C’est le Néerlandais Nikola Meeuwsen (photo, au centre) - benjamin de cette édition 2025 du haut de ses 23 ans - qui a remporté samedi soir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar) la finale du Concours Reine Elisabeth de piano. Il était plus de 1h du matin lorsque le président du prestigieux jury international, Gilles Ledure, a proclamé les résultats tant attendus. Le Belge Valère Burnon (26 ans, à dr.), grand favori du public puisqu’il a aussi décroché le Prix du public des services publics tant néerlandophone (VRT) que francophone (RTBF), est classé troisième. Il partage ainsi le record du Belge le mieux classé à l’épreuve de piano du Concours avec le pianiste Jean-Claude Vanden Eynden, qui l’a précédé en 1964. Une série de récitals, dans toutes les grandes villes de Belgique, attend maintenant les six lauréats du Concours 2025.
Le Néerlandais Nikola Meeuwsen remporte le Concours Reine Elisabeth de piano, le Belge Valère Burnon obtient le 3e Prix
Le jury composé de solistes et pédagogues de renommée internationale - dont le Belge Jean-Claude Vanden Eynden - a proclamé, peu après 1h ce dimanche matin, le pianiste néerlandais Nikola Meeuwsen vainqueur du prestigieux Concours musical, départageant 12 finalistes de sept nationalités différentes. Issu d’une famille musicale originaire de La Haye, Meeuwsen étudie actuellement à la Chapelle musicale Reine Elisabeth de Waterloo auprès du pianiste français Frank Braley et a convaincu tant le jury que le public avec son jeu sensible et poétique, plein de fraicheur et de fougue, tout particulièrement dans un concerto de Mozart en demi-finale et dans le Deuxième concerto de Serge Prokofiev en finale le 28 mai, accompagné par l’orchestre Brussels Philhamonic au Bozar.
"Je suis sans voix, cela semble irréel. C'est comme réaliser un rêve. Je voudrais remercier toute ma famille", déclarait le jeune virtuose après l'annonce du palmarès, au micro de la VRT. Le Premier Prix, celui de la Reine Mathilde, est doté de 25.000 euros et garantit au vainqueur de nombreuses propositions de concerts tant en Belgique qu'à l'étranger.
Le Second Prix (Prix du gouvernement fédéral belge, 20.000 euros) a été attribué au Japonais Wataru Hisasue (30 ans), qui étudie actuellement à Berlin en Allemagne. Il était aussi le dernier candidat à donner sa prestation finale, ce samedi soir au Bozar (photo principale, à g.). C’est notamment son interprétation de l’œuvre imposée inédite "Music for the Heart" du compositeur et pianiste de jazz belge Kris Defoort qui a retenu l’attention des critiques.
Le Belge Valère Burnon (26 ans) a pour sa part été récompensé du Troisième Prix (Prix Comte de Launoit, 17.000 euros), mais aussi du prix Musiq3 décerné par le public de la RTBF et du Prix Canvas-Klara décerné par le public de la VRT. Originaire de Marche-en-Famenne dans les Ardennes, Valère Burnon étudie lui aussi à la Chapelle musicale Reine Elisabeth avec Frank Braley (ancien lauréat du Concours) et s’est distingué par son intelligence musicale, sa constance, sa grande musicalité. Notamment dans le 3e Concerto de Rachmaninov qu’il interprétait en finale.
Le Quatrième Prix (Prix offert cette année par le gouvernement de la Communauté flamande, 12.500 euros) a été remis au pianiste français Arthur Hinnewinkel (25 ans), qui est lui aussi depuis un an élève de Frank Braley à la Chapelle musicale Reine Elisabeth.
Le Cinquième Prix (Prix de la Région bruxelloise, 10.000 euros) a été attribué au Japonais Masaya Kamei (22 ans), qui étudie actuellement à Karlsruhe en Allemagne. Il avait joué sa prestation finale ce samedi soir, remportant une ovation du public et l’admiration des critiques notamment pour son jeu perlé et d’un enthousiasme débordant dans le Cinquième concerto de Camille Saint-Saëns, peu joué en concours.
Le Sixième Prix (Prix de la Ville de Bruxelles, 8.000 euros) est allé au Russe Sergey Tanin (30 ans), qui étudie actuellement à Hambourg en Allemagne. Il avait aussi retenu l’attention des critiques par sa grande maîtrise et sensibilité au piano, son bonheur évident de jouer.
Les six autres finalistes - cités ici par ordre alphabétique - ne sont pas classés, mais bénéficieront aussi de concerts et peuvent se dire lauréats du Concours. Il s’agit de l’Américaine Rachel Breen (28 ans), la Française Mirabelle Kajenjeri (26 ans), la Japonaise Shiori Kuwahara (29 ans), la Française Nathalia Milstein (29 ans), la Chinoise Jiaxin Min (29 ans) et du Japonais Yuki Yoshimi (25 ans).
1. Nikola Meeuwsen (Pays-Bas) 2. Wataru Hisasue (Japon) 3. Valère Burnon (Belgique) 4. Arthur Hinnewinkel (France) 5. Masaya Kamei (Japon) 6. Sergei Tanin (Russie)
Valère Burnon : "Tant de moments de bonheur"
En remportant le Troisième prix de la finale du Concours Reine Elisabeth, le Belge Valère Burnon réalise un rêve d'enfant. "Gagner un prix au Reine Elisabeth est quelque chose que je voulais absolument réaliser. Lorsqu'à huit an, j'avais dit à mon professeur que je voulais participer au Concours, c'était bien évidemment dans l'espoir d'un prix. Donc je suis très content", a confié le musicien de 26 ans dans un entretien retransmis par la RTBF.
Il est d'autant plus fier qu'en atteignant la troisième place du Concours 2025, il partage le record du Belge le mieux classé aux épreuves de piano du Reine Elisabeth avec Jean-Claude Vanden Eynden, qui l’a devancé en 1964.
Le natif de Marche-en-Famenne (province du Luxembourg) reconnait que les dernières semaines de la compétition n'ont "pas toujours été faciles", mais qu'il a aussi profité de "moments vraiment magnifiques". "On ne retient que ces moments-là évidemment. Cela a été beaucoup de travail et de moments très éreintants, mais il y a aussi eu tellement de moments de bonheur sur scène et en dehors de la scène", déclarait Burnon. Le jeune virtuose a salué le soutien du public belge "très chaleureux", un aspect "très positif" aussi de sa participation au Concours.
Les auditeurs et spectateurs de la VRT lui ont d’ailleurs attribué le Prix du public (d’une valeur de 2.500 euros). Nikola Meeuwsen terminait 2e de ce vote en ligne et le Japonais Masaya Kamei troisième. Valère Burnon confiait à Canvas-Klara (VRT) qu’il comptait bien fêter son 3e Prix dans les jours à venir. "Ce ne sera cependant peut-être pas la plus grande fête de ma vie puisque les concerts des finalistes arriveront très rapidement".
Les lauréats en récital, dans tout le pays
La tradition du Concours Reine Elisabeth veut que ses lauréats bénéficient d’une série de concerts dans plusieurs villes de Belgique à l’issue de la proclamation.
o La série de concerts commencera par des récitals des six lauréats non-classés à Flagey à Bruxelles, les mercredi 4 et jeudi 5 juin.
o Le concert des lauréats classés 4e, 5e et 6e - soit les pianistes français Arthur Hinnewinkel, japonais Masaya Kamei et russe Sergey Tanin - aura lieu le lundi 9 juin au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, avec l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège. Ils se rendront ensuite à Liège le mercredi 11 juin et à Bruges le samedi 14 juin.
o Nikola Meeuwsen, Wataru Hisasue et Valère Burnon - les trois premiers lauréats - se produiront quant à eux avec l’Antwerp Symphonic Orchestra dirigé par Marc Aelbrecht à Bruges (7 juin), à Gand (8 juin), à Hasselt (9 juin) et à Anvers (10 juin). Les deux premiers lauréats feront également une tournée avec le Belgian National Orchestra passant par Louvain (25 juin), Charleroi (26 juin), Namur (28 juin) et Saint-Vith (29 juin). Valère Burnon, récompensé du prix du public décerné par la radio publique Musiq3, se produira en outre lors du Festival Musiq3, le 27 juin au Studio 4 de Flagey à Bruxelles.
o Le concert de clôture réunissant Nikola Meeuwsen, Wataru Hisasue et Valère Burnon aura lieu au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles le 11 juin. Ils seront accompagnés par l'Antwerp Symphony Orchestra.
Fondé en 1937, le Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique alterne chaque année entre des sessions dédiées au piano, au violon, au chant (depuis 1988) et au violoncelle (depuis 2017). L'an prochain, il sera consacré au violoncelle.






