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Pieter De Crem démissionne de son poste de bourgmestre d’Aalter et quitte le CD&V

L'ancien ministre de la Défense Pieter De Crem a annoncé lundi matin sa décision de quitter le CD&V, le parti chrétien-démocrate flamand dans lequel il militait depuis 40 ans. Il avait démissionné dimanche de son poste de bourgmestre d'Aalter (Flandre orientale), poussé vers la sortie après les discriminations constatées dans sa commune à l'égard de personnes d'origine étrangère désirant s'y domicilier. Dans une réaction ce lundi, le président du CD&V Sammy Mahdi a déploré l'absence de tout mea culpa de sa part.

Eric Steffens Belga
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"Le parti n'offre plus aucune solution aux problèmes et défis auxquels la société est confrontée", écrit l'ancien ministre dans un communiqué. Pieter De Crem (63 ans), qui a reçu dimanche le soutien du Vlaams Belang (extrême droite), ne souhaite toutefois pas quitter la politique et a annoncé vouloir désormais s'engager dans "une vraie réforme politique", avec un soutien spécifique aux mandataires locaux.

L'engagement quotidien de ces derniers est, selon lui, éclipsé "par une absence totale de vision de la part des dirigeants du parti".

Sammy Mahdi : "On peut être strict sans pour autant enfreindre la loi"

Le président du CD&V Sammy Mahdi a déploré lundi, sur les ondes de la VRT radio, le départ du bourgmestre d'Aalter et ancien ministre Pieter De Crem, et l'absence de tout mea culpa de sa part.

"J'aurais préféré que les choses se passent autrement. Mais on ne peut pas prendre à la légère la discrimination et le racisme", a déclaré M. Mahdi dans l'émission De Ochtend. Face aux critiques de l'intéressé affirmant que la direction du CD&V n'apporterait plus de solution aux défis actuels, notamment en matière de migration, "on peut être strict sans pour autant enfreindre la loi", répond Sammy Mahdi. "On ne peut pas simplement ignorer la législation", ajoute-t-il.

"Tout bourgmestre doit respecter les lois du pays. Cela signifie que l'on ne peut pas discriminer de la sorte". Sammy Mahdi regrette l'absence de mea culpa dans le chef de Pieter De Crem. "Si chacun pouvait simplement faire un petit effort et dire : 'j'ai des difficultés en tant que bourgmestre, ce n'est pas facile avec les personnes qui arrivent sur mon territoire, j'ai peut-être été trop créatif, je m'en excuse', alors je pense qu'il y aurait eu des possibilités."

Des mesures jugées discriminatoires et enquête disciplinaire

C'est une enquête de la VRT et du journal De Morgen qui avait révélé ces pratiques: les personnes qui s'installaient à Aalter et avaient un nom à consonance étrangère devaient systématiquement attendre bien plus longtemps que les autres avant d'être inscrites au registre de la population.

Ce vendredi, l'agence flamande d'audit de l'administration et des pouvoirs locaux a confirmé le caractère discriminatoire, tandis que la ministre flamande des Affaires intérieures, Hilde Crevits (CD&V), ouvrait une enquête disciplinaire. Cette dernière est désormais sans objet, dès lors que l'intéressé n'a plus de mandat exécutif.

"Aalter agit désormais dans le respect total du cadre légal"

L'échevin Mathias Van de Walle est appelé à devenir le nouveau bourgmestre. Il a d'emblée affirmé que la Commune avait suivi toutes les instructions de la ministre Crevits ces derniers mois et qu'elle agissait désormais "dans le respect total du cadre légal". "L'égalité de traitement est désormais le principe que nous appliquons. Il est temps de tirer un trait sur cette affaire", a-t-il ajouté.

Ce n'est pas l'intention de Mieke Schauvliege (opposition), cheffe de groupe Groen au Parlement flamand et cheffe de file de la section locale des écologistes flamands à Aalter. "Après des mois de déni et d'indifférence de la part du CD&V, la justice est enfin rétablie. Mais cela aurait dû se produire bien plus tôt." Groen estime que Pieter De Crem ne mérite aucun crédit pour sa démission. "Il porte la responsabilité de nombreuses années de discrimination qui ont touché des familles et discrédité la Belgique sur la scène internationale." Elle n'exclut pas d'autres suites juridiques.

Mais c'est surtout sur le plan politique que Groen demande des comptes. "Nous avons besoin de contrôles plus stricts et de sanctions claires pour les administrations locales. Chaque citoyen mérite un traitement égal."  

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