Le Musée des instruments de musique (MIM ) célèbre ce dimanche 22 juin, à l’occasion de la Fête de la musique, le 25e anniversaire de son installation dans les anciens bâtiments du grand magasin Old England à Bruxelles. Ce chef-d’œuvre Art nouveau, conçu en 1899 par l’architecte Paul Saintenoy, fut complètement restauré à la fin des années 1990 pour accueillir la très riche collection du musée bruxellois. Il possède aujourd’hui l’une des plus importantes collections d’instruments de musique au monde. Le MIM est ouvert gratuitement au public tout ce dimanche, et propose jusqu’à 17h un programme festif de concerts, visites guidées et ateliers, une exposition de photos et des projections de films.
Le Musée des instruments de musique de Bruxelles fête ses 25 ans à l'Old England, sur le Mont des Arts
L’histoire du MIM a débuté plus d’un siècle avant son installation dans les bâtiments de l’ancien grand magasin Old England, en juin 2000. C’est en 1877 que le "Musée instrumental" voyait le jour, dans une annexe du Conservatoire royal de musique au cœur de Bruxelles, dans le but de montrer aux élèves d'anciens instruments de musique. Le musée renfermait alors deux collections : celle du musicologue belge François-Joseph Fétis et celle offerte au roi Léopold II par le Rajah Sourindro Mohun Tagore.
Le premier conservateur du musée, Victor-Charles Mahillon (qui était aussi musicien et facteur d’instruments de cuivre), contribua énormément à l'essor de l'institution, lui permettant d'accroître considérablement ses collections. En 1924, le musée comptait ainsi 3.666 pièces, dont 3.177 instruments de musique originaux. Après 1957, il connut une deuxième phase de développement intense, sous l’impulsion du conservateur Roger Bragard: son budget fut augmenté, les salles d'expositions réaménagées, des guides et des scientifiques engagés, et les collections à nouveau enrichies.
Le besoin de conditions de conservation adéquates pour ces collections de plus en plus étoffées conduisit à l’installation du musée dans les bâtiments de l'ancien grand magasin de produits anglais Old England, le 10 juin 2000, après des années de rénovations et dix mois de déménagement.
Ce dimanche, le Musée des instruments de musique - ou MIM, un nom facile à prononcer dans toutes les langues - célèbre déjà 25 ans de présence à l’Old England sur le Mont des Arts, un bâtiment qui attire le regard dès que l’on sort de la Gare centrale. La beauté de l’architecture Art nouveau - révolutionnaire lors de sa construction en 1899 avec sa structure d’acier, de fonte et de verre - émerveille toujours autant les visiteurs, avec ses balustrades aux formes végétales et ses frises colorées. Les instruments de musique sont exposés dans les salles adjacentes à la monumentale cage d’escalier, climatisées.
120.000 visiteurs par an
Vingt-cinq ans après son installation dans cet écrin Art nouveau, le Musée des instruments de musique abrite 12.279 instruments, soit 3.343 de plus que lors de l'ouverture au Mont des Arts, précise le responsable de la communication Marc Janssens. Parmi les récentes acquisitions figurent environ 700 pièces rassemblées de 1965 à 2000 par le couple de collectionneurs néerlandais Eva et Ton Stolk. Celles-ci ont rejoint le musée en 2022.
"Il s’agit de l’une des collections d’instruments de musique les plus riches et les plus importantes au monde", souligne le musicologue Wim Verhulst. Le MIM, qui fait partie depuis 1992 des Musées royaux d'Art et d'Histoire (MRAH), accueille en moyenne 115.000 à 120.000 visiteurs par an. "C’est presqu’autant qu’avant l’épidémie de coronavirus et les attentats de Bruxelles", précise Verhulst. Environ 15% des visiteurs viennent en groupes.
Des pionniers de l’électronique au MIM
Qu’y a-t-il à voir et à entendre lors d’une visite au MIM, avec audioguide si on le souhaite ? Une vaste collection de clavecins et de pianos, toutes sortes d’instruments à vent dont les inventions excentriques du Belge Adolphe Sax, mais aussi de nombreux instruments folkloriques provenant également de l’extérieur de l’Europe. Le tout réparti sur quatre étages.
Le musicologue Wim Verhulst est particulièrement fier de sa section, 'Musicus mechanicus', comprenant des instruments de musique mécaniques, électriques et électroniques. Cela va des orgues de Barbarie et orgues Hammond aux instruments expérimentaux tels que les ondes Martenot (1928) ou le thérémine (1920).
Un ensemble assez unique proposé par le MIM est le studio de musique de l'Institut de psychoacoustique et de musique expérimentale (IPEM). Il s’agit d’une collection d’appareils datant des années 1960 et ’70, qui étaient utilisés notamment pour composer de la musique pour la radio et télévision publique BRT (l’ancien nom de la VRT) ou d'autres compositions des années pionnières de la nouvelle musique électronique. À l'époque, cela nécessitait de nombreux magnétophones.
Des plus de 12.000 instruments que renferme le MIM actuellement, seuls 10% peuvent être exposés dans les salles. "Le reste est dans nos réserves. Mais cela devrait changer, car ce que nous montrons ne reflète pas tout ce que nous avons dans nos collections", explique Wim Verhulst. "Les instruments non occidentaux et électroniques occuperont une place plus large à l’avenir. Des recherches sont en cours à ce sujet".
Certains instruments manquent
Il y a quelques années, le MIM annonçait que nombre de ses instruments n’existaient que sur papier. Des descriptions figuraient bien dans les archives, mais les objets manquaient à l’appel. Volés ou perdus ? "Autrefois les instruments du Musée étaient parfois prêtés pour être joués et n’étaient ensuite pas rendus. Les dépôts étaient aussi répartis dans différents bâtiments", explique Verhulst.
Aujourd’hui, l’inventaire est beaucoup plus strict et on ne peut pas simplement accéder aux zones de stockage. "Des recherches ont permis de retrouver la trace de certains instruments, comme notamment une cornemuse et un violon".
Il faut de l’espace, du personnel et des moyens supplémentaires
Que peut-on attendre des 25 prochaines années pour le MIM ? Aussi magique que soit l’emplacement actuel du Musée, il manque d’espaces pour exposer une plus grande partie de l’immense collection. "Nous voulons pouvoir montrer autant d’instruments que possible et raconter une histoire, mais il n’y a pratiquement pas de place pour des expositions temporaires", indique le musicologue Wim Verhulst. Lorsque le MIM présenta une exposition à propos d’Adolphe Sax, il dut mettre de côté temporairement toute une section d’instruments à cordes.
Wim Verhulst souligne également la situation financière précaire du Musée. "Nous n’avons pas vraiment de budget pour chercher sur le marché des instruments qui sont à vendre. Parfois nous recevons des dons". Le MIM doit actuellement aussi se débrouiller avec beaucoup moins de membres du personnel qu’il y a 25 ans. Et il attend également l’arrivée d’un nouveau gérant pour le restaurant qui se trouve sur le toit de l’Old England, d’où l’on a une vue spectaculaire sur Bruxelles. L’établissement est actuellement fermé.
Programme de la journée festive à l’occasion du 25e anniversaire de l’installation du MIM au Old England :
• Concerts : familiaux à 11h et 12h30 - de clôture à 15h • Musique live dans les salles d’exposition (en continu) • Mini-visites guidées (en matinée, sur réservation le jour même) • Visites des réserves (matin et après-midi, sur réservation le jour même) • Ateliers percussions (en après-midi, sur réservation le jour même) • Exposition photo d’archives du MIM • Projection de films documentaires réalisés par les équipes du musée sur la musique traditionnelle en Belgique
Musée des Instruments de Musique (MIM), rue Montagne de la Cour 2 à 1000 Bruxelles www.mim.be
Heures d'ouverture: Mardi à vendredi : 9h30 - 17h. Samedi, dimanche, jours fériés : 10h - 17h

