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Le Secrétaire d'Etat chargé de la Politique scientifique, Thomas Dermine, consultant la collection d'anciens journaux conservée à KBR

La Bibliothèque royale de Belgique va numériser 4 millions de pages de la presse quotidienne d'ici 2027

La Bibliothèque royale de Belgique (KBR) poursuit son entreprise de numérisation de journaux anciens sur l'interface BelgicaPress. D'ici 2027, quatre millions de pages imprimées durant la seconde moitié du 20e siècle viendront doubler la collection déjà accessible en ligne. Il s’agit du plus grand projet de numérisation de masse mené par KBR depuis 15 ans. Il offrira au public la possibilité de consulter en ligne des journaux belges datant notamment de 1951 à 1989.

Anne François Belga
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Il y a tout juste neuf ans, l'établissement fédéral lançait le service BelgicaPress , une interface avancée permettant de consulter depuis son fauteuil les anciennes éditions de 139 titres belges de la presse quotidienne. Le premier volet de ce vaste travail s'était concentré sur l'éventail compris entre la fin des périodes française (1814-1815) et hollandaise (1815-1830) et le 31 décembre 1950. La KBR s'attèle maintenant aux années 1951 à 1989. Elle souhaite en effet "doubler l'offre accessible sur les trois années à venir et faciliter la recherche sur la seconde moitié du 20e siècle, qui est une période très demandée par le public".

Deux titres ont déjà pris un peu d'avance. Le quotidien national Le Soir a ainsi déjà été numérisé jusqu'à l'année 1970 incluse grâce à une collaboration entre l'éditeur, la KBR et les archives de la Ville de Bruxelles au début des années 2000. Le Drapeau rouge, journal puis hebdomadaire communiste, a pour sa part été numérisé jusqu'à l'année 1982 grâce à un accord passé avec le détenteur des droits. En effet, seuls les journaux antérieurs à 1918 sont libres de droits.

Les longues rangées de recueils de la presse quotidienne belge, à la KBR, qui sont progressivement numérisés

L'année 1989 est considérée comme charnière puisqu’à partir de 1990 les éditeurs de presse ont commencé à produire leurs matrices au format numérique. Certains disposent d’archives numériques, d’autres pas. La période postérieure à 1989 devra dès lors faire l'objet d'une analyse spécifique pour poursuivre le projet de numérisation.

Reconnaissance optique de caractères

Les journaux anciens sont très fragiles. Grâce au procédé de reconnaissance optique de caractères (OCR), le portail propose déjà 3.952.430 pages en ligne en mode plein texte aux scientifiques et simples curieux qui veulent effectuer des recherches dans les documents numérisés.

L'an dernier, BelgicaPress a été l’interface de KBR la plus consultée. Elle a enregistré 129.000 consultations en ligne, principalement dans le cadre de recherches scientifiques, journalistiques et d'illustration pour l'enseignement. Plus rarement, l'outil a également servi pour des affaires judiciaires et dans un cadre légal. Pour y accéder, il suffit de se créer un compte (gratuit) "MyKBR" sur le site de la Bibliothèque royale.

Dans le cadre du nouveau projet de numérisation accélérée, la KBR travaillera avec un prestataire de services qui a été retenu au terme d’un appel d’offres général au niveau européen : la firme néerlandaise GMS. Financé sur fonds propres, ce projet ambitieux se chiffre à "plusieurs centaines de milliers d'euros", indique la KBR sans plus de précision. La sélection des titres numérisés prend en compte la représentativité géographique, philosophique, idéologique et linguistique de la presse belge.

"À travers ce projet, KBR participe aussi aux évolutions numériques de la société et travaille chaque jour à rendre ses collections plus accessibles", se réjouit Sara Lammens, directrice générale de la Bibliothèque royale de Belgique. Quant au Secrétaire d’Etat chargé de la Politique scientifique, Thomas Dermine, il estime que "la numérisation de la presse quotidienne belge par la KBR ouvre une mine de connaissances historiques à un large public. En doublant cette offre, nous souhaitons accroître l'accessibilité de notre collection et encourager la recherche sur cette période".

On se souviendra que la KBR s’est aussi associée récemment à Google Books - le service de numérisation et de mise en ligne de livres lancé fin 2004 par l’entreprise américaine de services technologiques Google - pour numériser, en trois ans, quelque 100.000 livres de la Bibliothèque royale.

La collaboration devrait permettre d'augmenter considérablement le nombre d'ouvrages des collections de la KBR disponibles en ligne d'ici 2026.

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