L'ancienne maison de repos et de soins "De Sterrewijzer" à Olen (province d'Anvers) est appelée à devenir dans quelques mois une maison de détention, qui devrait pouvoir accueillir ses premiers résidents dès le mois de mai 2025. Les travaux de transformation ont débuté fin octobre. L’installation de détenus qui doivent purger une peine de 3 ans maximum suscite des inquiétudes parmi les riverains.
Travaux d'aménagement : la maison de détention d'Olen accueillera ses premiers résidents au printemps
Les maisons de détention sont de petits établissements pénitentiaires fermés pouvant accueillir entre 45 et 60 personnes condamnées à une peine de prison de moins de trois ans. L'accent y est mis sur l'autonomie, l'apprentissage de la vie en commun, un emploi du temps utile et fixe, la formation et la recherche d'un emploi, ainsi que d'un lieu de séjour permanent pour après la période de détention.
Les résidents - un terme préféré à celui de détenus - assurent eux-mêmes, ensemble, les tâches ménagères. Avec l'aide d'accompagnateurs de détention, ils sont préparés dès le premier jour à une vie loin de la criminalité. Les personnes qui purgent leur peine dans une maison de détention doivent présenter un faible risque pour la sécurité et être clairement motivées pour travailler à leur réinsertion dans la société. Les individus condamnés pour infractions sexuelles ou terrorisme ne sont pas éligibles.
Les résidents ne sont autorisés à quitter la maison de détention que moyennant une permission de sortie. Ceux qui se comportent mal ou ne respectent pas les règles sont renvoyés en prison. Via les maisons de détention, le gouvernement tente de lutter contre les taux élevés de récidive et le manque de places dans les prisons qui en découle. "Les détenus encadrés dans les maisons se détention présentent moins de risques de récidive", indique notamment le ministre de la Justice sortant, Paul Van Tigchelt.
La première maison de détention du pays a été installée à Courtrai en 2022, également dans une ancienne maison de repos et de soins. La mise en service de la maison de détention de Forest a suivi en 2023. Outre Olen, d'autres maisons de détention sont prévues à Anvers, Tournai, Genk, Liège, Jemeppe-sur-Sambre, Ninove, Zelzate et Ostende.
Protestation des riverains
Les habitants du voisinage de la maison de repos d’Olen, qui est en cours de transformation pour accueillir la maison de détention, ne sont pas rassurés. "Nous le comprenons parfaitement”, indiquait le ministre de la Justice. "Les gens ont une image effrayante de détenus et craignent de l’insécurité. Il est important d’écouter les inquiétudes des riverains. Elle permettent de prendre des mesures pratiques, comme des vitres teintées au premier étage de la maison, pour éviter que les détenus n’aient une vue sur les jardins des voisins".
"A Courtrai, nous avons vu que les riverains se sont, à terme, impliqués dans le fonctionnement de la maison de détention. A Olen, le directeur de la maison de repos qui se trouve derrière ce bâtiment a déjà demandé comment il pouvait collaborer. Il n’est pas exclu que les résidents de la maison de détention fassent du bénévolat à la maison de repos". Une grande partie du jardin restera aussi accessible au public.
“Au début nous avons été surpris par la nouvelle du ministère de la Justice", expliquait à Radio 2 le futur bourgmestre d’Olen, Kris Gebruers (CD&V). "La communication ne s’est pas passée de façon idéale. Les riverains ont ainsi appris par la presse l’arrivée de la maison de détention. Entretemps, les choses ont été corrigées. Il y a eu des moments d’information et de discussion, et le soutien a grandi. Le système pénitentiaire a veillé à limiter les nuisances pour les riverains. Il est important que ce quartier d’Olen puisse rester sûr et viable".

