Le Premier ministre libéral Alexander De Croo estime que l'Europe pourrait "réagir plus fermement" aux projets du nouveau président américain Donald Trump. "Le Groenland fait partie du Danemark. Point final. Cette discussion s'arrête là", a déclaré le Premier ministre sortant en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse. Début janvier, Trump a provoqué l’inquiétude en refusant d’exclure une intervention militaire pour placer le Groenland (territoire autonome danois ) et le Canal de Panama sous contrôle des Etats-Unis.
A Davos, le Belge Alexander De Croo prône une approche plus ferme face à Donald Trump
Le Forum économique mondial à Davos réunit annuellement des chefs d'État, dirigeants d'entreprises, économistes et experts pour débattre des grands enjeux mondiaux. Bien que le nouveau président américain se trouve à Washington, l'ombre de Donald Trump plane au-dessus des discussions. Pour Alexander De Croo, l'arrivée du milliardaire à la Maison-Blanche doit pousser l'Europe à se renforcer sur le plan économique et politique.
"Nous entrons dans un monde où nous devons montrer les muscles de temps en temps", a déclaré le Premier ministre belge sortant. Selon lui, il est dans l'intérêt de tous de ne pas déclencher une guerre commerciale entre l'Europe et les États-Unis. "Mais il n'y a pas que les États-Unis dans le monde. Par exemple, l'accord avec les pays sud-américains du Mercosur est une bonne chose, y compris pour notre pays. Et il y a aussi le commerce avec l'Inde", a-t-il énuméré.
"Nous sommes clairs : le marché européen est très attrayant, mais l'accès à celui-ci est basé sur la réciprocité." Que les Etats-Unis s'inquiètent de leur balance commerciale déséquilibrée est une "préoccupation légitime", estime De Croo. L'Europe pourrait en effet se tourner davantage vers son voisin transatlantique pour ses fournitures de gaz, par exemple, et continuer à acheter au pays des fournitures militaires, selon lui.
Mais dans d'autres domaines, il est moins compréhensif. Même s'il n'attend pas une réaction européenne à chaque "cri ou tweet" de Donald Trump, le libéral belge souhaiterait une réponse plus sévère, notamment lorsque le président américain dit souhaiter annexer le Groenland. "On ne peut pas s'en moquer. Cela crée une certaine atmosphère. Nous aurions dû réagir beaucoup plus fermement en tant qu’Union européenne", estimait encore Alexander De Croo.

