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La construction de l'île énergétique risque de prendre du retard

Elia préconise de reporter la dernière phase du projet d'île énergétique Princesse Elisabeth en mer du Nord

L’entreprise Elia recommande de reporter la mise en œuvre de la dernière phase du projet de l'île énergétique Princesse Elisabeth (photo) au large du littoral belge, a fait savoir le CEO du gestionnaire de réseau haute tension, Bernard Gustin. Cette phase serait aussi la plus chère. La construction de l’île énergétique pourrait donc prendre du retard. Entretemps, la ministre démissionnaire de l'Énergie, Tinne Van der Straeten, estime que le fournisseur de la composante de courant continu pour l'île Princesse Elisabeth semble facturer des coûts excessifs. Elle exige qu'Elia relance la procédure d'appel d'offres et appelle la Commission européenne à enquêter sur les fournisseurs.

Anne François Belga
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Située au large de la Côte belge, l'île énergétique devrait servir à acheminer vers les terres l'électricité produite par les nouveaux parcs éoliens offshore, mais aussi à nous connecter aux parcs éoliens installés ailleurs en mer du Nord. Le coût de construction de cette infrastructure a cependant explosé ces dernières années.

Encore évalué à 2,2 milliards d'euros en 2021, le prix s'élève désormais à 7,5 milliards d'euros, en raison notamment de la composante courant continu, devenue beaucoup plus onéreuse. Plusieurs acteurs avaient alerté Elia sur l'impact financier de cette dernière phase. Des parlementaires s'étaient notamment interrogés sur la hausse de la facture.

Il y a quelques jours, les grands consommateurs belges d'électricité, réunis au sein de Febeliec, demandaient à Elia et au monde politique de renoncer à cette phase. Elia recommande donc de reporter la partie courant continu de l'île - la plus coûteuse - représentant plus de la moitié du budget.

"Nous n'allons pas signer le contrat pour le courant continu en février." La construction de l'île n'est toutefois pas compromise. "Il s'agit d'un report, pas d'un abandon", a souligné le responsable d'Elia. Initialement, il était prévu que l’île énergétique soit terminée pour 2032.

Deux cables électriques de 1,4 GW doivent passer sur un cable de 1,4 GW à partir de l'île énergétique, en direction de la Belgique (partie rouge). Selon Febeliec, ce cable risque d'être surchargé.

Tinne Van der Straeten met en cause le fournisseur

La ministre démissionnaire de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), estime entretemps que le fournisseur de la composante courant continu de l'île énergétique Princesse Elisabeth facture probablement des coûts excessifs. La ministre exige qu'Elia relance la procédure d'appel d'offres et appelle la Commission européenne à enquêter sur les fournisseurs.

D'après la ministre, l'offre reçue par Elia comporte "au moins un milliard d'euros" de coûts qui ne peuvent être justifiés de manière transparente. "Il semble que le fournisseur applique une prime de risque excessive et inacceptable".

Tinne Van der Straeten (photo) a également l'intention de saisir l'Europe de cette affaire. Elle appelle à une enquête "sur les pratiques de ces fournisseurs, qui restreignent la concurrence et perturbent le marché". A ses yeux, la hausse des coûts des infrastructures haute tension est une tendance européenne et mondiale. "Aujourd'hui, seuls trois acteurs - Hitachi, Siemens et GE - dominent ce marché, ce qui limite la concurrence et alimente l'inflation".

La ministre belge de l’Energie assure que la valeur stratégique du projet et l'ambition de faire de la mer du Nord un hub énergétique majeur restent inchangées. L'île Princesse Elisabeth jouera un rôle clé dans cette stratégie, souligne la ministre écologiste.

La ministre de l'Energie, Tinne Van der Straeten

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