Jozef De Kesel, archevêque émérite de Malines-Bruxelles, était l’un des deux cardinaux-électeurs belges qui ont participé à l’élection du pape Léon XIV depuis la Chapelle Sixtine à Rome. Dans une interview accordée à VRT NWS, De Kesel a témoigné de son expérience avant et pendant le conclave des 133 cardinaux qui devaient élire un successeur au pape François. Il affirme avoir été ému quand il est assez rapidement apparu qu’un consensus se dessinait autour de la personne de Robert Prevost. Et il se dit persuadé que le nouveau pape américain-péruvien est en faveur d’une tolérance zéro face aux abus sexuels au sein de l’Eglise, comme l’était le pape François.
Le cardinal Jozef De Kesel revient sur le conclave au Vatican : "J'étais très ému"
Avant le conclave, Jozef De Kesel (77 ans) avait estimé que l'Église ne ferait pas marche arrière après le pontificat du pape François. "Les douze années de François ont marqué l'Église", a-t-il souligné ce vendredi au Collège pontifical belge à Rome. D’après le cardinal gantois, la période précédant l'assemblée des cardinaux a été particulièrement intéressante. Tous, y compris ceux qui ne disposaient pas du droit de vote, se sont réunis au Vatican durant neuf jours avant le conclave pour discuter de l'état de l'Église, de ses défis et du futur pape.
De Kesel a aussi souligné l'importance des pauses café pour mieux se connaître. En outre, une grande majorité des cardinaux ont plaidé pour une Église humble et humaine, proche des gens et sensible aux grands défis de la société, tels que les migrations et le climat, a indiqué le cardinal belge, encore toujours ému.
"Il y a une grande diversité dans l'Église, mais en même temps, j'ai senti un consensus", a partagé Jozef De Kesel, en ajoutant que les cardinaux ne s'attendent pas à ce que le nouveau pape fasse cavalier seul. "Les grands dossiers de François, comme la décentralisation de l'Église, ne sont pas encore terminés".
De Kesel se dit satisfait du résultat du conclave. "Je connais Prevost déjà depuis un certain temps. C’est un homme très bon, qui sait écouter et qui se montre très respectueux. Contrairement à certains cardinaux du passé, il ne fait pas semblant de tout savoir".
Les abus sexuels au sein de l’Eglise: tolérance zéro
En réponse aux allégations selon lesquelles le nouveau pape aurait dissimulé des abus sexuels commis par des prêtres, exprimées notamment par le prêtre Rik Devillé et des victimes belges d’abus, Jozef De Kesel a tenu à réfuter les critiques. "Pendant ma carrière d’évêque, j’ai parlé avec de nombreuses victimes. Elles évoquent parfois des faits dont on n’imagine pas qu’ils puissent être imposés à quelqu’un. Je suis en faveur d'une tolérance zéro. Et je reste convaincu que le nouveau pape partage cette position".
Certains médias ont également publié des déclarations moins inclusives qu’aurait faites Robert Prevost à propos des femmes et de la communauté LGBTQ+. Selon Jozef De Kesel cela ne signifie pas automatiquement que l’Eglise va faire un pas en arrière. "Je pense même que nous allons aller de l’avant à propos de thèmes comme les femmes et les LGBTQ dans l’Eglise. Il le faut. Le nouveau pape est un homme ouvert et sage, mais il devra bien entendu préserver l’unité", concluait le cardinal De Kesel.



