Alors que la majorité était apparue divisée jeudi à la Chambre, le comité ministériel restreint a décidé ce vendredi que la Belgique participera à la mission européenne en Mer Rouge visant à garantir la liberté de navigation face aux attaques menées depuis novembre par des rebelles Houthis depuis le Yémen. Ces rebelles soutiennent la Palestine et tentent avec leurs attaques d’accroitre la pression sur les pays occidentaux pour qu’ils sévissent face à Israël. La participation belge devrait se faire avec la frégate Louise-Marie (photo), a précisé la ministre de la Défense Ludivine Dedonder. Notre pays - qui assure ce semestre la présidence du Conseil de l’Union européenne - accentuera aussi la pression en faveur d’un cessez-le-feu dans le conflit israélo-palestinien.
La Belgique participe avec un navire militaire à la mission européenne contre les Houthis en Mer Rouge
"Tout cela doit encore être affiné, notamment en termes de règles d'engagement. Mais il est bien clair pour nous qu'il s'agit d'une mission défensive, qui vise à protéger et accompagner nos navires marchands", indiquait la ministre de la Défense Dedonder à l'issue du comité ministériel restreint lors duquel le principe de la participation belge a été validé.
La concrétisation de l'apport belge devra encore être discuté au Parlement. Il sera probablement lié à l'opération AGENOR/EMASOH dont la Belgique assure actuellement le commandement, et qui vise à assurer la liberté de navigation à l'entrée du Golfe persique. "Il s'agit d'étendre le champ de cette opération jusque dans la Mer Rouge", précisait la ministre. Une frégate envoyée vers le détroit d'Ormuz dans ce cadre pourrait en effet faire le détour par la Mer Rouge.
Avancée sur le conflit israélo-palestinien
Les partis de gauche de la coalition Vivaldi liaient le dossier de la participation belge à une mission européenne en Mer Rouge à une série d'avancées indispensables, selon eux, sur la position belge à l'égard du conflit dans la Bande de Gaza. Un compromis a été trouvé vendredi avec l'expression d'un soutien belge à un cessez-le-feu immédiat, à la création de corridors humanitaires et au travail de la Cour internationale de Justice (CIJ).
"Nous devions pouvoir adopter une position claire et ferme sur le conflit dans sa globalité", a pointé vendredi la ministre de la Justice. Cela comprend donc un appel à "un cessez-le-feu immédiat, à l'ouverture de corridors humanitaires et la libération des otages" mais aussi un "soutien à la CIJ pour qu'elle fasse son travail".
"Et si des mesures provisoires sont décidées", comme le demande l'Afrique du Sud, "que la Belgique puisse alors décider de ce qu'elle fera sur cette base-là", notait la ministre.
Rapatriement de collaborateurs de l’agence Enabel
Le comité ministériel restreint a également confirmé sa confiance en la Cour de justice internationale, devant laquelle l’Afrique du Sud a porté plainte pour génocide à l’encontre d’Israël. Notre pays en soutiendra les conclusions et veillera à leur mise en œuvre.
Le gouvernement De Croo décidait en outre de rapatrier de Gaza des collaborateurs de l’Agence belge d’aide au développement Enabel. "Il s’agit de 19 personnes qui s’engagent depuis des années pour notre solidarité internationale et qui ont dû travailler ces derniers 100 jours dans des conditions épouvantables. Nous allons les rapatrier, avec leurs conjoints et les enfants mineurs d’âge", précisait le Premier ministre Alexander De Croo.


