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L'analyse d'Ivan De Vadder : "A 13 jours des élections, ça passe ou ça casse !" 

Plus que 13 fois dormir et ce sera le grand jour des élections. Pour de nombreux partis et hommes politiques, "ça passe ou sa casse !", écrit Ivan De Vadder, journaliste politique à la VRT. Dans 13 jours, nous serons face à une nouvelle réalité politique. Les partis politiques veulent profiter de ces derniers jours pour tenter d’encore séduire les électeurs indécis.

Ivan De Vadder Eric Steffens
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1. De l'autre côté de la frontière linguistique

Le sondage réalisé par nos collègues de Het Laatste Nieuws et du Soir, vendredi dernier, a donné des indications intéressantes, en particulier pour la Belgique francophone. Deux partis se sont clairement positionnés différemment par rapport à 2019 : Le MR est devenu un parti plus à droite, et Les Engagés, qui était 'schotché' au PS durant la période de la présidence de Joëlle Milquet, a maintenant glissé à droite et se retrouve plus au centre.

Si l’on en croit les sondages, le MR est aujourd'hui (si l'on combine Bruxelles et la Wallonie) le plus grand parti du côté francophone. Et Les Engagés, le parti qui a le plus progressé. Ce qui ouvre des perspectives pour les partis flamands de droite.

Tant le MR - qui a déjà fait une offre à la N-VA - que l'Open VLD voient maintenant une opportunité de former un bloc" pour un gouvernement de centre-droit avec la N-VA. Mais dans l’émission télévisée "Het duel" (VTM News), le président de la N-VA, Bart De Wever, n'a pas immédiatement accepté la main tendue de la figure de proue de l'Open VLD, Alexander De Croo.

Et puis de manière plus anecdotique en Belgique francophone, les six partis actuellement représentés dans les différents parlements n'atteignent que 91 %. Les "autres" partis atteignent donc 9 %, dont 3,2 % pour le parti de la droite radicale et 2,2 % pour la N-VA.

2. Enfin un thème électoral ?

Ivan De Vadder a déclaré précédemment qu'aucun thème dominant n'avait encore émergé au cours de cette campagne électorale. Or, à présent, il pense qu’il y en a un : "le Vlaams Belang". Les politologues affirment que le parti qui parvient à faire de son thème le thème dominant d'une campagne électorale a de bonnes chances de l'emporter dans les urnes. Mais que se passe-t-il lorsque c’est le parti lui-même est devenu le thème dominant ? Cela joue-t-il également en faveur de ce parti ? Ivan De Vadder pense que oui.

La campagne électorale avait commencé par la projection "sauvage" du slogan de Vooruit, " Het is Vooruit of het is achteruit' (En avant ou en arrière), sur la façade du siège du Vlaams Belang. Et ce dimanche lors de la journée des candidats de son parti, la présidente de Vooruit, Melissa Depraetere, a déclaré que "l'extrême droite était l'enjeu des élections".

Elle a énuméré ce que le Vlaams Belang voulait, selon elle : "Diviser le pays, mettre les femmes au foyer, pas de droits aux enfants pour les couples homosexuels, apprendre aux jeunes à se battre à l'école, tout le monde portant un spray au poivre et l'enrôlement obligatoire dans l'armée". Melissa Depraetere parle d'un "programme rance typique de l'extrême droite".

De son côté Groen est particulièrement alarmé par le fait que les droits des femmes et de la communauté LBGTQ puissent être réduits si le Vlaams Belang arrive au pouvoir. 40 mandataires et candidates avec leur coprésidente Nadia Naji ont revêtu les habits des  "Servantes écarlates", (The handmaid's tale) posant en robe longue rouge et cornette blanche en plein centre de Bruxelles lors de la semaine arc-en-ciel qui est aussi celle de la Brussels Pride. Le conte des servantes écarlates est un roman de science-fiction dystopique dans lequel les femmes sont considérées comme des poules couveuses.

Dimanche, l’émission "De Zevende Dag" a débattu sur le thème des genres et de savoir s'il était permis d'aborder ce thème à l’école. "Ce qui pose problème au Vlaams Belang, c'est qu’un ressenti personnel puisse s'accompagner de droits. "Les passeports, les toilettes et notre langue doivent être adaptés", a déclaré le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken.

Tom Van Grieken a lui-même réagi avec satisfaction à ce débat, en déclarant sur les réseaux sociaux qu'il s'agissait d'un débat que le parti "n'avait pas demandé lui-même" : "La gauche avait pensé pouvoir nous "démasquer", mais c'est tout le contraire qui c’est produit".

3. N-VA et Vlaams Belang vont-ils former une majorité ?

Et puis il y a l'éternelle question de savoir si la N-VA formera une coalition avec le Vlaams Belang. Une question qui se pose depuis un certain temps déjà, rue de la Loi, mais qui a été alimentée récemment par le succès du PVV, le parti frère néerlandais de Geert Wilders. Ce parti est parvenu à conclure un accord de principe pour un nouveau gouvernement aux Pays-Bas.

Ce succès a clairement montré qu'un vote pour un parti comme le PVV ou le Vlaams Belang n'est plus un vote perdu. Mais dans l'émission "Eerste keus" diffusée dimanche soir sur la VRT 1, le président de la N-VA, Bart De Wever, a déclaré, pour la première fois sans détour, que son parti ne formerait pas de gouvernement avec le Vlaams Belang. "La réponse est carrément non". Dans De Standaard, Bart De Wever a expliqué pourquoi il existe une "muraille de Chine" entre son parti et le Vlaams Belang. "Lorsque Van Grieken parle des personnes LGBT, nous ne sommes fondamentalement plus du même avis".

"L'émancipation des personnes ayant une identité sexuelle différente au cours des dernières décennies est un processus que nous devons poursuivre. Alors oui, je vois une "Grande Muraille de Chine" entre nous et le Vlaams Belang. Elle est là où elle a toujours été".

C'est précisément le débat que Tom Van Grieken n'avait pas demandé qui a poussé le président de la N-VA, Bart De Wever, à dessiner sa muraille de Chine. Tout comme Lucienne Colpaert, 77 ans, de Dendermonde, qui était également dans le studio de "De Zevende Dag" et qui en s’adressant à Tom Van Grieken a déclaré : "Je suis plus de deux fois plus âgée que vous mais pourtant lorsque vous proclamez de telles opinions, je me sens plus moderne que vous. Moi je n'ai aucun problème avec tout cela".

Les élections, c’est dans 13 jours !  

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