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Renaix se conforme à la décision du juge et traduira ses panneaux de signalisation en français mais envisage de faire appel

La ville de Renaix (Flandre orientale) se conforme à l'exigence du juge et traduira également sa communication en français. Selon les autorités communales, la législation linguistique ne reflète plus la réalité démographique actuelle de la ville. Elles ne souhaitent toutefois pas être contraintes au paiement d’astreintes. Le bourgmestre, Ignace Michaux (CD&V), n’exclut donc pas de faire appel.

Eric Steffens
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Le tribunal de première instance d'Audenarde a jugé mardi que la ville de Renaix, plus grande commune à facilités de Belgique, avait enfreint la loi linguistique. Renaix avait décidé en 2015 de ne plus appliquer la loi sur l'emploi des langues administratives et d'opter uniquement pour le néerlandais, en dépit de son statut de commune à facilités.

La ville dispose d’un délai de six mois pour adapter les noms de rues, les panneaux de signalisation et les autres panneaux d’information communaux ainsi que son site internet et de proposer une version en français, après quoi une astreinte de 1.000 euros par semaine de retard sera appliquée.

Le bourgmestre Ignace Michaux entend se conformer à cette exigence, tout en suggérant une révision de la législation. "L’actuelle législation linguistique a un peu perdu de sa raison d’être et ne correspond plus suffisamment aux besoins réels sur le terrain", estime-t-il.

Par "besoins réels", Ignace Michaux fait référence à la démographie changeante de sa ville. Les facilités linguistiques ont été instaurées en 1963, sur la base d’un recensement linguistique datant de 1947. "Le dénombrement de l’époque ne peut plus être considéré comme un reflet fidèle de la démographie actuelle de Renaix", selon lui.  

Ces facilités coûtent très cher à notre administration et exercent une pression importante sur notre budget.

Ignace Michaux (CD&V), bourgmestre de Renaix.

"Je demande simplement qu’il y ait plus de la clarté pour toutes les communes à facilités", déclare encore Ignace Michaux. "Soit on est une commune flamande à part entière, soit on est une commune wallonne à part entière. Mais ces facilités coûtent très cher à notre administration et exercent une pression importante sur notre budget."

Mais que pense le parti au pouvoir, le CD&V, de cette question ?

"J’attends la réponse de notre président de parti, mais aussi celle des autres partis de la majorité. Je les appelle à se pencher sérieusement et sans tarder sur ce dossier."

Ignace Michaux entend pour l’instant se conformer à la décision du juge, mais il souligne qu’il examinera encore aujourd’hui, avec le collège communal, la possibilité d’interjeter appel.  

Supprimer ou modifier les facilités linguistiques en Belgique nécessiterait un consensus national, un accord politique, et une révision de la Constitution qui garantit la protection des minorités linguistiques. Or pour cela, il faudrait obtenir une majorité des deux tiers au Parlement fédéral, et une majorité dans chaque groupe linguistique (francophone et néerlandophone).

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