Vooruit et le PVDA (PTB) souhaitent-ils travailler ensemble après les élections de juin 2024 ? Quelle est la position de la N-VA face au Vlaams Belang ? Ces deux questions ont animé le débat organisé ce mardi matin en ouverture de l'année académique de Sciences politiques de l'Université de Gand (UGent). Quatre présidents de partis y avaient été conviés : Raoul Hedebouw (PTB-PVDA), Bart De Wever (N-VA), Conner Rousseau (Vooruit) et Tom Van Grieken (Vlaams Belang).
Collaborer avec le Vlaams Belang ? "Nous devons tout faire pour ne pas en arriver là", déclare De Wever
Le professeur Carl Devos a justifié ces seules invitations par l'intention de donner davantage de temps de parole aux intervenants et d'ainsi privilégier la discussion de fond. La question des futures coalitions est celle qui a le plus animé les échanges. Un étudiant a ainsi demandé à Raoul Hedebouw avec quel parti il pourrait bien travailler après les élections. Le président des communistes a alors cherché du soutien chez le socialiste Conner Rousseau, qui n'a pas suivi.
"Vous êtes sympathique et drôle, mais vous dites beaucoup de choses qui ne sont pas correctes", a-t-il répondu. "Après tout ce que vous dites sur les réseaux sociaux et ce dont vous nous accusez dans les commissions dans les Parlements, vous ne pouvez pas vous attendre à ce que vous puissiez me gifler une joue et que je vous tende ensuite l'autre. Ne prétendez pas que vous voulez vraiment gouverner. Vous et le Vlaams Belang êtes deux 'partis fouets' ("zweeppartijen")." "Bien sûr, il existe des divergences d'opinion entre le PVDA et Vooruit, mais je ne fais pas de fausse politique ("fake politiek")", a répondu Raoul Hedebouw. "C'est dommage que vous rejetiez ainsi une demande de collaboration."
Bart De Wever, pour sa part, a répété qu'il "ne gouvernera jamais avec le Vlaams Belang tel qu'il existe actuellement. Jamais !" "Nous devons prendre en compte la volonté des électeurs et attendre de voir quel sera le résultat, mais je ne laisserai pas mes principes être guidés par ce résultat." Le président de la N-VA estime que tous les partis doivent tout faire pour éviter de devoir gouverner un jour avec le parti d’extrême-droite.
Le président de la N-VA s'en est pris aux acoquinements de certains membres du Vlaams Belang avec le président syrien Assad et avec "des gens portant des chapeaux de bison". Tom Van Grieken a répondu qu'il ne laisserait pas un autre entraîneur déterminer sa "composition d'équipe". "Ce sont les électeurs qui déterminent nos parlementaires flamands."
Recteur Van de Walle : "Appliquer le décret de financement des universités"
"Quand est-ce que le gouvernement flamand va libérer les fonds qui ont été destinés, par décret, aux universités ?", demandait une étudiante. A quoi Bart De Wever répondait que le budget de l’Enseignement n’a jamais été aussi élevé. "Peut-être devons-nous regarder comment le budget est dépensé ici à l’Université de Gand ?".
Le recteur Rik Van de Walle (photo archives) intervenait alors dans le débat. "Les recteurs des cinq universités flamandes ont rédigé un mémorandum et plaident pour la même chose : appliquer entièrement le décret de financement existant. Nous ne demandons pas davantage d’argent, mais bien que le décret soit entièrement appliqué. Ni plus, ni moins".
Une intervention qui mettait Tom Van Grieken en colère : "Regardez l’enseignement maternel. C’est là qu’il y a de véritables besoins. A l’université, la situation n’est pas si mauvaise que cela".
