"C’est une décision douloureuse mais nécessaire", a déclaré la ministre flamande des Affaires intérieures et de la Politique des villes, Hilde Crevits (CD&V). "Ces projets concernent pourtant des réaménagements essentiels, la sécurité routière et le bien-être", réagit le professeur de sociologie urbaine Stijn Oosterlynck (Université d’Anvers). Par le passé, ce fonds avait notamment soutenu le Parc Spoor Noord (Anvers), les anciens docks (Gand), l'ensemble d'habitantions Centrale Werkplaatsen (Louvain) et les jardins de Waterschei (Genk).
Le gouvernement flamand supprime 10 millions d’euros par an de subsides pour des projets de rénovation urbaine
Le gouvernement flamand a décidé de réduire de 300 millions d’euros les subsides dans différents postes. Parmi les postes déjà confirmés figure la suppression du soutien aux projets de rénovation urbaine. La ministre Hilde Crevits (CD&V) a expliqué cette décision lundi soir dans l’émission Terzake (VRT).
"Ces aides représentaient un peu plus de 10 millions d’euros par an et servaient à financer des projets initiés par les pouvoirs locaux, notamment pour redynamiser des quartiers. J’ai choisi de ne plus investir dans des dossiers soumis par les communes et validés ensuite à Bruxelles", a déclaré Hilde Crevits. "Je préfère allouer aux communes des moyens non affectés à un projet ou à un usage précis, que les communes peuvent utiliser librement."
Depuis vingt ans, la Région a soutenu plusieurs dizaines de projets de ce type, à Anvers (Park Spoor Noord, Scheldekaaien, Nieuw Zuid), Gand (Oude Dokken, Wintercircus, Tondelier), mais aussi dans d’autres villes. Les subsides permettaient de financer une étude, un plan de conception ou une partie du développement.
"Des leviers pour mobiliser d’autres partenaires"
"C’est inédit que l’on réduise ces subsides tout en supprimant l’instrument, comme s’il s’agissait de projets superflus", regrette le professeur de sociologie urbaine Stijn Oosterlynck (Université d’Anvers), membre du jury qui attribuait ces aides.
"Chaque année, huit projets étaient soutenus après un processus de concertation, avec des experts qui formulaient des recommandations. Cela a permis de repenser l’espace public et les quartiers, en tenant compte de la sécurité routière, du bien-être, des groupes vulnérables et de la résilience face aux phénomènes climatiques extrêmes. Ces projets ont souvent inspiré d’autres initiatives."
Pour Stijn Oosterlynck, la suppression de ces aides est "un mauvais signal". "Dix millions d’euros, ce n’est pas énorme à l’échelle du budget, mais pour les projets, c’était un levier essentiel pour mobiliser d’autres partenaires, y compris privés. Nous craignons que la qualité des futurs projets urbains en souffre."
Selon lui, la décision repose sur "l’idée fausse que les villes reçoivent trop d’argent au détriment des communes rurales". "En réalité, ce sont surtout les communes aisées de la périphérie urbaine qui bénéficient d’un financement disproportionné. Les villes ne sont pas privilégiées, et pourtant c’est là qu’on coupe", insiste-t-il.
"Ce ne sont pas les grandes villes mais les communes périphériques qui reçoivent trop d’argent"
Le bourgmestre de Gand Mathias De Clercq (Voor Gent) est très critique vis-à-vis de cette mesure : "J’apprends qu’une nouvelle économie décidée au niveau supralocal aura des répercussions directes sur notre ville. Le ministre-président Mathias Diependaele (N-VA) ne cesse de vanter l’importance de nos villes. Mais dans les faits, cela se traduit par des coupes budgétaires. Et ce, pour des projets qui ont pourtant un impact direct sur la qualité de vie de nos citoyens."
"Heureusement, les projets en cours ne sont pas affectés. Mais une ville est en constante évolution, avec de nouveaux besoins et de nouveaux défis. Il est très regrettable que la Flandre cesse de les soutenir. Je compte interpeller le gouvernement à ce sujet."
Hier déjà, Mathias De Clercq avait dénoncé le fait que les petites villes et communes recevront davantage de moyens que promis, alors que ce n’est pas le cas pour les grandes villes.


