D’après le ministre belge du Climat et de la Transition environnementale Jean-Luc Crucke, on a pu voir "deux mondes" s'affronter ces derniers jours à Genève, où 10 jours de négociations en vue d'un traité sur le plastique ont échoué ce jeudi sans accord : "le monde qui veut avancer, inventer des solutions durables, protéger la planète et la santé publique... et celui qui s'accroche à un modèle révolu, figé dans des intérêts à court terme." Il pointe notamment du doigt les pays arabes producteurs de pétrole. Une nouvelle chance de conclure un 'Global Plastics Treaty' devrait cependant se présenter, sous la forme d’un autre sommet, mais il n’est pas encore clair quand ni où il aura lieu.
Le sommet de l'ONU pour un traité sur les plastiques a échoué mais le combat continue, assure le ministre Crucke
Le ministre Crucke rejoint ainsi un constat posé par la Française Agnès Pannier-Runacher. Cette dernière a regretté ce vendredi matin qu'une "poignée de pays, guidés par des intérêts financiers de court terme et non par la santé de leurs populations et la durabilité de leur économie, ont bloqué l'adoption d'un traité ambitieux". La réunion de Genève était en quelque sorte déjà une session de rattrapage, après l'échec des négociations de Busan, en Corée du Sud, fin 2024.
La même opposition entre un bloc dit "ambitieux", soucieux de limiter le plastique dès l'étape de la production et d'interdire certaines molécules dangereuses, et des pays aux intérêts économiques liés au pétrole, a fait capoter cette seconde session de la même manière, malgré une prolongation à la journée de ce vendredi. Les points de vue des 185 pays impliqués dans les négociations sont restés trop divergents.
"L'alliance des pays volontaristes finira par tracer la voie", estime malgré tout Jean-Luc Crucke. En attendant, il assure vouloir poursuivre la lutte contre la pollution plastique à son niveau, par exemple en s'attaquant en Belgique aux microplastiques. "Le combat ne s'arrête pas à Genève. Nous devons transformer nos convictions partagées en actions concrètes. (...) Je resterai en première ligne, pour défendre la santé de notre planète et de nos écosystèmes, et pour que les générations futures puissent pêcher des poissons... et non du plastique", déclarait-il ce vendredi depuis Genève. "Nous devons penser aux générations qui nous suivront”.
Les délégations rentreront chez elles ce vendredi, sans accord. "En diplomatie, il faut toujours être patient. Nous devons continuer à dialoguer avec les pays disposés à signer un traité, afin de convaincre les pays arabes qu'ils doivent eux aussi relever ce défi", estime le Belge Jean-Luc Crucke.
Une nouvelle tentative annoncée
La nouvelle de l'échec est tombée alors que la dernière réunion plénière était encore en cours. A l’issue de cette réunion plénière, Sophie Mirgaux, co-déléguée belge, a apporté une nouvelle : un sommet supplémentaire se tiendra pour tenter de parvenir enfin à un accord.
"On ne sait pas encore où ni quand. Mais il se tiendra au sein des Nations Unies et avec le même mandat pour l'ensemble du cycle de vie, donc la situation aurait pu être pire", a déclaré Mirgaux. Reste à voir si les divergences pourront être aplanies d'ici la prochaine réunion.

