Les principaux ministres du gouvernement flamand ont rencontré ce lundi après-midi des représentants des banques BNP Paribas Fortis, KBC, Belfius et ING, pour examiner avec eux les différents scénarios pour l'avenir du constructeur de bus Van Hool en Flandre. L'entreprise installée à Lierre, en province anversoise, est en difficultés financières et a annoncé vouloir se séparer de 834 travailleurs cette année, et 1.116 au total dans les quatre ans. "Les banques ne disent pour l’instant pas non à Van Hool, mais ce sera un exercice difficile", réagissait le ministre Jo Brouns (photo) au micro de VRT NWS à l’issue de la réunion.
Le gouvernement flamand rencontre les banques pour assurer un avenir à Van Hool, "mais l'exercice sera difficile"
Avant le début de la réunion, le vice-ministre-président Ben Weyts a souligné l'importance, pour l'exécutif Jambon, d'entendre l'avis des banques. "Dans quelle mesure croient-elles au plan de restructuration et aux perspectives?", s'interroge-t-il. Pour le gouvernement, une chose est claire: il n'engagera de l'argent public que si l'entreprise a un avenir certain en Flandre.
Van Hool va, selon son plan de crise, délocaliser la production de bus de ville vers la Macédoine du Nord. Mais l'entreprise doit aussi trouver du financement supplémentaire pour écarter le spectre de la faillite: 45 millions d'euros d'ici la fin du mois, selon les syndicats. Les banques, principales créancières de la société, n'ont pas fait de commentaire avant de s'asseoir à la table des politiques.
Le ministre de l'Economie Jo Brouns estime que la restructuration touchera bien plus que 1.116 emplois. En tenant compte des sous-traitants et fournisseurs, notamment, on peut parler de 3.000 travailleurs dont l'emploi est menacé. "Cela vaut la peine de se battre", résumait-il. Le gouvernement flamand veut d’abord vérifier si Van Hool peut réaliser les promesses de son plan de restructuration avant de s’engager financièrement.
D’après Jo Brouns, les banques n’ont pas exclu une aide au constructeur flamand de bus et se sont engagées à analyser le dossier d’un œil positif. "Elles ne disent pas non, mais il est clair que ce sera un défi de taille". Le ministre de l’Economie estime en outre qu’un partenaire privé doit être trouvé au plus vite pour soutenir le dossier. "Ce n’est pas le gouvernement flamand qui construira des bus".
Les banques et le bureau d’études externe engagé par le gouvernement flamand vont maintenant étudier le dossier de restructuration. "C’est un très gros dossier. Il leur faudra certainement deux semaines. Mais nous allons nous réunir plus tôt pour établir un bilan clair de la situation", concluait Jo Brouns.
Réactions de l’opposition
L'opposition a entretemps accusé le gouvernement flamand d'être en partie responsable des difficultés de l'entreprise Van Hool. Le député Thijs Verbeurgt (Vooruit) a notamment rappelé le récent marché conclu entre De Lijn, la société flamande de transports en commun, et un constructeur chinois, BYD, pour la fourniture de dizaines de nouveaux bus électriques pour son réseau.
Le Vlaams Belang a fait de même. Le PTB a quant à lui estimé que le gouvernement flamand devait, sans attendre, prendre des participations dans l'entreprise et passer auprès d'elle une importante commande, avec comme critère décisif la construction des bus sur le sol flamand.

