A l'issue des prochaines élections, le président de la N-VA De Wever (photo) liera la formation d'un gouvernement flamand à l'existence d'une majorité flamande au niveau fédéral. Si un gouvernement fédéral devait être formé sans les partis de la majorité flamande en son sein, "alors il ne faudra pas non plus compter sur moi au niveau flamand. Un coup de poignard dans le dos une fois mais pas deux", déclarait-il mardi lors d'un débat de présidents de partis organisé par le magazine Knack et la chaîne Trends-Kanaal Z, à 100 jours des élections du 9 juin prochain.
Bart De Wever lie sa participation à la formation d'un gouvernement flamand à une majorité flamande au fédéral
Le président des nationalistes flamands voulait entendre la position de ses collègues présidents de partis à ce sujet: sont-ils prêts à entrer, le cas échéant, dans un gouvernement fédéral sans majorité du côté des partis flamands? C’est ce qui est arrivé pendant 12 ans au cours des 16 dernières années, a rappelé Bart De Wever. "Le respect de la démocratie flamande devrait être l’alpha". Bart De Wever n'a reçu le soutien sur ce point que du président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken. Les présidents des partis de la majorité fédérale Vivaldi se sont montrés prudents. Le président de l'Open VLD, Tom Ongena, "préfère" qu'il y ait une majorité flamande au fédéral mais le plus important à ses yeux est de savoir quelle politique cette majorité mènera. "Allons-nous encore négocier dans un château pendant 500 jours sur la scission du pays? Alors je dis non. Si le but est de former rapidement un gouvernement et de réformer sur les plans socio-économiques et fiscaux, alors je suis partant." Pour Sammy Mahdi, président des démocrates-chrétiens flamands, ce serait mieux également d'avoir une majorité côté flamand, mais pas pour assainir durement ou tailler dans les soins de santé. Quant à la présidente des socialistes de Vooruit, Melissa Depraetere, elle a pris l'exemple du gouvernement flamand pour illustrer le fait qu'une majorité flamande n’est à ses yeux absolument pas une garantie de bonne gestion. Le co-président de Groen, Jeremie Vaneeckhout, a estimé pour sa part que la question de Bart De Wever était avant tout un paratonnerre, une manière d'éviter le débat sur la politique défaillante menée au niveau flamand.
La porte ouverte au Vlaams Belang ?
En retour, Bart De Wever a été invité par ses homologues à être clair sur une possible coalition avec le Vlaams Belang au niveau flamand. Il a répondu qu'il ne faudrait pas compter sur lui au niveau flamand si le gouvernement fédéral n'avait pas une majorité flamande en son sein. "Je vois ici des partis nains trébucher l’un sur l’autre pour pouvoir à nouveau faire partie d’un gouvernement Vivaldi", lançait le président de la N-VA.
Au début de cette année, De Wever avait déjà déclaré à VRT NWS que la N-VA veillerait à ce qu’il n’y ait "plus jamais un gouvernement fédéral sans majorité du côté des partis flamands". En marge de la réception de Nouvel An des nationalistes flamands, De Wever avait indiqué que la N-VA serait volontiers prête à former un petit gouvernement directement après les élections de juin, une sorte de cabinet en affaires courantes.
"Ce gouvernement devrait pouvoir se concentrer sur le budget, qui est dans un état dramatique, et sur quelques réformes socio-économiques", expliquait De Wever à l’époque. Pendant le débat de ce mardi soir, il a semblé avoir trouvé Open VLD comme partenaire. Mais les libéraux flamands ne veulent pas que les discussions de formation d’un gouvernement fédéral s’enlisent dans un long débat communautaire.


