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De la taxe des millionnaires à l’augmentation du pouvoir d’achat : voici quelques promesses des partis en ce 1er mai

Le jour de la fête du travail est traditionnellement un moment fort au cours duquel les partis politiques dévoilent leurs politiques sociales. À 39 jours des élections, les promesses fusent déjà cette année. Le PVDA-PTB, Vooruit, le Vlaams Belang, le MR et le PS se sont tous adressés à leurs électeurs ce mercredi matin.

Eric Steffens Belga
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Le PTB-PVDA tend la main au Vooruit

"Voter pour le PVDA est le seul vote stratégique de la gauche le 9 juin. Un vote pour le PVDA est un vote pour une coalition de gauche et pour un bloc de gauche qui fait de l'équité fiscale et du pouvoir d'achat un point de rupture", a déclaré le président du parti, Raoul Hedebouw, sur la place Anneessens à Bruxelles.

En Flandre, le PTB-PVDA -qui est le seul parti national et unitaire du pays- a de grandes ambitions et pourrait devenir le 3e parti, derrière le Vlaams Belang et la N-VA. Raoul Hedebouw n'a pas manqué de tacler les socialistes flamands de Vooruit. "La présidente (de Vooruit) Melissa Depraetere déclare qu'elle préférerait gouverner avec la N-VA plutôt qu'avec le PTB", a relevé M. Hedebouw.

"Aujourd'hui, la triste vérité est que si vous votez pour Vooruit, vous obtenez la N-VA gratuitement." Pourtant, un "mariage entre socialistes et nationalistes n'est pas inévitable", souligne-t-il, appelant à plébisciter une "alternative à gauche". Le PTB-PVDA continue cependant à tendre la main à Vooruit.

"Soit nous travaillons ensemble pour obtenir une véritable taxe sur les millionnaires, des salaires plus élevés et un retour à l'âge de la retraite à 65 ans, soit Vooruit, avec la N-VA, continuera à bloquer nos salaires et à économiser des milliards dans nos soins de santé et notre sécurité sociale."

Raoul Hedebouw, président du Parti du travail de Belgique (PTB-PVDA)

Le Vlaams Belang lie hausse de pouvoir d'achat des flamands et restriction d'accès à la sécu

Le Vlaams Belang a proposé mercredi un plan visant à augmenter le pouvoir d'achat de "chaque flamand qui travaille d'au moins 239 euros nets supplémentaires par mois. "De cette manière, nous rendrons le travail à nouveau rentable", a déclaré Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang, lors de la journée de la famille organisée par son parti à Plopsaland, à La Panne.

Toujours d'après le leader du parti de la droite radicale, ce plan coûte 8,5 milliards d'euros dont le financement peut être obtenu via l'autonomie de la Flandre en matière de fiscalité (5,3 milliards) et de sécurité sociale (2,2 milliards). Le Belang propose de pêcher le reste (1,1 milliard) dans la "facture de l'asile".

De plus, le Vlaams Belang entend limiter l'accès à la sécurité sociale aux personnes qui ont séjourné légalement dans le pays depuis au moins huit ans, ont travaillé à temps plein durant au moins trois ans, et ont une maîtrise du néerlandais de niveau B1.

Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang.

Pour Vooruit la scission du pays mènera aux mêmes échecs que le Brexit

Dans son discours à l'occasion de la fête du travail, l'ex-président de Vooruit, Conner Rousseau, qui poussera la liste de son parti en Flandre orientale, a mis en garde, mercredi, contre la scission du pays telle que proposée par le Vlaams Belang.

Selon le ténor socialiste, c'est un scénario de type Brexit qui se profile, emmenant son lot de détérioration de la situation des travailleurs, des soins de santé et de l'économie. "Je suis très inquiet lorsque j'entends le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, dire qu'il remet la scission de la Belgique sur la table", a-t-il déclaré, s'exprimant dans sa ville natale de Saint-Nicolas.

Conner Rousseau a établi une comparaison du projet des extrémistes flamands avec le Brexit, l'opération de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. "L'extrême droite avait promis que le départ de l'Europe, serait bon pour les travailleurs, pour les soins de santé et pour l'économie. Mais après une décennie de palabres, elle a obtenu une régression pour les travailleurs, une régression pour les soins de santé et une économie qui se porte plus mal."

"Je ne veux pas d'un Brexit en Belgique", a déclaré Rousseau. "Nous n'avons pas le temps de passer 10, 20, 30 ans à négocier la fin du pays." Vooruit veut offrir des "solutions" aux travailleurs, a-t-il déclaré: "un salaire plus élevé, des investissements supplémentaires dans les soins de santé, une économie forte".

Conner Rousseau, l'ex-président de Vooruit.

PS et MR se renvoient la balle

De l'autre côté de la frontière linguistique, le PS a fait du relèvement des salaires sa priorité en vue du 9 juin et en fera un point incontournable dans la formation d'un gouvernement, a averti mercredi le président, Paul Magnette, à l'occasion de la fête du 1er mai.

"Je prends cet engagement solennel : si nous entrons dans un gouvernement, nous augmenterons les salaires. Et si les autres ne veulent pas, ce sera sans les socialistes", a-t-il déclaré devant les militants de son parti réunis à Charleroi. Le PS a mis en avant une nouvelle augmentation du salaire minimum de 400 euros, après les mesures déjà prises sous cette législature, et une réforme fiscale qui offrira un gain net de 300 euros pour les bas et moyens salaires.

Le MR, qui souhaite former un bloc avec le CD&V, n'a pas manqué d'être critiqué. Selon le PS, un tel scénario conduit à un gouvernement de droite. "Nous en connaissons les ravages. Nous devons nous battre contre cela le 9 juin", a déclaré le secrétaire d'État Thomas Dermine.

À une cinquantaine de kilomètres de là, à Jemappes, dans la province du Hainaut, le président du MR, Georges-Louis, lui a renvoyé la balle. "J'ai passé mon enfance à 500 mètres d'ci, à la rue Jules Destrée. J'avais toutes les qualités pour devenir socialiste... mais je les connais trop bien. J'ai pu voir ce que l'assistanat et le trop plein d'aides sociales pouvait amener : ça a détruit l'espérance, les territoires et ça a réduit considérablement les horizons et les perspectives de milliers de jeunes et d'enfants", a-t-il lancé. 

Les objectifs du MR comprennent l'augmentation de l'abattement fiscal et la réduction de l'impôt sur les sociétés à 15 % pour les PME.

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