Le ministre démissionnaire de la Coopération Frank Vandenbroucke (Vooruit) condamne ce mardi l'escalade de la violence dans la ville de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), et appelle à un cessez-le-feu immédiat. Des combats opposent le groupe rebelle M23 soutenu par le Rwanda et l’armée gouvernementale. Dans la capitale Kinshasa, des manifestants en colère ont bouté le feu à un portail de l’ambassade de Belgique, confirment les Affaires étrangères. L'ambassade des Pays-Bas est également située dans ce bâtiment. Le feu a rapidement été maîtrisé.
L'ambassade belge à Kinshasa assiégée par des manifestants en colère, la Belgique appelle à un cessez-le-feu immédiat à Goma
Sur des images vidéo diffusées sur les réseaux sociaux et des photos prises par l'agence de presse congolaise ACP, on peut voir un portail d'entrée de l'ambassade belge à Kinshasa en feu. Selon des sources citées par le magazine Knack, un poste de garde aurait également été endommagé. A aucun moment, le personnel de l'ambassade et les visiteurs n'ont été mis en danger, rassure pourtant les Affaires étrangères dans un communiqué.
L'administration suit de près la situation et est en contact étroit avec l'ambassade belge sur place et les autorités congolaises. "Notre ambassade sur place a immédiatement demandé aux autorités congolaises de renforcer leur présence en matière de sécurité. Cette demande a reçu une réponse positive. Nous avons également rappelé aux autorités congolaises leur devoir de protéger les locaux et le personnel diplomatique", ajoutent les Affaires étrangères. L'ambassade est en outre en contact avec les Belges sur place, à qui il est actuellement conseillé de rester à l'intérieur et de suivre de près l'évolution de la situation.
Entretemps, la situation semble se stabiliser, note l'administration fédérale. D'autres ambassades situées à Kinshasa ont également été visées par des attaques de manifestants sur le terrain, dont celle du Rwanda, accusé par les autorités congolaises de leur avoir "déclaré la guerre", mais aussi les ambassades de la France, des Pays-Bas et des Etats-Unis, des pays critiqués, comme la Belgique, pour leur inaction dans la crise actuelle.
L'ambassade néerlandaise a, elle aussi, été la cible d'une violente manifestation, selon le ministère des Affaires étrangères. "Entretemps, les forces de sécurité locales sont présentes pour protéger le bâtiment et la situation semble se stabiliser", selon un porte-parole. Toujours sur X, le ministre congolais de la Communication, Patrick Muyaya, a déclaré que la police avait "rétabli l'ordre" et renforcé les mesures de sécurité dans "toutes les ambassades". "Nous avons fermement condamné tous les actes de vandalisme et de violence au cours de ces manifestations", a-t-il ajouté.
Ces manifestations ont éclaté pour protester contre les violences dans l'est du Congo. Le mouvement rebelle M23, soutenu par l'armée rwandaise, a en effet réussi à s'emparer de vastes territoires dans la province du Nord-Kivu, riche en minerais. Ces dernières semaines, les rebelles ont progressé à une vitesse fulgurante vers la ville principale de Goma, dans laquelle ils sont entrés lundi.
"Respect pour le droit international et humanitaire"
D’après le ministre belge de la Coopération, Frank Vandenbroucke, la situation dans et autour de la ville de Goma est "critique". "Des centaines de milliers de personnes supplémentaires sont déplacées, cherchent un abri et une protection contre les violences. Nombreux sont ceux qui vivent dans des conditions de surpopulation, d'insalubrité avec peu d'accès à la nourriture, à l'eau ou aux soins médicaux. Les enfants et les (jeunes) femmes en particulier sont désormais extrêmement vulnérables."
Frank Vandenbroucke appelle à un cessez-le-feu immédiat dans la région "avec respect pour le droit international et humanitaire". "Nous suivons la situation de près et faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour fournir une aide humanitaire et protéger les civils", ajoute le ministre. La Belgique contribue au CERF (Central Emergency Response Fund) - le fonds central d'intervention d'urgence des Nations Unies -, et libère 17 millions de dollars pour fournir de la nourriture, de l'eau, des sanitaires, des soins de santé et des produits de première nécessité.


