La ministre flamande des Affaires intérieures, Hilde Crevits, a ordonné à la gouverneure de la province de Flandre orientale, Carina van Cauter, d'imposer des mesures correctives à la commune d'Aalter. C’est ce qu’elle a indiqué au Parlement flamand en réponse aux questions des députés Mieke Schauvliege (Groen), Kurt De Loor (Vooruit) et Gaby Colebunders (PVDA). Van Cauter avait déjà lancé il y a quelques semaines une enquête disciplinaire à l’encontre du bourgmestre Pieter De Crem. Ce dernier a entretemps démissionné.
Ordonnance de réparation pour Aalter après discrimination dans l'enregistrement des résidents : la commune devra faire rapport au gouverneur
Un rapport d'Audit Vlaanderen a révélé cet été que la commune d'Aalter (Flandre orientale) pratiquait une discrimination à l'égard des non-Belges lors de l'enregistrement des domiciliations. Les personnes qui s'installaient à Aalter et avaient un nom à consonance étrangère devaient systématiquement attendre bien plus longtemps (jusqu’à 9 fois plus longtemps) que les autres avant d'être inscrites au registre de la population. Début septembre l'Agence flamande d'audit de l'administration et des pouvoirs locaux a confirmé le caractère discriminatoire de cette politique.
La ministre flamande des Affaires intérieures Hilde Crevits avait alors ouvert une enquête disciplinaire, à la suite de laquelle l’ex-ministre Pieter De Crem a démissionné de son poste de bourgmestre d’Aalter. L'enquête disciplinaire a donc été levée.
Renforcer le contrôle d’intégrité
Pour la première fois, Hilde Crevits impose maintenant une mesure corrective à une commune flamande. Cette mesure dépasse la surveillance renforcée d’une commune. Le collège communal d’Aalter sera donc tenu de faire régulièrement rapport à la gouverneure Van Cauter. Le but est de renforcer l’intégrité de la commune dans sa gestion.
La province n’a pas encore indiqué combien de temps cette mesure corrective sera appliquée à Aalter. Le conseil communal a entretemps déjà approuvé les ajustements nécessaires. Le 8 septembre (photo), il modifiait son règlement relatif aux contrôles de domiciliation. Il ne prévoit par contre pas d’indemniser les victimes de sa politique discriminatoire.

