Les premiers ressortissants belges que les Affaires étrangères ont aidés à quitter le Liban avec un vol militaire affrété par les Pays-Bas arriveront ce vendredi vers 22h en bus à la base militaire de Melsbroek. C’est ce qu’a indiqué le cabinet de la ministre des Affaires étrangères, Hadja Lahbib. Elle précisait également que le journaliste Robin Ramaekers et le caméraman Stijn De Smet de la chaine commerciale flamande VTM, tous deux blessés à Beyrouth, "seront rapatriés dès que possible" de la capitale libanaise. Le journaliste Jens Franssen (VRT NWS) constate pour sa part à Beyrouth que la plupart des 1.800 Belges qui se trouvent au Liban ne veulent pas encore le quitter.
Les premiers Belges rapatriés du Liban arriveront à Melsbroek ce vendredi soir
Un Airbus militaire A330 a décollé en direction du Liban à 9h20. Il ramènera 150 Néerlandais, 55 Belges ainsi que des Irlandais et des Finlandais, a fait savoir le ministère néerlandais des Affaires étrangères dans la matinée. L'avion devrait se poser sur le tarmac de la base militaire d'Eindhoven aux Pays-Bas vers 20h. Les Belges qui se trouvent à son bord seront emmenés en bus à l’aéroport militaire de Melsbroek, en Brabant flamand.
D'autres Belges ont pu recevoir des places dans des vols commerciaux de la compagnie nationale libanaise Middle East Airlines en direction de Chypre et de la Turquie. Une concertation est en cours avec la France qui a dépêché un navire attendu dans les eaux libanaises ce week-end.
Le gouvernement fédéral a décidé d'aider les Belges qui souhaitent quitter le Liban. Dès mercredi, la Défense a fait savoir qu'elle était prête à mener une opération d'évacuation. Une initiative jugée prématurée actuellement, selon la ministre des Affaires étrangères, l'aéroport de Beyrouth restant accessible aux vols civils et militaires. Actuellement, quelque 200 des 1.800 Belges se trouvant au Liban ont signalé qu'ils voulaient quitter le pays.
Le journaliste Jens Franssen (VRT NWS) a pu constater à Beyrouth qu’une "grande majorité de Belges ne veulent pas encore quitter le pays, telle qu’est la situation pour le moment", alors que de lourds bombardements ont à nouveau eu lieu dans la capitale la nuit dernière.
Jens Franssen a parlé à un professeur belge à Beyrouth. Il a fait remarquer "qu’une très grande partie de la vie au Liban continue, aussi bizarre que cela puisse paraîtr". Cela vient du fait que beaucoup de citoyens considèrent qu’il s’agit d’une guerre civile entre Israël et le Hezbollah, et pas entre Israël et le Liban. Ils pensent que s’ils évitent les endroits où se cachent les membres du Hezbollah, ils devraient en principe être en sécurité.
"Les journalistes de VTM seront rapatriés dès que possible"
La ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib a également annoncé jeudi en séance plénière à la Chambre que le journaliste de VTM Robin Ramaekers et le caméraman Stijn De Smet seront rapatriés en Belgique dès que leur état de santé le permettra.
Les deux hommes ont été considérés comme des espions par la population locale alors qu’ils venaient faire un reportage dans un quartier bombardé de Beyrouth et ont été tabassés mercredi soir par certains citoyens. Le journaliste et le caméraman ont été immédiatement assistés par l'ambassade de Belgique. "Notre ambassade et tous ses employés sont à leur côté", a déclaré la ministre Lahbib. Elle connait les deux hommes puisqu’ils avaient couvert au printemps dernier une visite de travail de la ministre en Israël et en Cisjordanie.
Robin Ramaekers a pu quitter l'hôpital et se trouve dans un hôtel. Il a publié des photos de lui-même et son caméraman sur le réseau social X, avec ces mots : "Une blessure de balle, un orbite fracturé, des côtes qui font mal. Mais c’est avant tout intérieurement qu’il nous faudra du temps pour comprendre et digérer ce qui s’est passé".

