"La Syrie ne pourra être reconstruite que si les rebelles qui ont chassé Bachar el-Assad respectent le droit international et toutes les communautés du pays". C'est ce qu'a affirmé Bernard Quintin (MR), ministre démissionnaire des Affaires étrangères. Selon Bernard Quintin, la Belgique suit de près la situation en Syrie.
Bernard Quintin : "La chute du régime de Bachar al-Assad offre une nouvelle opportunité en Syrie"
La chute du régime de Bachar al-Assad offre "une nouvelle opportunité" pour l'avenir de la Syrie, a déclaré dimanche le nouveau ministre des Affaires étrangères Bernard Quintin au cours de l'émission "Zevende Dag" sur la VRT.
Bernard Quintin a qualifié le régime d'Assad de "responsable d'innombrables et terribles crimes". Pour avancer vers une reconstruction réussie de la Syrie, il faut respecter le droit international et le droit international humanitaire, mais aussi respecter et protéger toutes les communautés syriennes, a-t-il souligné. Ce n'est qu'à cette condition que la Syrie pourra être reconstruite.
Selon le ministre Quintin, les services des Affaires étrangères suivent de près l'évolution rapide de la situation en Syrie.
Est-ce qu’il n’y a pas des risques de nouveaux attentats en Europe, comme ce fut le cas après la création de l’Etat islamique en Syrie ? "Je ne sais pas si nous verrons les mêmes conséquences, mais nous devons rester attentifs. Nos services suivent de près la situation."
Des investissements dans la Défense qui dépassent les 2% du PIB
Quintin souligne en outre que la guerre en Ukraine sera sa principale préoccupation, dans les dernières semaines du gouvernement De Croo. "La Belgique a soutenu l'Ukraine dès le premier jour et continuera à le faire", a-t-il déclaré. Selon lui, l'Ukraine se bat également pour les valeurs européennes. "Nous devons être conscients que si l'Ukraine perd, nous perdons tous. C'est une question existentielle".
Malgré tout, il pourrait y avoir des négociations entre la Russie et l'Ukraine pour la première fois en 2025. Le président américain élu Donald Trump a affirmé qu'il pouvait résoudre la guerre en un jour. Bernard Quintin se pose des questions à ce sujet. "J'ai entendu cela aussi, mais nous savons que ce n'est pas possible", dit-il.
Toujours selon Bernard Quintin, au cours des négociations en vue de former une nouvelle coalition au gouvernement fédéral il a été question d'augmenter les investissements de la Belgique en matière de défense. Ceux-ci s'élèvent actuellement à 1,3 % du PIB, mais l'OTAN (et Donald Trump) ont placé la barre à 2 %. Selon Bernard Quintin, il a été question de les augmenter lors des négociations gouvernementales. Le montant exact n'a pas encore été fixé. Mais Quintin indique que 2 %, 2,5 % et même 3 % ne seraient pas hors de question.
L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a qualifié cette semaine de génocide la guerre menée par Israël à Gaza. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, qui a nommé Bernard Quintin ministre des affaires étrangères, soutient Israël. Quelle est la position de la Belgique aujourd'hui ?
"Georges-Louis Bouchez, le MR et le gouvernement sont favorables à une solution dans la région", déclare M. Quintin. "Il y a eu beaucoup trop de victimes innocentes. Il doit y avoir un cessez-le-feu, tous les otages doivent être libérés et une solution à deux États doit être élaborée. C'est la seule solution possible".
Rien n'a été promis en échange du poste éphémère de ministre des Affaires étrangères
La question demeure : pourquoi un diplomate professionnel comme Bernard Quintin a-t-il quitté un poste de premier plan en tant qu'ambassadeur à Washington pour devenir ministre d'un gouvernement chargé des affaires courantes pendant environ quatre semaines ?
"Je suis diplomate depuis 23 ans. Je représente et je défends l'État belge en Belgique et à l'étranger. Samedi dernier, j'ai reçu un coup de téléphone de Georges-Louis Bouchez. C'était une surprise totale, mais je n'ai pas hésité. Servir en tant que ministre des affaires étrangères, est un honneur."
Il n'en reste pas moins que ce choix est étonnant. La chance de devenir ambassadeur à Washington ne se représentera probablement plus. Georges-Louis Bouchez lui a-t-il promis quelque chose en retour ?
"Il ne m'a rien promis. Il m'a demandé de le faire en tant que serviteur de l'État et j'ai accepté".
Après ce mandat, Bernard Quintin pense retourner à la diplomatie. "Je ne me retrouverai pas au chômage après mon poste de ministre", a-t-il encore affirmé.

