Chaque nouvelle année apporte son lot de nouvelles lois et règlementations, de modifications. Qu’est-ce que cela signifie pour votre emploi, votre santé ou votre porte-monnaie ? Voici un aperçu des principaux changements au premier jour de l’an 2025.
Le salaire d’un million de travailleurs augmente avec l’inflation
Selon les calculs des prestataires en ressources humaines SD Worx et Acerta, qui se basent sur le taux d’inflation de fin décembre, le salaire des employés d’une trentaine de secteurs de la commission paritaire des employés (CP 200) augmente automatiquement de 3,58% en janvier. La commission paritaire 200 regroupe le plus grand groupe de travailleurs de Belgique. Selon les derniers chiffres de l’ONSS, cela représente 522.623 employés répartis entre 57.166 employeurs.
D’autres secteurs plus restreints indexent également les salaires ce 1er janvier, si bien qu’au total plus d’un million de travailleurs voient leur salaire revu à la hausse pour suivre l’inflation.
L'âge légal de la pension passe à 66 ans
L'âge légal de la retraite passe de 65 à 66 ans : les personnes nées à partir du 1er janvier 1960 devront donc travailler une année supplémentaire, tandis que celles nées avant restent dans l'ancien régime. Le relèvement de l'âge légal de la retraite avait été décidé en 2015 par le gouvernement du Premier ministre Charles Michel. Il était alors fixé à 65 ans et passera à 67 ans en 2030. Les travailleurs de 65 ans qui comptent 42 années de carrière pourront eux demander une pension anticipée, comme ceux de 64 et 63 ans.
La réforme des pensions votée en 2024, sous la dernière législature, prévoit également la mise en place d'une condition supplémentaire de travail effectif pour l'accès à la pension minimum. A partir de ce 1er janvier, 5.000 jours de travail effectif pour les travailleurs à temps plein seront nécessaires pour ouvrir le droit à cette pension minimum, ce qui correspond à un tiers de la carrière complète. Pour les travailleurs à temps partiel, cette condition sera de 3.120 jours. Elle atteint par ailleurs 189 mois en cas de carrière de fonctionnaire et 64 trimestres si le travailleur a uniquement une carrière d'indépendant.
Le calcul en jours travaillés au cours de la carrière permet de protéger celles et ceux qui ont une carrière plus irrégulière, principalement les femmes, selon la ministre des Pensions Karine Lalieux. Les congés de maternité, d'allaitement, les crédits-temps pour soins palliatifs et pour assistance médicale ou encore le chômage temporaire comptent notamment comme jours de travail effectif. Pour y avoir recours, le pensionné devra justifier une période de travail supplémentaire d'au moins 6 mois au-delà de la date de sa pension anticipée.
Les premiers bonus pension pourront également être versés aux personnes qui partent à la retraite à partir du 1er janvier 2025. Ce bonus pension, qui peut être constitué depuis le 1er juillet dernier, s'adresse aux personnes en âge d'être pensionnées mais qui continuent à travailler. Pour chaque année de travail supplémentaire, le travailleur se constituera un bonus. Au total, les travailleurs qui prolongeront leur carrière de 3 années de travail auront droit à un montant total de 22.650 euros nets. Le bonus pension est accessible aussi bien aux salariés qu'aux indépendants et aux fonctionnaires.
En 2025, l'âge minimal pour avoir droit à une pension de survie en cas de décès du conjoint passe par ailleurs de 49 ans et 6 mois à 50 ans.
Jobs étudiants : de 600 à 475 heures par an
Le quota d'heures pour les jobs étudiants sera réduit à 475 heures par an à partir de ce 1er janvier, selon l'Office national de sécurité sociale (ONSS). En 2023 et 2024, le gouvernement fédéral avait relevé ce contingent à 600 heures par an, comme mesure de soutien face aux conséquences de la pandémie de Covid-19. Le quota repasse donc à son niveau initial.
Ces heures peuvent être réparties librement au cours de l'année, auprès d'un ou de différents employeurs. Le compteur d'heures de travail est remis à zéro au début de chaque année civile. Pour ce contingent d'heures, les cotisations sociales sont réduites. Si l'étudiant travaille davantage que le quota prévu pour l'année civile, les heures prestées en plus sont soumises aux cotisations ordinaires de sécurité sociale. Le dépassement du contingent peut, dans certains cas, également mener au retrait du droit aux allocations familiales.
Les titres-services deviennent plus chers
La plus forte augmentation concerne le nord du pays, avec un coût qui passe de 9 à 10 euros, sur décision du gouvernement flamand. Les utilisateurs qui échangeront des titres de 2024 en 2025 devront également payer ce supplément. En outre, sa déductibilité fiscale (1,8 euro par chèque) disparaît.
En Wallonie, une indexation semestrielle du titre-service, qui avait déjà été augmenté à 10 euros début 2024, est prévue dans la loi. Ainsi, dès ce 1er janvier, les titres-services grimpent de 20 centimes et passent à 10,20 euros (pour les 175 premiers chèques acquis par année civile), 11,20 euros (entre 176 et 400 chèques) et 12,20 euros (entre 401 et 500 chèques). Les titres-services achetés en 2024 restent utilisables en 2025. Une prochaine indexation pourrait être prévue en juillet en fonction de l'inflation.
Cette indexation, annuelle cette fois, est également prévue en Région bruxelloise. Ainsi, la hausse prévue ce 1er janvier pour les 300 premiers titres-services acquis en 2025 sera de 20 centimes, pour un tarif de 10,20 euros. Le prix passera à 12,40 euros, soit 40 centimes de plus qu'en 2024, au-delà du 301e chèque acquis. Là encore, les titres-services achetés en 2024 seront toujours utilisables cette année. La déduction fiscale de 15% ne change pas non plus.
Moins de gestionnaires de réseau d'électricité et gaz en Flandre
La Flandre comptait jusqu'ici 10 gestionnaires de réseaux de distribution, disposant de leurs propres tarifs. Ces gestionnaires sont réduits au nombre de 8 à partir du 1er janvier. Ils changent aussi de nom et désignent des zones géographiques plus précises. Il s'agit de Fluvius Anvers, Fluvius Hal-Vilvorde, Fluvius Limbourg, Fluvius Campine, Fluvius Senne-Dyle, Fluvius Ouest, Fluvius Imewo et Fluvius Midden-Vlaanderen.
Ces modifications sont dues au décret énergie approuvé par le Parlement flamand en 2022. Celui-ci demande que chaque gestionnaire de réseau gère une zone géographique continue (et non pas fragmentée), que chaque ville ou commune dispose du même réseau de distribution pour l'électricité et le gaz, et que chaque gestionnaire dispose d'au moins 200.000 clients. L'impact de ce changement restera limité pour la clientèle, précise Fluvius. "Le point de contact pour nos clients reste le même".
Cependant, les clients bénéficieront d'un tarif différent à partir de cette année, principalement en raison d'une nouvelle grille tarifaire mise en place par l'autorité flamande de régulation du marché, la Vreg. Les consommateurs devaient recevoir d'ici à la fin de 2024 une invitation pour un relevé supplémentaire de leur compteur. Les clients disposant d'un compteur classique et de panneaux solaires ne recevaient une invitation que s'ils disposent également d'un accès au réseau de gaz. Les clients avec un compteur numérique n'ont rien à faire, les nouveaux tarifs seront automatiquement ajustés.
Tarifs sociaux pour l'électricité et le gaz à la hausse
Par rapport au dernier trimestre de l'année 2024, le tarif social de l'électricité progressera de 10% et franchira la barre des 20 centimes d'euro le kilowattheure en 2025, tant pour le tarif monohoraire (20,815 centimes d'euro TVA comprise) que pour le tarif bihoraire (21,263 centimes d'euro de jour et 20,466 de nuit).
Le tarif exclusif de nuit passe à 17,632 centimes d'euro le kilowattheure. Le tarif social du gaz naturel et de la chaleur évolue de 15% et grimpe à 5,894 centimes d'euro le kilowattheure. Le tarif social est un tarif réduit pour certaines catégories de personnes ou de ménages. Il est le même pour tous les fournisseurs d'énergie. La Creg, le régulateur fédéral de l'énergie, en fixe le montant chaque trimestre.
Accompagnement des transgenres remboursé dans 6 centres
La liste des centres conventionnés vers lesquels pourront se tourner les personnes transgenres vient de s'étendre à six, indique l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami). Les personnes transgenres peuvent s'adresser à un centre d'accompagnement de la transidentité afin d'y trouver une aide psychosociale et/ou médicale liée à l'identité de genre, à l'expression de genre ou à la dysphorie de genre.
Cet accompagnement est remboursé dans les centres avec lesquels une convention a été conclue. Dès le mois de janvier, quatre centres supplémentaires s'ajoutent aux deux centres déjà conventionnés de l'UZ Gent et du CHU de Liège.
La vente de la cigarette électronique jetable interdite
La Belgique est le premier pays d’Europe à interdire la vente de cigarettes électroniques jetables, dès ce1er janvier. L'objectif de cette mesure à l'encontre d’un produit particulièrement populaire chez les jeunes est de réduire le tabagisme et, à terme, de créer une génération sans tabac. "La cigarette électronique jetable cause beaucoup de tort à la société et à l'environnement. Ce produit nocif cible principalement nos jeunes. Je suis donc heureux que nous puissions la retirer du marché", a déclaré le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, lors de l'annonce de la mesure en mars 2024.
Dans le cadre du plan anti-tabac, que le gouvernement fédéral a mis au point avec les entités fédérées fin 2022, toute une série de mesures ont été mises en place pour faire en sorte que, d'une part, les gens soient plus motivés pour arrêter de fumer et, d'autre part, qu'ils ne commencent pas à fumer. Les "fonctionnalités" attrayantes des e-cigarettes, telles que les lumières, étaient déjà interdites. En outre, l'arôme de la cigarette électronique ne peut apparaître sur l'emballage que de manière neutre. Les détaillants bénéficient encore d'une phase de transition courant jusqu'au 11 janvier pour s'adapter à la nouvelle mesure.
Vérification électronique de l'identité des patients
Les hôpitaux ont dorénavant l'obligation d'enregistrer électroniquement l'identité des patients pour les prestations de santé qu'ils facturent aux mutualités dans le cadre de l'assurance soins de santé obligatoire. Le cas contraire, les mutualités pourront refuser la facturation, indique l'Institut national d'assurance maladie-invalidité.
Une phase de monitoring afin de tester le système était déjà obligatoire depuis le 1er septembre 2024. Au cours de celle-ci, les données relatives à la vérification de l'identité du patient ont été enregistrées de manière facultative dans le fichier de facturation électronique. Concrètement, les hôpitaux doivent vérifier l'identité du patient pour les prestations de santé qu'ils facturent aux mutualités dans le cadre de l'assurance soins de santé obligatoire.
Cela vaut tant pour les hospitalisations que pour les soins ambulatoires (y compris l'hospitalisation de jour). L'Inami rappelle dès lors l'importance de ne jamais oublier d'apporter sa carte d'identité à l'hôpital.
Les droits d'enregistrement réduits à 2% en Flandre
Les droits d'enregistrement pour l'achat d'une habitation unique et propre en Flandre seront réduits de 3% à 2% à partir du 1er janvier. Cette mesure s'appliquera aux achats dont l'acte notarié est signé à partir de cette date.
Ces droits avaient déjà baissé au cours des dernières années. En 2021, le tarif réduit - appliqué pour l'achat d'une habitation unique et propre servant de logement familial - était passé de 7 à 6%. Un an plus tard, il a encore été abaissé à 3%. Le taux standard est, lui, fixé à 12%.
Jusqu'à la fin de 2024, il existait par ailleurs un taux préférentiel de 1% destiné aux acquéreurs de maisons ou d'appartements aux mauvaises performances énergétiques qui s'engageaient à rénover leur bien dans une période de cinq ans. Ce taux sera relevé à 2% à partir du 1er janvier.
De leur côté, les crédits flamands à la rénovation avec subsides sur les intérêts disparaissent à partir du 1er janvier.
Les détecteurs de fumée obligatoires en Région bruxelloise
Des détecteurs de fumée doivent obligatoirement être installés dès le 1er janvier dans toutes les habitations de la Région bruxelloise. Cette obligation était déjà en place pour les logements bruxellois mis en location.
L'arrêté prévoit qu'un logement doit être équipé d'au moins un détecteur de fumée dans chaque pièce à traverser entre la chambre la plus éloignée et la porte d'entrée du logement, ce qui est nommé, en termes techniques, le "chemin de circulation interne". Dans une habitation à plusieurs étages, cela signifie que chaque étage doit être équipé d'au moins un détecteur de fumée.
Seuls les détecteurs munis d'une batterie incorporée d'une durée de vie de dix ans, conformes à la norme "EN14604" et de type "optiques" sont autorisés par l'arrêté. Enfin, à partir de quatre appareils ou plus, les détecteurs de fumée doivent obligatoirement être interconnectés ou faire partie d'un système de détection centralisé. Les propriétaires qui disposent déjà de quatre détecteurs de fumée non interconnectés ou plus ont jusqu'au 1er janvier 2028 pour se mettre en règle. Les détails sont disponibles sur le site pompiers.brussels.
Vols Brussels Airlines avec une surtaxe environnementale
Le groupe aérien allemand Lufthansa introduit au 1er janvier un supplément pour coûts environnementaux. Cette décision s'applique à toutes ses filiales pour l'ensemble des vols au départ de l'Europe. La surtaxe ira de 1 à 72 euros par vol, en fonction de l'itinéraire et de la classe de voyage. Brussels Airlines appliquera de son côté une surcharge allant de 1 à 36 euros.
Le supplément s'applique à tous les billets émis depuis le mercredi 26 juin avec un départ à partir du 1er janvier 2025. Il concerne tous les vols vendus et exploités par le groupe allemand au départ des 27 pays de l'UE ainsi que du Royaume-Uni, de la Norvège et de la Suisse. Le supplément est destiné à couvrir une partie des coûts supplémentaires en constante augmentation dus aux exigences réglementaires en matière d'environnement. Parmi ces exigences, on retrouve le quota de mélange statutaire de 2% pour le carburant d'aviation durable (SAF) pour les départs des pays de l'Union européenne (UE) à partir du 1er janvier 2025, les ajustements au système d'échange de quotas d'émission de l'UE (EU ETS) et d'autres exigences nationales et internationales telles que le système de compensation et de réduction des émissions de carbone pour l'aviation internationale (CORSIA).
Lufthansa vise un bilan CO2 neutre d'ici 2050 et à réduire de moitié ses émissions nettes en la matière d'ici 2030 par rapport à 2019. Pour ce faire, la compagnie aérienne se concentre sur la modernisation accélérée de sa flotte et l'utilisation de carburants d'aviation durables.
Les tarifs des timbres grimpent de 2%
Les tarifs des timbres-poste et pour l'envoi de colis seront plus élevés de 2 à 5% en moyenne à partir du 1er janvier. Le groupe bpost justifie cette hausse par une augmentation des coûts liés à l'inflation et la diminution des volumes de courrier.
Ainsi, le timbre-poste Non Prior (pour une distribution en trois jours ouvrables) passe de 1,46 à 1,53 euros à l'unité et de 1,43 à 1,46 euros par feuille de 10 unités. Le timbre-poste Prior (pour une distribution le jour ouvrable suivante) voit son prix grimper de 2,27 à 2,37 euros la pièce, et de 2,24 à 2,33 euros pour une feuille de cinq unités. Pour les lettres envoyées en Europe, les timbres-poste Prior augmente de 2,78 à 2,90 euros l'unité, et de 2,66 à 2,78 euros la feuille de cinq timbres.
Dans le reste du monde, le tarif Prior sera de 3,12 euros l'unité (contre 3,00 euros jusqu'ici) et de 3,00 euros la feuille de cinq pièces (contre 2,88 euros auparavant). Les tarifs pour l'envoi de colis nationaux et internationaux augmentent en moyenne de 2%. Bpost rappelle enfin que les timbres achetés avant 2025 restent valables pour une durée illimitée, même en cas de hausse tarifaire.
La pub pour les jeux de hasard interdite dans les stades
Les publicités pour les jeux d'argent sont dorénavant interdites dans les stades. Les logos des sociétés de jeux peuvent toujours être affichés en petit format au dos des maillots des joueurs, mais sans slogan.
Les clubs qui enfreignent les règles s'exposent à des amendes pouvant atteindre jusqu'à 500.000 euros. L'exception pour les petits logos au dos des maillots prendra fin à partir du 1er janvier 2028 pour les clubs professionnels. Depuis le 1er septembre, les règles relatives aux jeux de hasard sont également devenues plus strictes. La limite d'âge est désormais fixée à 21 ans pour y participer.




