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Le pianiste belge Valère Burnon passe en finale

Les finalistes du Concours de piano, dont le Belge Valère Burnon, vont passer une semaine à la Chapelle Reine Elisabeth

Valère Burnon (26 ans), originaire de Marche-en-Famenne dans les Ardennes, fait partie des douze pianistes exceptionnels sélectionnés samedi soir à l’issue des demi-finales pour participer à la finale du Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique, dédié cette année au piano. Le jeune Belge étudie depuis 3 ans à la Chapelle musicale Reine Elisabeth, à Waterloo, tout comme trois autres finalistes. Ils retrouveront très bientôt leur école d’excellence dans son écrin de verdure puisque l’une des particularités du Concours Reine Elisabeth est que les finalistes passent une semaine à la Chapelle, coupés du reste du monde, pour y étudier sans aucune aide extérieure le concerto pour piano et orchestre inédit qui leur est imposé en finale. Il s’agit cette fois d’une œuvre du Belge Kris Defoort, composée spécialement pour le Concours.

Anne François
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Le Reine Elisabeth semble être suivi de façon particulièrement assidue cette année puisque la vente des places pour assister aux deux premières épreuves a enregistré un record et qu’il ne reste plus aucune place pour les six soirées de la finale (du 26 au 31 mai, à 20h15), qui se déroulera dans la grande salle du Palais des Beaux-Arts (Bozar) de Bruxelles.

Chaque auditeur avait sans doute ses candidats favoris, mais c’est au prestigieux jury international du Concours qu’il revient de sélectionner les 12 finalistes. Cela se fait dans le plus grand secret et sans aucune concertation entre les membres du jury. Chacun d’entre eux attribue des points aux 24 demi-finalistes juste après leur prestation et ce sont les douze qui ont obtenu le plus de points au total qui passent en finale.

Ainsi, les 12 finalistes de cette édition 2025 du Reine Elisabeth sont :

• Rachel Breen (Etats-Unis, 28 ans) • Valère Burnon (Belgique, 26 ans) • Arthur Hinnewinkel (France,25 ans) • Wataru Hisasue (Japon, 30 ans) • Mirabelle Kajenjeri (France, 26 ans) • Masaya Kamei (Japon, 23 ans) • Shiori Kuwahara (Japon, 29 ans) • Nikola Meeuwsen (Pays-Bas, 23 ans) • Nathalia Milstein (France, 29 ans) • Jiaxin Min (Chine, 29 ans) • Sergey Tanin (Russie, 29 ans) • Yuki Yoshimi (Japon, 25 ans)

Les 12 finalistes à Flagey, samedi soir. Valère Burnon est devant, tout à gauche.

Pour le Belge Valère Burnon, c’est un rêve qui se réalise. A l’ouverture du Concours, il avait en effet indiqué qu’il serait déçu s’il ne parvenait pas en finale. Après sa prestation en demi-finale, il avait déclaré avoir "tout donné". 

Le voici donc en finale, où il interprètera - outre l’œuvre inédite de Kris Defoort - un concerto de son choix : le Troisième concerto pour piano de Rachmaninov. "C’est un classique pour les finalistes, mais aussi une œuvre qui dure longtemps, qui ne semble pas avoir de fin. Une véritable performance", avait expliqué le jeune Belge.

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Valère Burnon dans le dernier mouvement du 9e Concerto pour piano de Mozart, pendant la demi-finale

Une semaine coupés du monde

Les 12 finalistes passeront maintenant chacun une semaine à la Chapelle musicale Reine Elisabeth à Waterloo pour y préparer en toute autonomie l’œuvre imposée de la finale. Ce qui veut dire que les deux pianistes qui joueront lundi 26 mai au Bozar entreront en premier à la Chapelle, suivis chaque jour par les deux suivants dans l’ordre de passage. En fin de semaine, ils seront au grand complet, à la veille de la première soirée de finale.

La Chapelle musicale Reine Elisabeth à Waterloo

Sans aucun contact avec le monde extérieur (et donc certainement pas avec leur éventuel professeur), sans smartphone ni accès à l’internet, les finalistes devront étudier et maîtriser en une semaine l’œuvre inédite de la finale. C’est l’une des exigences uniques du Concours belge. Ils pourront le répéter une fois aussi avec l’orchestre qui les accompagnera le soir de la finale. Il s’agit cette fois du Brussels Philhamonic dirigé par Kazushi Ono, l’un des anciens directeurs musicaux de l’orchestre de l’opéra bruxellois de La Monnaie.

L’œuvre imposée, que le public découvrira pour la première fois avec le premier finaliste le 26 mai, s’intitule "Music for the Heart" et a été écrite pour l'occasion par le compositeur et pianiste brugeois de jazz Kris Defoort. Elle s’inspire de diverses formes d’art et comprend des éléments d’improvisation.

Le pianiste et compositeur de jazz Kris Defoort

Pendant leur semaine d’isolement au vert, les pianistes répèteront aussi le Concerto qu’ils ont choisi d’interpréter en finale. Ils pourront brièvement quitter la Chapelle pour une répétition avec l’orchestre. C’est samedi 31 mai, en fin de la dernière soirée de finale, que l’on connaitra le nom du gagnant ou de la gagnante du Concours 2025 et des autres lauréats.

La Chapelle : étudier la musique à un niveau mondial

Quatre pianistes de la demi-finale - dont Valère Burnon - étudient actuellement à la Chapelle musicale Reine Elisabeth à Waterloo (en Brabant wallon), en perfectionnement de leurs études dans des conservatoires. Tous les quatre ont accédé ce samedi soir à la finale. Outre Valère Burnon, il s’agit du Néerlandais Nikola Meeuwsen et des Français Mirabelle Kajenjeri et Arthur Hinnewinkel. Tous quatre étudient sous la direction du pianiste français Frank Braley, qui remportait le Reine Elisabeth en 1991.

Valère Burnon et Arthur Hinnewinkel se félicitent après leur passage en finale

Qu’est-ce qui fait la réputation légendaire de cet institut d’enseignement supérieur artistique fondé en 1939 par la Reine Elisabeth ? Outre le piano, on peut y étudier à un niveau d’excellence le violon, l’alto, le violoncelle et le chant. Des cours de musique de chambre y sont aussi donnés aux musiciens et de danse aux chanteurs. La Chapelle accueille chaque année environ 70 "artistes en résidence", de jeunes talents venus du monde entier.

Le mot "Chapelle" peut prêter à confusion. "Les gens pensent parfois que nous prions ici", plaisante le porte-parole Bart Vande Voorde. Mais “chapelle” désigne aussi un groupe de musiciens ou un endroit où l’on pratique de la musique. Le candidat belge Valère Burnon, qui étudie à Waterloo depuis 3 ans, décrit cependant la Chapelle comme un "terrain sacré", une sorte de retraite spirituelle qui permet d’avoir de nouvelles idées et de travailler de façon plus efficace.

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Reportage de VRT NWS dans les coulisses de la Chapelle Reine Elisabeth, en compagnie des pianistes Valère Burnon et Nikola Meeuwsen, tous deux acceptés maintenant en finale du Concours.

C’est la Reine belge Elisabeth qui eut l’idée, avec son professeur et ami le violoniste virtuose liégeois Eugène Ysaÿe (décédé en 1931), de fonder la Chapelle musicale . Elle verra le jour en 1939, deux ans après la création du Concours musical. Un bâtiment Art déco fut construit dans un domaine à Waterloo, à l’orée de la Forêt de Soignes.

Il y a une dizaine d’années, une nouvelle aile moderne était ajoutée au bâtiment, comprenant une salle de concert, des salles de cours et des studios pour les étudiants "en résidence". Cette année, ils sont 78, venus de la Chine au Maroc, de la Bosnie à la Bolivie.

Avoir cours et jouer en concert : ces deux aspects sont importants à la Chapelle

Valère Burnon, artiste en résidence

"A la Chapelle, on peut recevoir des cours pendant 3 ans de Maîtres en résidence”, explique Valère Burnon. Dans son cas, c’est le pianiste français et Premier lauréat du Reine Elisabeth Frank Braley. "Mais on a aussi de nombreuses occasions de jouer en concert, à la Chapelle, à Flagey, au Bozar ou en-dehors de Bruxelles. Ces deux aspects sont importants. C’est l’une des rares écoles au monde qui se concentre aussi sur les concerts".

La nouvelle aile de la Chapelle musicale

Le pianiste néerlandais Nikola Meeuwsen doit parfois encore se pincer: “Enfant déjà, j’entendais parler du grand pianiste Frank Braley. Maintenant j’ai cours privé avec lui pendant des heures. C’est fou ! Il est extrêmement exigeant".

Meeuwsen apprécie aussi tout particulièrement la Chapelle : "On peut s’y retirer pour se concentrer sur son propre travail, tout en étant entouré de musiciens fascinants et inspirants".

Etudier à la Chapelle Reine Elisabeth a un coût : 25.000 euros par an. Mais les étudiants acceptés ne doivent pas assumer eux-mêmes ces montants. Ils reçoivent la plupart du temps une bourse d’étude d’un sponsor. Le violoncelliste Ye-Won Cho est ainsi soutenu par la Fondation Hyundai du fabricant coréen de voitures.

"La Chapelle est une fondation d’intérêt public financée à 85% par des fonds privés", explique son porte-parole Bart Vande Voorde. Des sponsors de tous types et de toutes tailles, depuis les grandes entreprises jusqu’aux mélomanes privés.

Pour ceux qui voudraient découvrir la Chapelle: elle propose un programme assez touffu de concerts de ses artistes et maîtres en résidence.

La salle de concert de la Chapelle

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