"J’ai déjà fait de nombreuses rencontres remplies d’espoir à la Conférence sur le climat, mais j’ai aussi vécu des moments où ma motivation a énormément chuté", expliquait à VRT NWS Daan Vandenberghe (20 ans), étudiant en Géographie à l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB). Il participe à la Conférence en Azerbaïdjan en tant que représentant de la jeunesse des Nations Unies pour la Flandre.
Daan Vandenberghe représente les jeunes Flamands à la COP29 : "Il faut continuer à se battre pour la jeune génération"
"Il y a 5 ans j’étais un des jeunes qui sont descendus dans la rue pour réclamer une politique climatique plus ambitieuse", explique Daan Vandenberghe. "Ensuite je me suis fortement engagé dans le Conseil de la Jeunesse, où j’ai compris que la crise climatique devait être résolue sur la scène internationale".
Cette année, Vandenberghe participe pour la première fois, en tant que membre du Conseil flamand de la Jeunesse, à la Conférence sur les changements climatiques, ensemble avec un collègue wallon. Le plus grand forum climatique au monde rassemble environ 200 pays pour tenter de trouver un accord sur la manière d’aborder au mieux le problème du changement climatique.
L’étudiant de 20 ans était très impatient d’arriver à la COP29, plein de grandes attentes. "Au début, j’étais submergé. Vous passez d’une salle de réunion à une autre, d’une discussion avec le Premier ministre à une autre avec un ministre. J’ai assisté à de nombreuses rencontres pleines d’espoir, avec des jeunes et des activistes pour le climat. Mais il y a aussi eu des moments où ma motivation en a pris un coup", admet Vandenberghe. "Quand j’entends dire que tout est bloqué dans les négociations sur la limitation des émissions, par exemple. Cela réduit ma motivation".
Un petit bureau belge
Avec le Conseil de la Jeunesse, Daan Vandenberghe est membre de la Coalition flamande pour le climat, qui aura divers moments de concertation et de réunion à la COP29 avec divers ministres belges et membres de délégations. Ce mercredi, il rencontrait ainsi le ministre bruxellois de l’Environnement, Alain Maron, avec d’autres jeunes et la délégation belge officielle.
Celle-ci possède un petit bureau dans le stade olympique de Bakou, qui a été élargi pour accueillir la Conférence sur le climat. Les jeunes espèrent ainsi pouvoir faire une petite différence et peser légèrement sur la politique climatique. Le Premier ministre belge Alexander De Croo a ainsi repris dans son discours officiel une suggestion des jeunes pour souligner l’importance de l’abandon progressif des carburants fossiles, indique Daan Vandenberghe.
Contre-productif
Vandenberghe a ouvert de grands yeux le week-end dernier lorsqu’il a fait une excursion en-dehors de la ville de Bakou, car le choix de l’Azerbaïdjan pour accueillir la COP29 est contesté. "Lorsque j’ai laissé derrière moi le blingbling de Bakou, j’ai immédiatement aperçu des installations pétrolières et gazières à la côte."
Le jeune étudiant estime que cette réalité peut-être contre-productive pour la Conférence de l’Onu, bien que le pays hôte étale des affiches écologiques et fasse des promesses sur une réduction de l’exploitation des énergies fossiles. "Le président de la COP joue en effet un rôle important. Et tout le contexte de la Conférence est important. Un pays qui prend au sérieux la lutte contre le réchauffement climatique aurait pu donner un coup de pouce aux décisions".
Un autre aspect déterminant est la situation du respect des droits de l’homme dans le pays hôte. "Cela nous a dissuadés d’organiser des manifestations. Ce n’est pas vraiment un environnement sûr pour les jeunes et les activistes du climat pour protester. Nous ne l’avons même pas envisagé. Je n’ai pas vu à Bakou des marches pour le climat comme celles qui ont eu lieu il y a quelques années à la COP de Glasgow".
Une COP grande et lourde ?
La COP est et reste un mécanisme grand et lourd, réalise Daan Vandenberghe. "Après les inondations à Valence en Espagne, je me suis dit que c’était un moment que nous pouvions saisir. Et pourtant je ne perçois souvent pas de sentiment d’urgence dans les négociations à Bakou". Les choses n’avancent pas vite, notamment parce que tant de pays doivent se mettre d’accord. Mais cela fait aussi la force de la COP29, comprend Vandenberghe : "Il faut rassembler tout le monde autour d’une table, sinon de nombreux pays décrocheront".
On peut aussi retourner le raisonnement : "Sans le protocole de Kyoto et sans l’accord de Paris, nous nous dirigerions vers un réchauffement de 4 degrés, au lieu des 3,1 degrés actuels. Chaque dixième de degré compte. Cela fait une grande différence, par exemple, dans le nombre de vagues de chaleur, de sécheresses et de tempêtes qui auront lieu de mon vivant".
"C’est la raison pour laquelle il est essentiel que la jeune génération continue à se battre, ne fusse que pour faire contrepoids aux 1.700 lobbyistes pour l’industrie fossile qui sont présents à Bakou", concluait Daan Vandenberghe.

