L'entreprise chimique américaine 3M a comparu pour la première fois mercredi devant le tribunal de première instance d'Anvers. Le collectif citoyen Darkwater3M, qui représente plus de 500 familles - soit environ 1.400 personnes - vivant à proximité de l'usine 3M à Zwijndrecht (Anvers), a assigné la société en justice l'an dernier pour avoir émis des substances nocives PFAS à Zwijndrecht et ses environs.
1.400 citoyens en procès à Anvers contre l'entreprise américaine 3M
Le collectif citoyen Darkwater3M a deux procédures pendantes à l'encontre de 3M. La première, fondée sur les nuisances de voisinage à Zwijndrecht, sera abordée le 14 mai à Anvers. La seconde, menée à l'encontre de la maison-mère américaine, a été introduite ce mercredi devant la justice anversoise et se poursuivra en novembre. Ce volet porte sur la pollution aux PFAS et sur les concentrations de ces substances chimiques dans le sang des riverains.
Depuis un certain temps toutefois, 3M mène une politique d'indemnisation des habitants de Zwijndrecht et est en train d'assainir le site. "Mais nous avons peu de vue sur ces opérations", reproche l'avocat du collectif, Geert Lenssens. "Les gens doivent signer un contrat afin de recevoir l'argent. Mais ils doivent dans le même temps renoncer à certains droits."
En citant directement la maison-mère, le collectif souhaite surtout éviter une éventuelle demande d'insolvabilité de la branche belge, qui l'empêcherait d'indemniser les plaignants, en cas de condamnation. Les avocats estiment les dommages subis à plusieurs milliards d'euros.
Le montant actuellement réclamé est de 28 millions d'euros, une somme encore provisoire qui concerne la perte de jouissance des terres (pour les personnes qui ne peuvent plus consommer leurs propres légumes, fruits et œufs), ainsi que le préjudice moral subi. Selon les avocats, ce montant pourrait être bien plus élevé si l'on tient compte des frais de dépollution et des dommages humains.
Les décisions prises aux Etats-Unis
"Le collectif a la preuve que toutes les décisions sont prises depuis la direction américaine de 3M. C’est à tel point que l’entreprise aux USA savait depuis des dizaines d’années que les PFAS sont très nocifs pour l’être humain. Mais elle a continué sa production”, indique Geert Lenssens.
"D’autre part, le collectif sait que le site belge de 3M ne va sans doute jamais parvenir à s’acquitter de toute l’indemnisation". En citant en justice 3M USA, le Collectif citoyen veut avant tout éviter que la branche belge de 3M invoque l’insolvabilité, pour ne pas devoir dédommager les plaignants.
