Le Premier ministre belge sortant Alexander De Croo a félicité Donald Trump lundi soir après son investiture comme 47e président des États-Unis. "La Belgique et les USA sont des alliés de longue date et des partenaires fiables", a commenté le libéral dans un message partagé sur le réseau X. Pour le ministre des Affaires étrangères Bernard Quintin, le retour de Trump à la Maison blanche illustre "une forme de paroxysme de ce que l'on voit depuis de nombreuses années, à savoir une forme de repli sur soi des États-Unis."
Investiture de Donald Trump : Bernard Quintin appelle à travailler "à notre autonomie stratégique"
"La Belgique se réjouit de travailler avec l'administration américaine pour relever les défis mondiaux et améliorer le bien-être et la sécurité de nos citoyens", écrivait Alexander De Croo lundi soir sur la plateforme X, détenue par Elon Musk, proche du nouveau président américain.
Selon le chef de l'Otan, le Néerlandais Mark Rutte, Donald Trump devrait être en mesure d'atteindre, avec l'alliance transatlantique, son objectif d'assurer la paix par la force. Les alliés vont consacrer beaucoup plus d'argent à la défense et à la production d'armes, a assuré Mark Rutte.
"Repli sur soi des Etats-Unis"
Interviewé ce mardi matin sur les ondes de Bel RTL, le ministre des Affaires étrangères Bernard Quintin a estimé pour sa part que le retour de Donald Trump à la Maison blanche illustre "une forme de paroxysme de ce que l'on voit depuis de nombreuses années, à savoir une forme de repli sur soi des États-Unis."
"Nous devons en prendre acte et cela doit nous motiver à travailler encore plus et encore plus fort à notre propre autonomie stratégique". Pour le chef de la diplomatie belge, le réveil sonne pour la quatrième fois, après le premier mandat de Donald Trump, la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine. Bernard Quintin a évoqué l'enjeu de la "réindustrialisation" et de "l'industrie de la défense", afin de "renforcer le pilier européen au sein de l'Otan." "Je dis bien autonomie stratégie, pas autarcie", a-t-il précisé.
Les relations commerciales entre la Belgique et les États-Unis représentent quelque 30 milliards d'euros, tant à l'importation qu'à l'exportation, a indiqué Bernard Quintin, soulignant leur caractère "équilibré". "C'est un partenaire extrêmement important".
En termes d'emplois directs, le ministre a parlé de quelque 120.000 emplois belges qui dépendent de sociétés américaines et 80.000 emplois aux États-Unis qui dépendent de ces échanges.
Quant aux intentions de Donald Trump de s'emparer du canal de Panama, Bernard Quintin s'est montré très clair: "l'intégrité territoriale du Panama n'est pas à vendre, au même titre que celle de l'Ukraine, au même titre que celle de la Belgique." Si la question posée par le président américain porte sur la gestion de la voie navigable, le ministre des Affaires étrangères a rappelé qu'il existait "une différence entre la possession territoriale et la gestion du canal de Panama."
