Le gouvernement fédéral réuni mercredi de manière électronique a décidé d'aider les Belges qui souhaitent quitter le Liban, en leur "fournissant" des places disponibles sur des vols commerciaux au départ de Beyrouth, ou en les plaçant dans des avions spécialement affrétés par d'autres pays européens pour rapatrier des ressortissants. Quelques dizaines de Belges rentreront ainsi au pays ce vendredi, via un vol néerlandais. Il ne s’agit donc pas (encore) d’un rapatriement belge de compatriotes. Quelque 180 Belges ont déjà manifesté leur souhait de quitter le Liban. D’autre part, un journaliste et un caméraman de la télévision commerciale flamande VTM ont été blessés à Beyrouth pendant un reportage. Ils sont soignés sur place.
La Belgique va aider plusieurs centaines de compatriotes à quitter le Liban, une équipe de VTM Nieuws blessée à Beyrouth
"Actuellement, moins d'une centaine de personnes ont indiqué vouloir quitter le Liban", précisait mercredi soir la ministre des Affaires étrangères Hadja Lahbib. L'ambassade de Belgique sur place va, sans attendre, vérifier si davantage de Belges souhaitent bénéficier d'un vol vers l'Europe. Ce jeudi après-midi, quelque 180 Belges avaient ainsi déjà signifié leur souhait de quitter le Liban. Et leur nombre devrait encore augmenter. L'ambassade à Beyrouth a contacté tous les Belges inscrits sur le site d'enregistrement des Affaires étrangères Travellers online, a complété la ministre Lahbib.
Les détails pratiques des vols étrangers ne sont pas encore tous connus, mais l'objectif est d'offrir une solution "le plus rapidement possible" à chaque Belge qui souhaite quitter le Liban, assurent les Affaires étrangères. "Nous avons plusieurs possibilités à leur offrir", indiquait Lahbib à VRT NWS (vidéo). "Dans le cadre de l’entraide européenne, nous avons un accord avec les Pays-Bas, qui vont affréter un avion. Nous avons aussi un accord avec la compagnie aérienne commerciale Middle East Airlines, qui va réserver des places sur ses vols pour les Belges qui souhaitent rentrer au pays".
Il ne s’agit donc pas encore d’une véritable opération de rapatriement menée par la Belgique. Mais "un avion militaire belge sera prêt à partir, si nécessaire", précisait la ministre des Affaires étrangères. Il y aurait actuellement quelque 1.800 Belges au Liban.
Ce jeudi après-midi, Hadja Lahbib annonçait en séance plénière de la Chambre que quelques dizaines de Belges seront rapatriés ce vendredi du Liban. Ils seront de retour en Belgique via un vol néerlandais.
Parallèlement, la Défense se tient prête, si une intervention de sa part s'avérait nécessaire. "Une équipe opérationnelle de liaison et de reconnaissance" va s'envoler "dès ce jeudi pour Chypre", communiquait mercredi soir la ministre Ludivine Dedonder. Cette équipe pourra être utile si une évacuation devient nécessaire.
La ministre assure que la Défense a en permanence ajusté son dispositif, ces derniers mois, en fonction de la situation sécuritaire dans la région, et avec pour but de pouvoir assurer la sécurité des ressortissants belges présents sur place. "La Défense est donc prête à intervenir et à évacuer les Belges et ayants droit (...) dès lors qu'un signal nous est donné".
Un journaliste et un caméraman de VTM blessés à Beyrouth
La nuit dernière, le journaliste de guerre belge Robin Ramaekers et le caméraman Stijn De Smet, travaillant tous deux pour la chaîne flamande privée VTM, ont été blessés à Beyrouth pendant un reportage dans le quartier de Bachoura.
En compagnie de leur "fixer" (personne intermédiaire locale qui assiste les journalistes sur place), les deux Belges s’étaient rendus dans le centre de Beyrouth pour y constater l’impact des bombardements récents. Une foule en colère contre ces bombardements s’est alors retournée contre les journalistes flamands et les a attaqués.
Robin Ramaekers est entretemps soigné dans un hôpital pour des fractures au visage, tandis que Stijn De Smet aurait une blessure de balle à la jambe et est soigné dans un autre hôpital. Les familles des deux Belges ont été prévenues.
Le quotidien Het Laatste Nieuws précise que le journaliste et le caméraman, compte tenu des circonstances, se portent bien.


