée comme la 5e économie mondiale, est sans conteste l'un des piliers de ce système bien rôdé. La Belgique y compte 123 entreprises, pour près de 4.500 emplois et une masse salariale estimée à pas moins de 487 millions de dollars. Une présence modeste mais un poids économique certain, que tenteront de mettre à profit les entreprises qui ont fait le déplacement. "Ce sera une semaine intense, avec un programme très chargé, mais le jeu en vaut la chandelle puisque les missions princières rapportent en moyenne 1,5 contrat aux entreprises participantes", a résumé Isabelle Grippa, CEO de hub.brussels, l'agence bruxelloise pour l'entrepreneuriat.

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