Bpost veut tourner la page du passé et devra mener une grande transformation, expliquait ce mardi le nouveau CEO Chris Peeters, devant la commission Mobilité de la Chambre. Une opération qui impliquera le développement de plusieurs services aux clients, mais aussi plus de flexibilité de la part du personnel.
Le CEO de Bpost n'exclut pas une restructuration après la fin de la concession de distribution des journaux
"Cette entreprise a besoin d'engranger des succès et de réussir sa transformation. J'espère que l'on pourra se concentrer sur son avenir plutôt que de s'arrêter sur des éléments liés aux choix du passé", déclarait ce mardi le CEO de Bpost aux députés de la commission Mobilité de la Chambre. Digitalisation, services accrus aux PME, concentration de services administratifs au bureau de poste, amélioration constante de la qualité, notamment dans la délivrance des colis. Telles sont quelques-unes des tâches que l'entreprise de poste veut développer.
Chris Peeters veut également mettre les bureaux de poste à contribution pour améliorer encore la proximité et l’aide aux citoyens. Il voit plus loin que les seuls services de poste, et envisage de collaborer aussi avec les communes, mutuelles et syndicats, notamment. Quelque 650 bureaux pourraient ainsi être utilisés pour "des services simples, de première ligne", comme la remise d’un permis de conduire ou aider un citoyen qui a des problèmes avec sa facture d’énergie.
Pour des services et questions plus complexes, les citoyens devraient alors bien se rendre à leur administration communale ou leur mutuelle. Chris Peeters veut "aider le citoyen avec son administration".
Bpost envisage aussi des changements pour les lettres recommandées. Elles doivent être plus facilement accessibles, notamment pour les personnes qui ne sont pas souvent à la maison ou qui ne peuvent pas facilement se libérer un jour de semaine. Les faire-part de décès sont également un sujet délicat : si leur distribution prend du retard, cela suscite toujours beaucoup de colère de la part des personnes concernées, comprend l’administrateur-délégué.
"Davantage de flexibilité sera nécessaire pour réussir la transformation, mais on le fera de façon sociale. Cela peut aussi être une bonne chose pour le personnel", a insisté Chris Peeters.
Concession de distribution de la presse écrite
L'un des dossiers qui occupe actuellement l'entreprise est celui de la distribution des abonnements de presse. Le gouvernement a décidé de mettre fin après juin 2024 au système de concession, et au subside qui y était lié (soit 170 millions d’euros par an pour Bpost), dans des conditions controversées. Dès l’été prochain, les éditeurs devront conclure eux-mêmes un accord avec Bpost ou ses concurrents Proximy et PPP pour la distribution de leurs publications. "Bpost est en pleine négociation avec les éditeurs. On fera tout pour avoir le maximum de volume et préserver le maximum d'emplois. Ces négociations ne sont pas du tout évidentes. On fait face à une compétition sévère, avec des opérateurs aux contrats sociaux qui sont différents des nôtres", a fait remarquer le CEO.
Pour Bpost, la distribution de la presse écrite représente actuellement quelque 4.000 emplois à temps plein. Chris Peeters, qui a repris il y a quatre mois la fonction de CEO, comprend l’incertitude du personnel. "Mais on ne peut pas donner des réponses claires tant que des accords clairs n’ont pas été conclus avec les éditeurs. Ce n’est que plus tard que nous pourrons nous prononcer sur les emplois concernés". Il espère avoir une réponse d’ici fin mars.


