Une analyse sur six de l'eau potable en Flandre ne satisfait pas aux normes les plus exigeantes relatives aux PFAS, surnommés "polluants éternels". L’information est rapportée par le journal De Tijd mercredi sur base des chiffres les plus récents de l'agence flamande de l'environnement (VMM). Dans les régions de Hal, Louvain, dans le Limbourg oriental et une grande partie de la Flandre orientale, les concentrations de PFAS sont trop élevées. Les coûts pour assainir suffisamment les eaux se chiffrent en millions d'euros. Mais selon la ministre Zuhal Demir, "l'eau potable, en Flandre, répond déjà aux normes de 2026".
1 échantillon d'eau potable flamand sur 6 ne satisfait pas aux normes les plus exigeantes relatives aux PFAS
L'agence s'est basée sur les normes établies par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), pour les quatre PFAS les plus communs et nocifs (PFOS, PFOA, PFHxS en PFNA). L'EFSA a fixé la limite à quatre nanogrammes de ces substances par litre d'eau. Celle-ci était dépassée en 2022 dans 16,1% des mesures de l'eau du robinet et des analyses du réseau de distribution d'eau potable au nord du pays.
Dans certaines régions, la pollution aux PFAS est plus marquée qu'ailleurs. Par exemple, aux alentours de Hal, la concentration moyenne en 2022 dépassait 20 nanogrammes par litre, avec parfois même des pics à plus de 50 nanogrammes par litre, soit 12 fois plus que la valeur cible.
Les concentrations sont aussi trop élevées dans la périphérie bruxelloise, à Louvain et ses environs, dans de larges parties de Flandre-Orientale et à l'ouest du Limbourg.
Par contre dans la région de Zwijndrecht, où est installée l'usine 3M, les limites sont bien respectées. Les sociétés de distribution des eaux qui alimentent la région s'approvisionnent dans le canal Albert, qui a été relativement épargné par ces "polluants éternels".
Que sont les PFAS ? Les PFAS sont des substances chimiques qui peuvent s'accumuler dans le corps humain et présenter des risques pour la santé qui ne sont souvent perceptibles qu'à long terme. Par exemple, les PFAS peuvent affecter le système immunitaire et être potentiellement cancérigènes. Ces "polluants éternels" font la une de l’actualité depuis le scandale 3M.
"En Flandre, l'eau potable répond déjà aux normes de 2026", affirme la ministre Demir
Partout en Flandre, l'eau potable répond déjà à la norme qui ne sera introduite qu'en 2026, a affirmé la ministre régionale de l'Environnement, Zuhal Demir (N-VA) alors qu'elle était interrogée, mercredi, par les députés Mieke Schauvliege (Groen) et Stijn De Roo (CD&V).
"Il existe une norme européenne contraignante pour l'eau potable de 100 nanogrammes par litre", a rappelé Zuhal Demir aux députés flamands. "Cette norme sera d'application à partir de 2026 et notre eau potable y est déjà conforme aujourd'hui. L'EFSA-4 n'est pas une norme mais une valeur cible, que nous respectons déjà dans 84% des cas", a-t-elle ajouté. Selon la ministre, il n'y a donc pas lieu de paniquer. "L'eau en bouteille contient actuellement plus de PFAS que la valeur cible pour l'eau du robinet", a-t-elle illustré.

