La société régionale de transports en commun De Lijn va une nouvelle fois adapter son offre pour "retirer les lignes inefficaces dans toute la Flandre", a annoncé la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder, jeudi au Parlement flamand. Ce vendredi, une vingtaine d’organisations ont manifesté devant le cabinet de la ministre, à Bruxelles, contre l’importante hausse des prix des titres de transport annoncée pour le 1er avril par De Lijn. Elles ont remis une pétition à Annick De Ridder.
De Lijn supprimera plusieurs lignes "inefficaces" dans toute la Flandre dès juillet
Après de premières adaptations de l’offre de De Lijn en janvier dernier - avec une réduction de l'offre de 2,5% - d'autres ajustements vont suivre en juillet, a indiqué la ministre en commission Mobilité du Parlement flamand en réponse à une question de la socialiste Els Robeyns à propos de la situation dans le Limbourg. Le quotidien Het Belang van Limburg a en effet annoncé cette semaine que 22 adaptations de lignes auraient lieu prochainement dans cette province, allant de la suppression de trajets jusqu’à la suppression de lignes. La ministre n'a cependant pas communiqué de chiffres précis.
Les adaptations prévues pour juillet vont au-delà de la règle d’accessibilité de base qu’avait annoncée De Lijn. Des mesures prises en janvier dernier, pour une part par manque de personnel, seront ainsi recadrées. Il s’agira de veiller à ce qu’il n’y ait plus de trous dans les horaires.
"Nous allons aussi investir davantage dans l’accessibilité de base en supprimant des lignes inefficaces dans toute la Flandre, dans toutes les régions de transports", précisait Annick De Ridder. Ces adaptations seront discutées en mars et avril avec les régions de transports. "Il faudra veiller à ce que De Lijn ne sorte pas de l’enveloppe budgétaire pour ce qui est de l’accessibilité de base", ce qui serait encore le cas actuellement dans certaines régions.
Des associations réclament un financement structurel
Ce vendredi, l'organisation ‘Grands-parents pour le climat’ a lancé un appel à la ministre flamande de la Mobilité pour qu'elle mette en place d'urgence un plan de financement structurel accru pour la société de transports en commun. Une cinquantaine de personnes ont pris part à un rassemblement sur la place des Martyrs à Bruxelles. Une pétition, signée par 2.400 personnes, avait préalablement été remise à Annick De Ridder (photo).
Plusieurs organisations, comme Greenpeace, le syndicat chrétien flamand ACV, le mouvement sénior du CD&V et le Conseil flamand des personnes âgées, ont également participé à cette action. Elles s'opposent à la forte hausse des tarifs de De Lijn, ainsi qu'à la suppression de plusieurs lignes de bus dans la province de Limbourg. D'après les Grands-parents pour le Climat, "la société souffre d'un sous-financement structurel d'au moins 370 millions d'euros".
Les associations présentes estiment que la hausse des tarifs de 18 % annoncée pour avril ne contribuera pas à rendre les transports en commun plus durables et plus inclusifs. "Elle risque au contraire de rendre De Lijn moins accessible". L'ancien coprésident de Groen, Jeremie Vaneeckhout, et la députée flamande Amina Vandenheuvel (PTB-PVDA) se sont joints à la manifestation. "On nous avait promis avant les élections que les transports publics seraient plus performants et moins chers à l'avenir", a dénoncé Amina Vandenheuvel. "Cette augmentation du prix du ticket à trois euros n'est pas sérieuse. Les transports en commun doivent être l'alternative pour les jeunes et les moins jeunes", a-t-elle conclu.
La ministre de la Mobilité affirme comprendre les préoccupations concernant des transports en commun plus performants. "C'est pourquoi le gouvernement flamand a déjà investi cette année 400 millions d'euros supplémentaires dans l'achat de nouveaux bus et trams". Selon la ministre, 125 millions d'euros seront également investis pour l'exploitation et le transport à la demande d'ici 2029. "Cela ne veut pas dire que nous allons soudainement faire circuler des bus dans tous les coins de Flandre à toute heure de la journée, peu importe le nombre de passagers", a souligné De Ridder. La ministre a réitéré son souhait d'abandonner une mobilité tournée vers l'offre, pour se concentrer sur l'accessibilité de base axée sur la demande.

