Le juge des référés a désigné un expert dans l'affaire de fraude à l'examen néerlandophone d’entrée aux études de médecine. Une trentaine d'étudiants ont en effet saisi le tribunal pour obtenir la désignation d'un expert, afin qu’il effectue une enquête indépendante, alors qu’une première enquête demandée par la ministre de l’Enseignement a révélé qu’un "nombre limité" d’étudiants ont triché à l’examen notamment en utilisant l’intelligence artificielle. Vingt-cinq étudiants seront entendus par la commission d'examen, alors qu'une centaine de fraudeurs potentiels ont été identifiés, précisait Zuhal Demir ce jeudi au Parlement flamand. Le gouvernement flamand avait demandé qu'aucun expert ne soit désigné par la justice.
Un expert nommé pour enquêter sur les éventuelles fraudes au concours d'entrée en médecine en Flandre
Maître Christophe Vangeel, qui représente la trentaine d'étudiants qui ont comparu devant le tribunal lors d’une première audience mercredi, a annoncé que le juge des référés a désigné un expert dans l'affaire relative à une possible fraude à l'examen d'entrée en médecine.
L'avocat du gouvernement flamand a demandé le report de l'affaire et la non-commission d'un expert, car cela pourrait interférer avec l'enquête du gouvernement. La ministre compétente Zuhal Demir a déclaré mercredi que sa propre enquête a révélé que 20 à 30 participants ont fraudé. Elle estime toutefois qu'il n'existe aucune preuve de fraude massive et qu'un nouvel examen est inutile.
"Cela prouve que les étudiants avaient raison de soupçonner une fraude", a déclaré Mr Vangeel en réponse aux conclusions de l'enquête de Demir. "Tant que nous ne saurons pas précisément ce que la ministre a fait analyser, qui a mené l’enquête et comment celle-ci s’est déroulée, nous maintenons notre demande de nomination d'un expert".
Le calendrier de l'enquête de l'expert n'est pas encore clair. Christophe Vangeel a déclaré qu'il souhaitait lire attentivement le jugement lui-même avant d’émettre d’autres commentaires.
Plus d'une centaine de fraudeurs potentiels
Ce jeudi, la ministre Demir précisait lors d'une audition au Parlement flamand qu'une centaine de fraudeurs potentiels ont été détectés lors de l'examen néerlandophone d'entrée en médecine. Des comportements suspects ont en effet été observés chez 105 personnes au total, notamment des périodes prolongées de navigation ou des réponses trop rapides à des questions exigeant un raisonnement.
"Mais notre attention se porte surtout sur les 25 personnes qui ont réussi et qui ont donc potentiellement pris la place d'une autre personne sur la liste", a déclaré la ministre. "Elles ont été invitées par la commission d'examen."
La ministre a déclaré au Parlement qu'elle n'était pas favorable à l'examen décentralisé actuel, qui s'est déroulé dans plus de 70 lieux. "Si ça ne tenait qu'à moi, on reviendrait aux fondamentaux", a-t-elle déclaré. "Un seul endroit, et c'est toujours agréable de travailler avec un stylo et du papier." Du côté francophone, l'examen d'entrée en médecine est organisé en un lieu unique.
Les autorités flamandes averties du risque de fraude ?
Des directeurs d'école, des organisations faîtières dans l'enseignement et des experts ont confirmé au quotidien flamand De Standaard que plusieurs examens organisés par les autorités flamandes n'étaient pas sécurisés. L'examen d'entrée aux études de médecine, les examens flamands et les épreuves du jury central utilisent tous la même plateforme numérique.
Les différentes associations actives dans le secteur de l'enseignement et l'association d'élèves avaient fait part de leurs préoccupations à ce sujet au gouvernement. Le rapport d'évaluation des examens flamands de décembre 2024 mettait également en garde contre la possibilité de fraude.
Au cours des dernières années, diverses parties externes ont également demandé à plusieurs reprises et explicitement d'opter pour un "navigateur d'examen sécurisé" pour les épreuves flamandes et l'examen d'entrée en médecine. L'ancien ministre de l'Enseignement Ben Weyts et l'administration ont finalement décidé de ne pas y répondre positivement.
En 2022, lors d'un appel d'offres pour l'examen d'entrée en médecine, le critère d'un environnement d'examen sécurisé ne faisait même pas partie des conditions du marché public. Pourtant, il est tout à fait possible d'implémenter des options avancées telles qu'un navigateur sécurisé ou la surveillance à distance pour des tests numériques, affirme Televic, le partenaire externe avec lequel le gouvernement flamand collabore. "Mais le choix en revient au client."

