L’imam gantoise Khalid Benhaddou, qui avait été désigné comme médiateur entre les activistes pro-palestiniens et l'Université de Gand, met un terme à sa mission. Il avait été nommé il y a 10 jours. Pour l'instant, il n'y aura donc pas de fin à l'occupation. Selon lui, les activistes ne veulent pas parvenir à un compromis.
Khalid Benhaddou n’est plus médiateur entre l'UGent et les activistes pro-palestiniens : "Ils refusent de faire des compromis"
Il y a 10 jours, Khalid Benhaddou a été nommé médiateur à la demande du bourgmestre de Gand. "Cette nomination a été acceptée par les deux parties. Au début, j'ai réussi à les mettre autour de la table. Une escalade a pu être évitée. Mais après l'avis de la commission des droits de l'homme de l'UGent et les réactions qu'il a suscitées, j'ai voulu savoir si un compromis était encore possible", a précisé Khalid Benhaddou.
L'UGent a déclaré la semaine dernière que les collaborations avec les institutions israéliennes seraient interrompues, mais les étudiants souhaitent également que l'université cesse de collaborer avec les entreprises israéliennes et qu'elle consacre davantage d'efforts à la durabilité et au climat. "Le week-end dernier, j'ai élaboré une proposition pour voir s'il y avait encore une volonté de parvenir à un compromis. J'ai senti que sinon, je ne pourrais plus progresser".
"Une partie a dit très clairement qu'elle ne voulait pas faire de compromis sur leurs exigences. Pour moi, la médiation a pris fin de facto. On peut mener un cheval à l'abreuvoir mais pas le forcer à boire. Ma mission s'arrête donc".
Les militants maintiennent leurs revendications
Les activistes et étudiants installés dans le bâtiment UFO de l'université de Gand (UGent) continueront à occuper les lieux. L'université avait annoncé la semaine dernière qu'elle allait mettre fin à sa collaboration avec les universités israéliennes, mais les militants - dont le groupe pro-palestinien Students For Palestine et le mouvement écologiste End Fossil Gent - ne sont pas satisfaits.
Dans notre lutte pour la solidarité avec une Palestine libre, notre exigence d'un boycott académique complet ne peut être négociée, pas plus que nous ne pouvons, dans notre lutte pour la justice climatique, négocier nos exigences d'actions concrètes en matière de durabilité", ont déclaré les occupants lundi soir.
"Nous restons ouverts au dialogue avec notre université sur la manière dont ces demandes peuvent être satisfaites." Jeudi prochain, cela fera un mois que le bâtiment universitaire est occupé. Depuis le 6 mai, un noyau dur d'activistes a installé des tentes dans le hall d'entrée du bâtiment UFO et a coloré le bâtiment de drapeaux et de banderoles. L'action a reçu le soutien d'un groupe de membres du personnel et de professeurs, ainsi que de sympathisants à l'extérieur de l'université. Aux heures d'affluence, des centaines de manifestants étaient présents. Entre-temps, près de 40 professeurs nationaux et internationaux se sont également opposés aux mesures de boycott des universités israéliennes et d'autres institutions en réponse à la violence et aux violations des droits de l'homme dans la région.
"Selon nous, le processus de médiation s'est progressivement transformé en une voie à sens unique", affirment les occupants. On nous a dit que l'université avait fait un "compromis" et répondu à nos demandes en rompant ses liens avec les institutions israéliennes, complices de graves violations des droits de l'homme.
Dans le même temps, nous avons été accusés de ne pas être ouverts au compromis. Existe-t-il un compromis lorsqu'il s'agit de génocide et de climat?", a-t-on répété lundi soir.
Va-t-on vers une évacuation ?
Les négociations entre les militants pro-palestiniens et UGent ont donc échoué. Cela augmente la probabilité d'une évacuation obligatoire du bâtiment universitaire.
"Ils sont maintenant à la recherche d'un facilitateur. C'est-à-dire quelqu'un qui négocie en leur nom et représente leurs intérêts. Mais ce n'est pas le rôle d'un médiateur, qui invite les deux parties à chercher un terrain d'entente".
"Dans la communication qui m'a été faite hier soir, il a été à nouveau souligné que les activistes ne veulent pas parvenir à un compromis. Si l'une des parties s'y refuse résolument, la médiation n'est plus possible en ce qui me concerne", a conclu Khalid Benhaddou.

