Le personnel n’avait toujours pas repris le travail ce jeudi après-midi sur le site d'Audi Brussels à Forest, deux jours après la pause estivale. Il réclame plus de précisions sur son avenir, alors que la direction a annoncé une importante restructuration qui menace quelque 2.600 emplois. "La situation est la même que mercredi et nous nous concentrons sur la communication avec les travailleurs", précisait Peter D'hoore, porte-parole de l'entreprise. D’après le Parti du travail de Belgique, la direction du constructeur automobile a refusé une visite parlementaire à l’intérieur de l’entreprise. Le président de la commission des Affaires sociales de la Chambre, Denis Ducarme, a cependant annoncé en fin de journée que la direction d'Audi Brussels a finalement accepté de recevoir une délégation parlementaire. La visite sera organisée dans les 10 à 12 jours.
Le travail n'a toujours pas repris à l'usine Audi Brussels, la direction y accepte finalement une visite parlementaire
Ce mercredi devait marquer la rentrée pour les travailleurs de l'atelier tôlerie (carrosserie) du site bruxellois, mais ouvriers et employés ont appris la veille qu'aucun modèle ne serait plus attribué à l'usine par la maison-mère Volkswagen. Les équipes de 6h et 14h ont décidé de ne pas prendre leur poste mercredi et se sont entretenues avec leurs délégués syndicaux. Sans activité à la division tôlerie, il était prévisible que les autres ateliers ne travaillent pas. "C'est la base de tout. Si cette unité ne démarre pas, le reste ne peut pas suivre", avait précisé Franki De Schrijver de l'ABVV/FGTB.
Ce jeudi, la direction a confirmé que le travail n’avait toujours pas repris sur le site bruxellois, l'équipe du matin de l'atelier peinture ne s’étant pas mise au travail. "Nous voulons informer notre personnel et leur donner l'opportunité de se parler. Nous comprenons que les gens ont des questions, et nous essayons d'y répondre. Nous comprenons que ce processus prenne du temps", précisait le porte-parole.
La direction accepte une délégation parlementaire
Ce jeudi midi, le Parti du travail de Belgique indiquait que la direction d'Audi Brussels a refusé définitivement une visite parlementaire à l'intérieur de l'entreprise. Le PTB demande dès lors la tenue d'une commission parlementaire la semaine prochaine pour convoquer la direction d'Audi Brussels. "Nous voulons des explications sur ce refus", déclarait le député Robin Tonniau, également ancien ouvrier chez Volkswagen à Forest. "Beaucoup de subsides publics ont été injectés dans cette entreprise. Les travailleurs d'Audi et des sous-traitants méritent des éclaircissements. Nous ne resterons pas les bras croisés pour encourager toutes les alternatives industrielles possibles au site."
Le PS réclame également la tenue d'une telle commission. Mercredi, le président de la commission des Affaires sociales de la Chambre, Denis Ducarme (MR), s'était dit "stupéfait" du refus de la direction d'Audi de recevoir une délégation parlementaire à son usine de Forest tant que le travail n'y a pas repris. Le député disait attendre une réponse du constructeur automobile allemand pour ce jeudi, sans quoi il "précipiterait" la tenue d'une réunion de commission.
En fin de journée, Denis Ducarme annonçait qu'après plusieurs jours de tergiversations, la direction d'Audi Brussels a finalement accepté de recevoir une délégation parlementaire. "Audi est revenu à la raison", a-t-il commenté le président de la commission des Affaires sociales de la Chambre. La visite sera organisée dans les 10 à 12 jours maximum.
En cas de fermeture, la Flandre veut récupérer ses financements
Le gouvernement flamand compte bien tenter de récupérer les financements qu’il a octroyés ces dernières années pour soutenir la transformation de l'usine Audi de Forest, si elle fermait ses portes avant fin 2026, déclarait mercredi le ministre de l'Economie Jo Brouns (photo).
Il est question de plus de 6 millions d'euros sur les 10 dernières années, des financements qui devaient aider Audi Brussels à se réorienter stratégiquement. Les financements étaient cependant assortis de conditions, indique le ministre sortant. Une fermeture de l'usine dans les 10 ans après la demande de soutien doit en principe mener à un recouvrement de l'argent.
"Si l'usine ferme avant le 21 décembre 2026, l'agence flamande en charge de l'innovation et de l'entreprise réclamera le soutien qu'elle avait accordé", répondait le ministre à la question d'un élu du Vlaams Belang.

