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Sans abri à Anvers

Le gouvernement fédéral ne financera plus de centres d'hiver pour sans-abri dans les grandes villes

Le gouvernement De Wever met un terme dès cette année au financement du Plan Grand froid qui permet d'héberger les sans-abri dans cinq grandes villes du pays pendant la période hivernale. L'information rapportée par le journal Le Soir a été confirmée samedi par le cabinet de la ministre de l'Asile et de la Migration, de l'Intégration sociale et de la Politique des grandes villes, Anneleen Van Bossuyt (N-VA). Elle a suscité de vives réactions dans les villes concernées.

Anne François Belga
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Le Plan Grand froid permet l’installation de centaines de lits supplémentaires dans les centres d'hébergement pour sans-abri entre les mois de novembre et de mars. L'essentiel du financement de ce dispositif provient des Régions flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale, mais le gouvernement fédéral y contribuait jusqu'à présent à hauteur d'environ un tiers. Il allouait ainsi chaque année 65.000 euros aux centres publics d’aide sociale (CPAS) d'Anvers, Bruxelles, Charleroi, Gand et Liège.

Le gouvernement fédéral a décidé de mettre un terme à ce financement et ne contribuera dès lors plus au plan hivernal à partir de l'hiver 2025. Le cabinet d’Anneleen Van Bossuyt (photo) évoque une "analyse budgétaire approfondie" et souligne respecter ainsi la répartition des compétences. L'Inspection des finances rappelle depuis plusieurs années que les abris d'hiver relèvent de la compétence des collectivités locales et régionales, et non du gouvernement fédéral.

Anneleen Van Bossuyt souligne que cette décision ne remet pas en cause l'importance de l'accueil hivernal des sans-abri. "Elle vise à clarifier les responsabilités et à garantir une gestion budgétaire durable", explique la ministre chargée de l'Intégration sociale et de la Politique des grandes villes. "Le gouvernement fédéral reste toutefois disposé à accompagner les villes et leurs partenaires institutionnels dans la transition et dans la recherche de solutions adaptées, afin que personne ne soit laissé sans soutien pendant la période hivernale."

La ministre Anneleen Van Bossuyt

Gand déplore cette décision "glaciale"

La décision des autorités fédérales fait notamment des mécontents en Flandre, et plus particulièrement à Gand, où la N-VA avait été évincée in extremis de la participation au pouvoir local. L'échevine en charge du Bien-être, la socialiste Astrid De Bruycker, regrettait ce lundi une décision "glaciale" de la part de la Gantoise Anneleen Van Bossuyt.

"On parle de moyens qui financent directement des lits pour des personnes qui, sans cela, dormiraient dans la rue. Le défi en matière de sans-abrisme est énorme, et nous prenons nos responsabilités (...) Mais nous ne pouvons y arriver seuls", indique l'échevine Astrid De Bruycker. Alors qu'il y a un besoin criant de plus de places d'accueil hivernal, la décision fédérale de cesser ce financement va accentuer la pression sur les villes qui ont beaucoup de sans-abris, s'inquiète-t-elle.

Réactions wallonnes et bruxelloises

Du côté wallon, le ministre-président libéral Adrien Dolimont a assuré ce lundi que la Région compensera la perte de moyens du fédéral, ajoutant que ces modifications ne sont pas une surprise.

Le ministre bruxellois de l'Action sociale, Alain Maron, regrette également la décision de sa collègue Anneleen Van Bossuyt. "Le gouvernement fédéral mène, en ligne avec ses décisions en matière d'asile, une politique qui touche durement les plus faibles et aura pour conséquence que davantage de gens se retrouveront à la rue dans les grandes villes".

Quelque 10.000 personnes sans abri survivent actuellement déjà dans les rues de Bruxelles, alors que le Samusocial a annoncé début septembre avoir dû refuser l'accès à l'accueil à 400 familles avec femmes et enfants en raison de la mesure fédérale selon laquelle les demandeurs d'asile qui ont déjà obtenu une protection dans un autre pays ne peuvent plus bénéficier d'un accueil en Belgique.

La députée bruxelloise socialiste et ancienne ministre de l'Intégration sociale Karine Lalieux désapprouve également la décision de la ministre fédérale. "C'est une honte", déclarait Lalieux. "Je suis extrêmement choquée par la fin de cette subvention pour l'accueil des sans-abri dans les grandes villes, du jamais vu, surtout à l'approche de l'hiver".

Pour le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (photo), il est clair que le gouvernement fédéral "semble traiter Bruxelles comme une poubelle". "La plupart des personnes qui dorment dans les rues de Bruxelles sont des demandeurs d'asile et relèvent donc de la responsabilité de la ministre Van Bossuyt", déclarait-il. "Le problème, c'est qu'elle n'investit pas dans l'accueil et ne renvoie pas les demandeurs d'asile déboutés. C'est inacceptable. Nous laissons des gens dormir dehors dans la capitale de l'Europe. Van Bossuyt refuse tout simplement de résoudre le problème".

Sous le "Brussels Deal" toujours en vigueur, la Région bruxelloise réserve des places aux demandeurs d'asile dans ses centres d'accueil pour sans-abri. Le bourgmestre Close demande à Anneleen Van Bossuyt d'impliquer les grandes villes dans une discussion, comme l’avait la ministre précédente de l’Asile et la Migration, Nicole De Moor.

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close

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