"Cet accord commercial offre une certaine prévisibilité à nos entreprises, mais l'introduction de droits de douane de 15% sur plusieurs secteurs pourrait représenter une charge tarifaire potentielle de 4,46 milliards d'euros", estime le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA) lundi, en réaction à l'accord commercial conclu entre l'UE et les États-Unis. Les exportations annuelles de la Flandre vers les États-Unis s'élèvent à 26,4 milliards d'euros.
"L'accord commercial entre l'UE et les États-Unis pourrait coûter 4,46 milliards d'euros à la Flandre"
"Un accord est un pas en avant, mais absolument pas une fin en soi", selon Matthias Diependaele.
"Nos intérêts flamands sont primordiaux et nous resterons vigilants quant à la mise en œuvre concrète de cet accord commercial. Un renforcement du marché intérieur européen, allégé par la réglementation, est nécessaire pour que la prospérité au sein de l'UE puisse se développer et que notre compétitivité ne soit pas compromise. Outre les marchés existants, nous explorons activement de nouvelles opportunités dans des pays comme l'Inde et le Mercosur, où des partenariats durables et des opportunités commerciales sont prometteurs."
Des taxes américaines "regrettables" mais un impact limité pour North Sea Port
Les nouveaux droits de douane américains sur les produits européens n'auront qu'un impact limité sur North Sea Port, affirme son CEO Cas König. Mais "ces mesures sont regrettables", ajoute-t-il.
Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont conclu un accord douanier dimanche. Il prévoit que les produits européens exportés aux États-Unis soient taxés à 15%.
"L'impact des droits de douane sur les exportations vers les États-Unis sera limité pour le port lui-même", explique le CEO du port qui s'étend sur Gand, Terneuzen et Flessingue. "Néanmoins, les entreprises qui exportent seront bien sûr touchées par ces taxes."
Les relations commerciales entre North Sea Port et les États-Unis sont fortement axées sur les importations: 90% du trafic de marchandises concerne des importations depuis les Etats-Unis, contre seulement 10% d'exportations. Ces exportations vers les États-Unis représentent en outre à peine 1% des transbordements de marchandises du port.
L'accord touche durement certains secteurs, notamment l'industrie automobile et les producteurs d'acier. Les voitures sont désormais soumises à des droits de douane de 15% sur le marché américain. Pour l'acier, la taxe reste fixée à 50%. Cette taxe élevée peut avoir des conséquences considérables pour les entreprises spécialisées dans et autour du port.
Selon Cas König, ces mesures sont regrettables. "Cependant, maintenant qu'un accord a été atteint, le calme peut revenir et surtout le chaos est évité", remarque-t-il.
A court terme, le port ne s'attend pas à des changements radicaux dans les flux de marchandises. Mais les entreprises touchées pourraient devoir adapter leurs stratégies.

