Les négociateurs de la N-VA, du MR, des Engagés, de Vooruit et du CD&V se sont quittés lundi vers 22h, après avoir discuté avant tout de fiscalité. Ils ont repris leurs discussions ce mardi à 10h. Le formateur Bart De Wever (N-VA) doit se rendre à 16h au palais de Bruxelles pour faire un nouveau rapport au roi Philippe de l’avancement de sa mission. Il espère pouvoir demander au souverain une dernière prolongation de cette mission, dans l’espoir de conclure un accord de coalition "Arizona" d’ici la fin du mois. Entretemps, l’organisation patronale flamande Voka dénonce une "négligence coupable" de la part des négociateurs.
Formation fédérale : les négociateurs réunis ce mardi avec Bart De Wever, qui doit faire rapport au Roi à 16h
Le 29 décembre, les présidents des cinq partis de la probable future coalition Arizona ont convenu d'accélérer le tempo de leurs discussions. "Le formateur ne manquera pas de faire l'état des avancements au Roi le 7 janvier, avec la volonté qu'une percée significative dans les négociations soit bel et bien engrangée, et dans ce cas, demander une dernière prolongation", sept mois après les élections du 9 juin, annonçait un communiqué de Bart De Wever.
Les négociateurs se penchent depuis la fin de la semaine passée sur les amendements remis par les cinq partis à la nouvelle version de la note socio-économique du formateur. Ils ont déjà passé en revue le volet emploi et ont commencé ce lundi le volet fiscalité, enjeu sensible qui avait provoqué l'échec de la première phase de la formation d'un gouvernement fédéral au mois d'août.
Les négociateurs des 5 partis se penchent à nouveau sur le volet fiscalité ce mardi. Ils devraient aussi commencer à discuter des pensions, un autre chapitre des réformes socio-économiques proposées par Bart De Wever.
Le Voka s’impatiente et dénonce une "négligence coupable"
Les présidents de partis doivent mettre de côté "les promesses électorales irréalisables et impayables" et prendre leurs responsabilités dans les négociations pour la formation d'un gouvernement, a commenté le président du Voka, Rudy Provoost (photo), lundi soir à Bozar à Bruxelles, à l'occasion de la réception de Nouvel An de l'organisation patronale flamande. "L'impasse actuelle relève de la négligence coupable".
"La plus grave crise depuis des années", estime Provoost à propos de la situation des grandes entreprises industrielles et des PME qui en dépendent. "Le malaise est profond et d'origine multiple. Il est alimenté par une demande en berne, une pression réglementaire exorbitante, des taxes trop élevées et un handicap salarial qui se creuse avec nos pays voisins, ce qui réduit notre compétitivité ainsi que la rentabilité de nos entreprises", a déclaré le président du Voka, qui représente quelque 18.000 sociétés.
Un "leadership politique résolu" est indispensable aujourd'hui, selon lui, alors qu'un gouvernement se fait toujours attendre, sept mois après les élections. "Les présidents des 5 partis réunis autour de la table doivent rapidement se rendre compte que l'impact politique ne se mesure pas au nombre de voix engrangées, mais dans le fait de mettre en œuvre une politique, que le vrai leadership politique ne divise pas mais rassemble, que les chevaux de bataille de chaque parti et les promesses électorales irréalisables et impayables doivent céder la place à une vision commune et à un accord de coopération durable", insiste Rudy Provoost.
"Respecter le mandat démocratique de l'électeur est un devoir moral, l'impasse actuelle est de la négligence coupable." Concrètement, le Voka appelle à un gouvernement fédéral qui procède à des économies ciblées, sans s'attaquer au patrimoine et en évitant d'augmenter les impôts. Des réformes structurelles du marché du travail et de la fiscalité sont indispensables. "Rendre le travail plus rémunérateur, les entreprises plus attrayantes et les investissements plus intéressants vont de concert", ajoute Provoost.

