La ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez (Vooruit), a appelé jeudi à mener un débat approfondi, dans la société et au sein du gouvernement, sur une éventuelle interdiction des réseaux sociaux aux enfants. Elle réagissait ainsi aux annonces d'une augmentation des tentatives de suicide chez les enfants et adolescents. Le ministre-président Matthias Diependaele (N-VA) a cependant rejeté l'idée de sa ministre de la Santé.
Le ministre-président flamand rejette toute interdiction des médias sociaux pour les jeunes
Caroline Gennez estime que les réseaux sociaux sont un risque important pour le bien-être psychique des plus jeunes. Ils favorisent un harcèlement qui ne se limite plus à la cour de récréation, mais peut se poursuivre 24h/24 dans le monde virtuel. "Ajoutez-y des idéaux de beauté complètement irréalistes, et des images de violence brute et fake news, et vous avez un cocktail extrêmement dangereux", indiquait-elle.
Comme l'a rappelé la nouvelle ministre flamande des Médias, Cieltje Van Achter, le gouvernement flamand prévoit une étude sur l'impact des réseaux sociaux sur le bien-être mental des enfants. Elle-même n'est cependant pas favorable à une interdiction.
"Nous n'avons jamais pris l'engagement au sein du gouvernement flamand d'introduire maintenant une interdiction des médias sociaux pour les jeunes", a réagi le ministre-président flamand Matthias Diependaele. "Nous sommes bien sûr préoccupés par l'impact possible sur la santé mentale, mais les médias sociaux ont aussi une influence positive sur le bien-être de nos enfants".
"Les médias sociaux peuvent ainsi être un atout pour les enfants socialement isolés, ou pour les jeunes qui ont des idées noires. Ce sont les parents qui élèvent les enfants. Pas les autorités publiques", estime Diependaele. De récents chiffres publiés en Flandre ont montré une augmentation de plus de 20% des tentatives de suicide et des mutilations parmi les jeunes depuis la crise sanitaire. Selon la ministre flamande de la Santé, les médias sociaux ne seraient pas innocents dans cette évolution. L'approche à adopter face aux défis posés par ces médias en ligne divise la majorité flamande.
Côté francophone, le sujet ne fait pas non plus l'unanimité au sein de la majorité MR-Engagés. Il y a quinze jours, le ministre de la Santé Yves Coppieters (Engagés) avait ainsi estimé qu'il convenait de réfléchir à une interdiction de TikTok après la diffusion sur ce réseau du Paracétamol Challenge, un défi lancé aux jeunes à prendre de grandes doses de cet antalgique pour "passer le plus de temps possible à l'hôpital".
Sondée sur cette idée, la ministre en charge des Médias, Jacqueline Galant (MR), avait dit ne pas croire en pareille interdiction, préférant plutôt mettre l'accent sur la sensibilisation des jeunes et la prévention.

