Plus de 10 ans après le boycott de la Russie, les producteurs de poires belges semblent avoir trouvé un nouveau débouché. Les poires Conférence belges séduisent de plus en plus le marché brésilien depuis l’ouverture de ses frontières en 2017. Selon l'organisation de producteurs Belorta, le pays importe désormais 225 000 tonnes de poires. Si, par le passé, celles-ci provenaient principalement du Portugal et de l'Argentine, la demande de poires belges a augmenté ces dernières années.
Le Brésil devient un nouveau débouché pour les poires Conférence belges suite au boycott russe
Le 7 août 2014, une crise majeure a frappé de nombreux producteurs de poires en Belgique. Le Premier ministre russe, de l'époque Dmitri Medvedev décidait de boycotter tous les fruits, légumes, viandes, poissons, lait et produits laitiers en provenance de l'Occident. Cette décision faisait suite aux sanctions occidentales prises à l'encontre de la Russie pour l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée. À l'époque, quelque 60 % des poires du Limbourg et du Hageland étaient destinées à la Russie. Parmi elles, la poire Conférence était notre produit phare. À l'époque, ces ventes généraient environ 100 millions d'euros par an.
Cinq ans plus tard, en 2019, le secteur ne s’était toujours pas rétabli. Au cours de la même période, les tempêtes, le gel et la sécheresse ont détruit une grande partie de la récolte. En l'absence de réaction des pouvoirs publics, les agriculteurs ont décidé de prendre eux-mêmes des mesures, notamment en cultivant une nouvelle variété de poire ou en se tournant vers d'autres marchés tels que le Mexique, la Chine, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou la Biélorussie. Ce dernier pays, en particulier, a pu savourer nos poires jusqu'à ce que l'Union européenne interdise les exportations en 2022.
Un marché de 216 millions d'euros
Depuis, un nouveau marché s'est ouvert, le Brésil ayant décidé d'ouvrir ses frontières en 2017. Ce pays compte plus de 216 millions d'habitants. Globalement, il importe environ 225 000 tonnes de poires par an. Ces poires étaient auparavant importées principalement du Portugal et de l'Argentine, mais ces dernières années, la demande de poires belges, en particulier la poire Conférence de la marque Truval, a également augmenté. C'est le résultat d'années de campagnes de promotion (en ligne) et de dégustations menées par Belorta, la Belgian Fruit Valley et le Centre flamand pour le marketing de l'agriculture et de la pêche.
"Avec la 8e économie au monde, le Brésil a encore des défis à relever, mais il y a aussi une classe moyenne croissante qui s'intéresse de plus en plus aux produits de qualité. L'offre de poires domestiques étant limitée, la poire belge bénéficie d'une énorme opportunité de croissance", affirme aujourd'hui l'organisation de producteurs Belorta.
Belorta a donc conclu un partenariat avec un détaillant brésilien. Les deux parties s'engagent à travailler à l'amélioration des processus logistiques au Brésil et à partager leurs connaissances en matière de récolte, de livraison et de stockage des fruits. Le protocole a été signé lors de la mission princière en présence de la princesse Astrid et du ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA).
Truval, qui s'est principalement concentré sur l'État de São Paulo, souhaite à l'avenir s'étendre aux États voisins tels que le Mans Gerais, Rio de Janeiro, Paraná et la capitale Brasilia. Le premier est l'État du Rio Grande do Sul.
Entreprises et universités belges signent une trentaine de contrats à Sao Paulo
Une trentaine d'entreprises et d'universités prenant part à la mission économique au Brésil ont conclu un contrat avec des vis-à-vis locaux. Ces accords ont été signés mardi en fin d'après-midi à Sao Paulo, dans le cadre de la mission emmenée par la princesse Astrid.
"Toutes ces signatures constituent les premières traces concrètes de réussite de cette mission", a indiqué Fabienne L'Hoost, directrice générale de l'Agence du commerce extérieur, l'organe mettant sur pied ce type de mission, à raison de deux par an. L'agence a commencé ces expéditions en 2003. Le cap du millier de contrats devrait être atteint l'an prochain alors que les missions emmèneront des entreprises belges en Inde au printemps et en Californie à l'automne.
"Et ces chiffres ne sont qu'un début. On estime que pour chaque contrat signé ici, entre cinq et dix sont ensuite paraphés à moyen terme lorsque les entreprises reviennent en Belgique", précise Mme L'Hoost.
Rapprochements avec les universités de Bruxelles (ULB), de Gand et de Hasselt
Les entreprises signataires sont actives notamment dans la logistique, l'agroalimentaire et les biotechnologies, à l'instar de la société liégeoise Biosourcing. Avec son partenaire brésilien Fortgen, ils souhaitent rendre les produits biothérapeutiques tels que les anticorps monoclonaux disponibles et abordables pour la population brésilienne.
L'entreprise gembloutoise Fytofend, spécialisée dans la protection naturelle des végétaux, devrait avoir un meilleur accès au marché brésilien grâce au partenariat signé avec Biosani.
Quatre sociétés bruxelloises Fyteko, EDPO, Authentic Fruits, et l'ASBL Trias figurent aussi parmi les signataires.
Dans le domaine académique, l'université de Sao Paulo a effectué des rapprochements avec les universités de Bruxelles (ULB), de Gand et de Hasselt. Quelque 170 entreprises belges accompagnent la princesse Astrid au Brésil. Après quatre jours à Sao Paulo, la délégation se rendra mercredi après-midi à Rio de Janeiro.


