La marche contre le racisme, partie vendredi de Molenbeek-Saint-Jean, est arrivée dimanche soir à Bruges. Environ 80 jeunes et d’adultes avaient entamé un périple de trois jours vers Bruges pour dénoncer le racisme et la violence qui avaient frappé la commune bruxelloise le 4 mai dernier, en marge de la finale de la coupe de Belgique de football. L'initiative, portée par des citoyens francophones et néerlandophones, veut montrer qu'il est possible de répondre à la haine par la solidarité.
La marche citoyenne contre le racisme, partie de Molenbeek, est arrivée à Bruges dimanche soir
Avant et après la finale de la Coupe de Belgique entre Bruges et Anderlecht en mai dernier, des affrontements violents avaient éclaté. Des dizaines de personnes ont été blessées, parmi lesquelles plusieurs policiers. Plus de 60 personnes ont été arrêtées par la police.
En réponse, le collectif "Ik ben België, je suis la Belgique" a été créé. Ce groupe de citoyens francophones et néerlandophones veut montrer que la haine peut être contrée par la solidarité. "C’est une marche contre le racisme et la haine, mais surtout en faveur de la solidarité", explique Younes El Montasser, co-fondateur du collectif. "Nous refusons la division et voulons une société inclusive. Il n'y a pas de citoyens de seconde zone. Nous voulons, en marchant, rapprocher les gens. Nous voulons dialoguer, par exemple au sujet de notre commune. Nous voulons envoyer un signal positif."
Le cortège est parti vendredi de la rue Vanderstichelen à Molenbeek, devant le magasin Brico Ben, théâtre des violences du 4 mai. Ce jour-là, des centaines de supporters brugeois avaient traversé Molenbeek vers le stade du Heysel. Certains s'étaient violemment attaqués au commerce, frappant le propriétaire de 73 ans et son fils et détruisant l'entrepôt, déclenchant des tensions avec des jeunes Bruxellois pourtant étrangers aux faits.
Pour transformer ces blessures en symbole, le collectif réalise deux mosaïques à partir des débris du magasin : l'une restera à Molenbeek, l'autre sera installée à Bruges au terme de la marche. Un accord de principe a été obtenu pour poser la première plaque rue Vanderstichelen et la seconde à la gare de Bruges, annoncent-ils.

