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La VRT a son nouveau contrat de gestion mais devra économiser 16 millions d’euros au cours des 5 prochaines années

Le gouvernement flamand et la VRT ont signé mardi un nouveau contrat de gestion, couvrant les cinq prochaines années. Mot d'ordre: "confiance, renouveau et ambition", selon les principaux acteurs, même si le mot "économies" n'est jamais loin. Il n'y aura pas de "licenciements forcés", selon le CEO, même si la VRT devra économiser 16 millions d'euros sur cette période (2026-2030).

Eric Steffens Belga
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La ministre flamande en charge des Médias, la N-VA Cieltje Van Achter, a commenté l'accord mardi lors de sa présentation, affirmant que la VRT devait en premier lieu rester la référence en ce qui concerne l'information, indépendante, de confiance et de qualité, tout en jouant un rôle de "liant" pour tous les Flamands.

Le CEO de la VRT Frederik Delaplace, la ministre flamande des Médias Cieltje Van Achter (N-VA) et la présidente du conseil d'administration de la VRT Frieda Brepoels signent le contrat de gestion.

À ce titre, la VRT devra également jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre la désinformation. Elle devra miser sur la vérification des faits, l’analyse d’images et l’éducation aux médias pour démonter les infox — avec une attention particulière portée aux jeunes et aux publics vulnérables.

L’objectif fixé est clair : mener plus de 15 projets de journalisme d’investigation par an.

Le CEO du groupe média de service public, Frederik Delaplace, parle d'un "projet ambitieux", qui devrait répondre aux besoins de tout usager des médias. Une attention particulière sera portée au bien-être des travailleurs, assure-t-il, alors que la VRT a traversé une période particulièrement houleuse.

L'importance de la langue néerlandaise et de la culture flamande

La VRT doit aussi continuer à proposer du contenu de qualité pour les enfants. Ce contenu doit contribuer au développement du langage, à l’engagement citoyen et à la résilience dans un environnement numérique, tout en développant les connaissances dans ce domaine. Pour les tout-petits, des contenus peu stimulants doivent également être proposés.

L’offre de la VRT doit être large, diversifiée, inclusive et accessible. Cela implique notamment le recours au sous-titrage, à l’audiodescription et à la langue des signes flamande. En matière de sport, les compétitions féminines, handisportives ou moins populaires doivent représenter 30 % de l’offre de Sporza. L’objectif est que la VRT atteigne chaque semaine 85 % de la population flamande.

La nouvelle convention de gestion accorde également une attention particulière à la culture flamande et à la langue néerlandaise, encourage une forte collaboration avec le secteur médiatique flamand (via des partenariats avec des maisons de production, des start-up, des coproductions ou des échanges de savoir-faire) et exige de la VRT qu’elle investisse dans l’innovation technologique, notamment à travers des projets liés à l’intelligence artificielle.

Un peu plus de flexibilité en matière de publicité

Un des nerfs de la guerre était les revenus publicitaires, alors que la VRT est également subsidiée par les pouvoirs publics. La VRT souhaitait davantage de marge de manœuvre dans ce domaine, et elle l'a obtenue. Elle pourra ainsi proposer divers formats de publicité sur ses supports numériques, avec un plafond rehaussé.

Une dotation annuelle de 296,4 millions d'euros est prévue, en plus de 91,7 millions de revenus commerciaux, pour lesquels différents plafonds sont fixés. Celui de la publicité en ligne est fortement augmenté, de 2,5 millions à 13 millions, comme l'observe mardi l'élue d'opposition Gwendolyn Rutten (Open VLD). Il reste cependant interdit d'interrompre un programme par une pause publicitaire. La publicité est cantonnée au "pre-roll".

Parmi les objectifs cités dans le nouveau contrat de gestion, on touche aussi à la couverture du sport, que la VRT rassemble sous la marque "Sporza": 30% des contenus devront concerner le sport féminin, le handisport ou des sports moins populaires. En "prime time", 65% des émissions diffusées de manière linéaire devront être des coproductions flamandes.

Les organisations syndicales envisagent des actions

Le nouveau contrat de gestion n'est pas unanimement applaudi mardi. Le front commun syndical a rendu un avis négatif au sujet de ce contrat de gestion, pointant les plaintes du personnel au sujet de la charge de travail et du stress, difficilement conciliables avec des économies supplémentaires. Les organisations syndicales envisagent des actions.

L'opposition n'est pas non plus passée à côté de l'occasion de critiquer. Pour les libéraux flamands, le nouveau contrat est un compromis vague sans réelle direction, qui reste ancré dans le passé, alors que le mode de consommation des médias a fortement évolué. "Pour une VRT prête pour l'avenir, il faut oser choisir un renouvellement. Autrement et mieux, pas une copie des chaînes commerciales mais un acteur complémentaire qui fait ce qu'il faut pour informer le citoyen", réagit Gwendolyn Rutten, présidente de l’Open VLD.

Les Verts ont d'autres préoccupations: pour eux, il est problématique d'augmenter les attentes vis-à-vis de la VRT, tout en limitant ses moyens. On "affaiblit" les fondations, estime Bram Jaques (Groen). Il n'y a pas de financement supplémentaire structurel, au contraire: l'enveloppe de fonctionnement ne sera pas indexée en 2026 et 2027, et seulement partiellement les années suivantes. Groen estime aussi que les objectifs en termes de diversité sont affaiblis: il n'y a pas de minimum chiffré en ce qui concerne la représentation des femmes, des personnes handicapées ou issues de la diversité à l'écran. La VRT "a pour seule tâche de faire rapport des efforts qu'elle fait".

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