Le gouvernement fédéral a décidé mardi de mettre un terme au mécanisme de concession pour assurer la distribution de la presse écrite, annonçaient le Premier ministre Alexander De Croo et la Secrétaire d'État au Budget Alexia Bertrand, au cours d'une conférence de presse. Un système de soutien fiscal plus restreint, reposant sur un crédit d'impôts, sera mis en place, ciblé sur les zones peu peuplées et le secteur associatif jusqu'en 2026. Dès l’été 2024, les éditeurs devront conclure eux-mêmes un accord avec Bpost ou ses concurrents Proximy et PPP pour la distribution de leurs publications.
Le gouvernement met fin à la concession de distribution de la presse écrite
Jusqu'à présent, c'était Bpost qui assurait cette distribution de la presse écrite pour un montant de 125 millions d'euros. La concession devait être renouvelée mais l'entreprise publique est arrivée dernière de l'appel d'offres lancé à cet effet, derrière ses concurrents Proximy et PPP.
L'attribution du marché à cette dernière a suscité la controverse politique, certains partis redoutant une perte de la qualité du service et des conditions sociales dégradées. Au terme de très longues négociations, le gouvernement est parvenu ce mardi à un compromis "à la Belge". Ainsi, Bpost conservera cette mission durant le premier semestre de 2024, pour un montant de 75 millions. Ensuite, c'est la concurrence qui jouera pour assurer ce service. Les éditeurs devront donc conclure eux-mêmes des contrats avec l’un des différentes acteurs, pour assurer la distribution de leurs publications.
Le soutien public qui sera maintenu concernera la distribution dans les communes de moins de 225 habitants par km2, soit environ 15% du territoire (dont les trois quarts en Wallonie), et le secteur associatif (comme les syndicats, Greenpeace ou "Kerk en Leven").
Une économie pour les caisses de l’Etat
"C'est une bonne nouvelle pour le budget de l'État", s'est réjouie la Secrétaire d’Etat au Budget Alexia Bertrand. L'opération représente en effet une économie pour les finances publiques, de l’ordre de 35 millions d’euros l'an prochain et 80 millions d’euros en 2025 et 2026.
Open VLD, le parti libéral flamand des deux ministres, réclamait depuis un certain temps la fin de ce mécanisme de concession. Alexander De Croo (photo) a évoqué un phénomène de "sursubsidiation". Le Premier ministre ne pense pas que l'arrêt de la concession provoquera une hausse du prix de l'abonnement à la presse écrite. "Je ne vois pas bien pourquoi. Nous avons prévu de conserver une partie du soutien dans les régions plus compliquées d'un point de vue commercial", a-t-il expliqué. Pour ce qui est des conséquences pour Bpost - qui fait figure de grand perdant dans ce dossier -, le Premier ministre n'a pas voulu se prononcer.

