Les superlatifs pleuvaient mardi soir, à l’issue de la prestation du pianiste belge Valère Burnon en finale du Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique. Le jeune artiste de 26 ans a reçu la première ovation debout du public depuis le début de la finale, lundi, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Il venait de jouer "Music for the Heart", l’œuvre inédite imposée du pianiste de jazz belge Kris Defoort et le Troisième concerto de Rachmaninov avec beaucoup de nuances, d’inspiration et de maitrise. Le jeune Ardennais s’est dit soulagé que le marathon du Concours soit terminé pour lui et déclarait avoir passé "un beau moment de musique" en finale, avec le Brussels Philharmonic.
Ovation pour la prestation finale du Belge Valère Burnon au Reine Elisabeth : "J'ai tout donné, pas de regrets"
Les applaudissements enthousiastes du public - y compris la reine Mathilde et la princesse héritière Elisabeth - saluaient bien entendu le compatriote belge admis en finale - ce qui n’était plus arrivé au Concours de piano depuis 18 ans. Mais aussi un musicien accompli, qui étudie depuis 3 ans à la Chapelle musicale Reine Elisabeth de Waterloo et possède une technique impressionnante, au service de la musique et de l’authenticité. Le pianiste Piet Kuijken, invité sur le plateau de Canvas mardi soir, soulignait l’intelligence du candidat belge, dans son choix de programme pour les trois épreuves du Concours, dans ses choix musicaux et d’interprétation pour chaque œuvre, sa constance, la clarté de son élocution, son authenticité et sa capacité d’entrainer l’orchestre dans son sillage.
Valère Burnon interprétait l’œuvre imposée "Music for the Heart" de Kris Defoort avec beaucoup d’assurance et de clarté dans la construction, pas d’excès gratuits dans les moments laissés à l’improvisation du pianiste et un beau dialogue avec l’orchestre. Comme concerto, il avait opté pour le Troisième concerto pour piano de Rachmaninov, "une performance de format" avouait-il dans une interview antérieure.
Valère Burnon a joué avec beaucoup de plaisir
André, un spectateur enthousiaste
Les réactions des invités sur les plateaux de télévision (VRT et RTBF) et du public dans la grande salle Henri Le Bœuf du Bozar étaient unanimes. "Il a merveilleusement joué, avec beaucoup de caractère. Il était très sûr de lui et possédait l’œuvre dans les doigts. J’ai trouvé son interprétation hors pair”, déclarait Mimi au micro de Canvas. Elle suivra les six soirées de la finale de l’un des premiers rangs de la salle.
Son mari André approuvait: "Burnon a pris beaucoup de plaisir à jouer. Il s’est totalement approprié l’œuvre. J’ai rarement vu une interprétation de Rachmaninov avec un pianiste qui maitrisait autant l’œuvre. Pas une trace de stress, qu’il a pourtant certainement dû ressentir". André avait déjà remarqué Burnon au cours des épreuves précédentes du Concours. "Il a fait impression sur tous les plans. Je le vois vraiment terminer le Concours parmi les 6 lauréats".
Dominique, qui suit chaque année les sessions alternées de piano, violon, violoncelle et chant du Concours, ne tarissait pas non plus d’éloges. "C’était fantastique, notamment l’oeuvre imposée de Kris Defoort. Sa version de Rachmaninov était pure et confiante. Une expérience magique. Vive la Belgique puisque cela faisait longtemps qu’un pianiste belge n’avait plus été en finale".
Au micro de Clara De Decker (Canvas et Radio Klara), Valère Burnon avouait être avant tout soulagé d’avoir terminé sa prestation finale (vidéo ci-dessous). "Comme pour les épreuves précédentes, j’ai tout donné. Pas de regrets. C’était un beau moment de musique", déclarait le pianiste ardennais.
Reste à voir ce que les membres du prestigieux jury auront pensé de la prestation finale du Belge. Entre mercredi et samedi soirs, 8 autres pianistes joueront leur finale au Bozar. La concurrence est rude. Les résultats seront connus samedi 31 mai vers minuit.
Ce mardi soir, la reine Mathilde - qui assure le Haut patronat du Concours - assistait notamment à la prestation de Valère Burnon. Elle était accompagnée de sa fille ainée, la princesse héritière Elisabeth. Cette dernière vient de rentrer des Etats-Unis, où elle a terminé les examens de sa première année d’études à l’Université Harvard.




